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Des lignes dites de ciment du tissu osseux [Ibid

6 janvier 1906, p. 6).

189. — Nature et origine des fibres de Sharpey (lôicf., 6 janvier,

pp. 7, 8 et 9).

190. — Évolution du tissu osseux, avec figures [Journal de l’Anatomie,

191. — Technique pour l’étude du tissu osseux rougi par l’alimentation garancée (C. R. de la Société de Biologie, 13 janvier 1906, p. 46).

192. — Effets de la garance sur le cobaye [Ibid., 13 janvier 1906

193. — Des colorations intra-vitales et post-vitales du tissu

osseux [Ibid., 20 janvier, p. 106).

194. — Colorations intra-vitales et post-vitales du tissu osseüx,

avec figures [Journal de l’Anatomie, 1906, p. 438).

J’avais montré (n"* 93 à 101) que le tissu cartilagineux des segments squelettiques ne disparaît pas par résorption à l’époque de l’ossification. Les cellules cartilagineuses se multiplient, au contraire, par division et produisent un tissu conjonctif réticulé

et vasculaire, qui élabore le tissu osseux. Ces faits d’histogenèse furent confirmés par Aurelio da Costa Ferreira (1). Pour cet histologiste, comme pour moi, la théorie néoplasique repose sur des procédés techniques défectueux; en réalité, les cellules cartilagineuses prolifèrent et les jeunes générations cellulaires ainsi produites se transforment en tissu conjonctif réticulé, puis en éléments du tissu osseux.

Après avoir réussi (n“ 183) à fixer et à colorer convenablement le tissu, osseux, j’ai entrepris l’étude de sa structure et de son développement. Chez les mammifères et la plupart des vertébrés, le tissu osseux se compose : 1“ de cellules osseuses, qui remplissent complètement les cavités, dites ostéoplastes; 2“ de capsules closes; 3° de lamelles intermédiaires aux capsules {substance osseuse proprement dite), constituées par des prolongements capsulaires pleins qui s’anastomosent entre eux et dont les mailles sont remplies de substance amorphe, calcifiée.

Examinée fraîche, la lamelle osseuse montre les cellules sous la forme de points sombres entourés de cercles clairs. Le tout est compris dans une capsule sinueuse, d’où partent des prolongements également sombres, qui se divisent et s’anastomosent. Ce réseau de la substance osseuse est sombre parce qu’il est granuleux, taudis que le reste de la substance osseuse paraît transparent.

Par la macération, on détruit les cellules osseuses, les prolongements de la capsule et on produit des trous dans la capsule ellemême.

Lorsque l’os est incomplètement fixé (acide chromique, picrique, liquide de Millier), la portion périphérique de la cellule est détruite et il ne reste que le noyau et le protopiasma périnucléaire (cellule plate). D'autre part, les vides ou les canalicules qu’on décrit dans la substance osseuse, n’existent pas dans l’os frais ou bien fixé. La substance osseuse est pleine et constituée par un système trabéculaire dont les mailles sont comblées par une substance amorphe, calcifiée. La meilleure comparaison est celle du « béton armé ».

En ce qui concerne le développement du tissu osseux, il se fait

(1) ,4 technioa histologica e as theorias da osteogenese. Coimbra, 1903.

aux dépens du tissu conjonctif du périoste et des espaces médullaires. Certaines cellules de ce tissu s’enrichissent en cytoplasma granuleux et très colorable et se transforment en éléments volumineux de forme anguleuse, polyédrique ou prismatique. Séparées par de minces intervalles de protoplasma réticulé, ces cellules [ostéoblastes] offrent une apparence et une disposition épithéliales. La zone corticale des ostéoblastes devient ensuite plus homogène, moins colorable et constitue une couche épaisse de substance incolore ou préosseuse. Cette couche préosseuse continue à être parcourue par les- fibrilles du réticulum granuleux ou chromophile; elle n’est pas un produit d’excrétion, mais résulte de la transformation d’une partie du cytoplasma cortical. Une capsule se forme ensuite à la limite de la portion centrale de la cellule, tandis que le réticulum chromophile extra-capsulaire se transforme en système trabéculaire qui persiste à l’état de réseau dans les lamelles osseuses.

Chez certains poissons osseux, tels que le merlan, la capsule osseuse ne se développe point, de sorte que le tissu osseux s’y caractérise par la continuité des prolongements granuleux ou chromophiles de la cellule avec les trabécules des lamelles osseuses elles-mêmes.

Chez les embryons, le tissu osseux apparaît sous la forme d’éléments organiques (cellules et substance osseuse) analogues à la zone préosseuse qu’on observe à la surface des travées osseuses chez les animaux en voie de croissance. Ce tissu est privé, à l’origine, de sels calcaires et ne se compose que des éléments organiques du tissu osseux.

Même dans l’os adulte, on observe, entre les territoires osseux, des zones sombres les séparant les uns des autres. Ces zones, décrites sous le nom de lamelles limitantes ou lignes de ciment, sont constituées par des cellules et des prolongements de protoplasma granuleux ou chromophile dans lesquels s’élaborent ultérieurement des fibres élastiques.

Les fibres élastiques se développent encore dans l’os adulte : 1“ aux dépens du système chromophile ou trabéculaire; 2“ dans l’intérieur des prolongements que le périoste envoie entre les lames osseuses; 3“ dans les capsules osseuses

Lorsque le tissu osseux se résorbe, ses éléments se transforment en tissu conjonctif.

Les uns et les autres de ces éléments conjonctifs et élastiques du tissu osseux ont été décrits sous le nom de fibres de Sharpey.

Pour vérifier les résultats précédents, j’ai expérimenté sur les cobayes en les soumettant au régime de la garance ou du bleu de méthylène, ou en leur pratiquant des injections sous-cutanées de bleu de méthylène, de rouge Congo, de carmin d’indigo ou de rouge neutre. Ces diverses substances, qui sont peu ou point toxiques, permettent une survie plus ou moins longue et colorent le tissu osseux vivant (n“s 191 à 194.)

J’ai réussi, grâce à une dessication rapide, à monter en préparations persistantes le tissu osseux coloré pendant la vie.

Les substances colorantes susmentionnées peuvent se diviser en deux groupes au point de vue de leur action sur l’os. Le premier groupe (garance, rouge Congo, rouge neutre), introduit dans l’organisme, soit par l’alimentation, soit en injection sous-cutanée, passe dans le sang qui prend une teinte rouge foncé et qui communique la même teinte aux organes vasculaires, du moins aux parties qui avoisinent les vaisseaux sanguins. Les tissus non vasculaires restent incolores. L’os se comporte comme les autres tissus : la substance osseuse qui est au contact immédiat des vaisseaux prend une teinte rouge vif, qui se continue par une zone rose, pour passer plus loin au rouge orangé, puis à l’orangé, et, enfin, au jaune.

Les éléments du tissu osseux qui se colorent en rouge sont : 1° la masse amorphe de l’os; 2“ le cytoplasma homogène de la cellule; 3" l’hyaloplasma du noyau. Les éléments figurés de l’os (réticulum nucléaire et cytoplasmique, système trabéculaire des lamelles osseuses) sont peu ou point teints par la garance, le rouge neutre ou le rouge Congo.

Les colorants intravitaux du second groupe (bleu de méthylène, carmin d’indigo) ont, au contraire, plus d’affinité pour les éléments figurés de l’os que pour les substances amorphes; ils se portent avec plus d’élection sur le réticulum du noyau et du corps cellulaire,, sur la capsule et les prolongements capsulaires.

En faisant agir les mêmes colorants sur le tissu osseux en voie

de mortification ou fixé, on obtient des résultats tant soit peu différents.

On sait, d’autre part, qu’après avoir obtenu la coloration du tissu osseux sur le vivant, il suffit de cesser le régime colorant pour voir, au bout de plusieurs jours, disparaître la teinte rouge ou bleue des os. C’est donc par diffusion que les principes colorants se répandent à travers la substance osseuse et lui donnent une couleur particulière. Cependant les éléments du tissu osseux possèdent une affinité différente pour l’un ou l’autre colorant, car le carmin d’indigo ou le bleu de méthylène se portent de préférence sur les éléments figurés, tandis que la garance et les rouges Congo ou neutre colorent davantage les substances amorphes de l’os.

On a admis pendant longtemps que les principes colorants se combinent exclusivement avec les sels calcaires du tissu osseux. Cela n’est point, car l’os embryonnaire, non calcifié encore, se colore comme l’os de l’adulte.

On a cru également que l’os en voie de développement fixe seul les colorants intra-vitaux, la garance par exemple.

L’examen microscopique montre que chez l’adulte, le régime garancé colore constamment une mince zone osseuse autour de chaque canal vasculaire. A l'œil nu, l’os compacte paraît blanc à cause de l’épaisseur considérable des lamelles osseuses situées entre les canaux vasculaires. Il n’en est plus de même de l’os spongieux qui se teint, chez l’adulte, d’une façon aussi intense que chez le jeune animal. L’ensemble du squelette des jeunes animaux rougit sous l’influence de l’alimentation garancée, parce qu’il est en, majeure partie constitué par de l’os spongieux.

Au point de la constitution de l’os, ces expériences de colorations intra-vitales confirment toutes mes conclusions relatives à la structure du tissu osseux : il y préexiste, avant toute fixation, des éléments amorphes et figurés qui affectent, dans l’os vivant, la même forme et la même disposition que dans l’os bien fixé et coloré convenablement. Les canalicules osseux ou les canaux du suc sont des artefacts ou des produits imaginaires.

D. — Histogenèse et steucture du tissu conjonotivo-élastiqué

195. Du développement et de la structure des organes élastiques (C. R. de la Société de Biologie, 19 janvier 1907, p. 56).

Dès 1898, j’avais montré (n"= 89 à 92) que les fibrilles élastiques et conjonctives sont élaborées par le protoplasma cellulaire, les premières aux dépens d’un réticulum dit chromophile, les secondes par un protoplasma transparent ou Injahplasma. J’ai apporté (n““ 176 et 203) de nouvelles preuves en faveur de cette histogenèse, qui a été confirmée de divers côtés. Pour le professeur Renaut, par exemple [Soc. de Biol., 19 décembre 190.3, p. 1620), la substance qui occupe les intervalles interfasciculaires du tissu conjonctif est une substance visqueuse et ductile qui n’est pas de la lymphe. « Je ferai remarquer, dit M. Renaut en terminant, que lorsque Retterer soutenait qu’une substance hyaline délicate — pour lui dérivée de ce qu’il appelle « l’hyaloplasma » — relie entre eux tous les éléments constitutifs du tissu cellulaire, il exprimait un fait vrai et avait raison. »

Selon Nakai {Virchow"s Archiv., t. 182, 1903, p. 153), les fibres élastiques se développent dans le corps cellulaire même.

Spalteholz {Verhandlungen der analom. Gesellschaft 1906, p. 209) affirme de son côté que les fibrilles conjonctives et élastiques ont les unes et les-autres une origine intracellulaire.

De nouvelles recherches que j’ai faites récemment (n° 195) ont confirmé mes résultats antérieurs et m’ont montré de plus que le noyau participe à la transformation élastique.

Dans le ligament cervical du chien et dans l’aorte du chien, du chat, du cobaye et du cheval, les fibres élastiques apparaissent dans la portion périphérique du corps cellulaire sous la forme d’un réticulum élastique. Pendant quelque temps, la portion périnucléaire reste claire et offre, avec le noyau, l’image d’une cellule vésicule.use analogue aux éléments ci-dessus mentionnés dans les ménisques interarticulaires du genou du lapin. Plus tard, le protoplasma de la portion vésiculeuse élabore également des fibrilles élastiques, de sorte qu’elle se réduit de plus en plus. Quant au noyau, il est d’abord chromatique comme celui des cellules conjonc-

tives; à mesure que le corps cellulaire élabore des fibres élastiques, le noyau lui-même change de caractère et les réactifs de l’élastine remplacent et effacent les colorations chromatiques. En un mot, la substance du noyau subit, du moins partiellement, la transformation élastique.

II. — MEMBRANES TÉGUMENTAIRES ET FOLLICULES CLOS. HISTOGENÈSE ET DÉVELOPPEMENT

196. — Recherches expérimentales sur l’hyperplasie épithéliale et sur la transformation de l’épithélium en tissu conjonctif

(C. E. de l'Académie des Sciences, t. 136, p. SU, 1903).

197. — Sur les transformations et les végétations épithéliales que provoquent les lésions mécaniques des tissus sous-cutanés

(Ibid., 697, 1903).

198. — Production, par voie expérimentale, de follicules clos d’origine épithéliale (C. E. de la Société de Biologie, 21 novembre 1903, p. 14i6).

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