DÉRIVÉS DE L’ARSENIC
En 1907, j’ai identifié l'atoxyl, qui venait d’être lancé en Allemagne (et dont la formule, volontairement ou non, avait été conservée secrète) avec un vieux produit découvert par Béchamp, en 1863, et considéré à tort par ce savant, comme l’arsenianilide. Le premier but de mes recherches était de montrer qu’il ne s’agissait pas d’un corps nouveau et mystérieux, mais d’une substance connue depuis longtemps, et je ne m’étais pas d’abord occupé de la constitution intime de l’atoxyl. A peu près à la même époque, Ehrlich montra que l’atoxyl était le sel de soude de l’acide anilarsinique, et ce fut le début de ses célèbres recherches aboutissant au 606.
J'ai publié dans le Bulletin des Sciences Pharmacologiques et dans la Biologie médicale deux articles sur les emplois médicaux de l’atoxyl, dans lesquels, après avoir exposé les premiers travaux d’Ehrlich, de Laveran* de Nicolle, Mesnil, etc., sur les arsenicaux, je laissais prévoir la grande place que prendrait un jour la chimiothérapie.
Avec M. Oechslin, nous avons étudié les dérivés de l’acide benzarsinique. fS'ous avons préparé l’éther benzarsinique de la
quinine^ qui possL'de à la fois une fonction acide libre et une fonction basique, ët (Jùi est par conséquent soluble, dans les acides et dans les bases. Ce ëorps possède la cüriëuse propriété d'être insipide, mênie en solution. (Lës autres dérivés insipides de la quinine : euquinine, tahnate de quininé, ne sont insipides que parce qu’ils sont insolubles.) La benzarsénoquinine est malheureusenlent trop toxique pour pouvoir êtfe employé ütilement dans le traitenieht de la malaria.
ÎM. Oechsiin à préparé dans mon laboratoire des dérivés très intéressants de l’arséiiic obtenus en faisant agir le trichlorufe d’arseiiic siir des bases aromatiques alcoyléës et slir lës éthers de l’acide phéiiylthéthylglycinique.