‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 15 sur 23 · DÉRIVÉS DU MERCURE · texte numérisé non relu

DÉRIVÉS DU MERCURE

Dans la série des dérivés organiques de l’arsenic, on a pu préparer un grand nombre de substancës dont l’action thérapeutique augmente en raison inverse de la toxicité ou, du moins, dans laquelle la toxicité n’a aucun rapport avec le pourcentage en arsenic. Dans là série de mercure, oh n’a pas, jusqü’ici, rélissi à troiiver des corps qui fussent à la fois très actifs et très peü toxiques. Où bien le mercure est ttès solide-, ment lixé à la moléchlë orgàiiiquë, coihme dans le diphénylmercure,fet alors il n’agit plus, ou bien il agit dans la proportion où il est libéré.

Quand üb fait deS expériences de cbirnibthéràpie sUr des lapins syphilitiqües avec des sels ou complexes mëtcüfiels, on arrive parfois à guérir le chancre saris ititdxiqüër l’àniriial, riaâis c’est très rare : l’écart entre la dosé ciirativë et la dosé toxique étant toiljûurs très faiblë. Ce qui reiid aussi les essâis difficiles, c’est la leritëdr avec laquelle évolue l’iritoxicàtioil mercurielle ; les animaux dépérissent ët vivent qrièlqüefbis plusieÜts sehiaines avant de mourir dans riri état de cachexie irhpressibbhant.

11 s’agit donc, comme dahs la série de l’arsenic, de trouver des combinaisons à la fois indolores en injectioiis, peü toxiques et ttès actives.

j’ai fait des essais dans deüx séries : celle dës dithiobàf-

bonates d’acides aminés et celle des aminopliénols mercure.

Dithiocàrboiiates. — Ce sont des complexes sulfurés mercüriëls,' dans lesquels le mercure est partiellement dissimulé et, qui peuvent être dissous dans l’eau en donnant des solutions neutres, grâce à la fonction acide qu’ils renferment. Le pltis simple est un dérivé de la sarcosine, ou métdiylglycocolle, il a pour formule :

rCH“ —N —CSS -r

I Hg.

L GIP —CO-NaJ

Pour le préparer, on traite l’éther méthylique de la sarcosine par le sulfure de carbone, et oh combine le thiocarbonate alcalin obtenu avec de l’oxyde de mercüre.

En solution aqueuse, ces complexes, tout d’abord incolores, se transforment peu à peu en donnant des solutions noires. Ils sont parfaitement tolérés et ils sont très actifs. MM. Launoy et Levaditi les ont expérimentés sur les lapins syphilitiques qu’ils ont pu guérir sans les tuer. Des recherches sont poursuivies dans cette voie, surtout en vue d’obtenir des composés plus stables en solution aqueuse.

Dans la série des amino-phénoh mercure^ j’ai essayé de me rapprocher, autant que possible, du type de l’arsénobehzol. Les dérivés simples du diphényl-mercure sont tellement stables qu’ils peuvent être introduits daüs l’organisme à des doses considérables; ils sont éliminés sans subir^ de décomposition. Si, comme je l’ai fait (eh collaboration avec M. Yila), on introduit dans ia molécule des fonctions qui diminuent sa stabilité, par exemple des fonctions aminés et phénoliques, le mercure reprend tout ou partie de sa toxicité, suivant qu’il est plus ou moins libéré par la décomposition de la molécule.

On peut donc prévoir des corps mercuriels dont l’activité est sous la dépendance de la stabilité du noyau auquel le mercure est fixé et instituer ainsi des recherches systématiques sur la chimiottiérapie hydrargyrique.

Avec M. Vila hoiis avons préparé le diaminodioxydiphénylmercure qdi possède dhe cohstitütidd très voisine du 606, en cela près que le mercure y remplace l’arsenic. Ce 'Corps très iiistàble est àüssi très loxidùé ; eh l’acétylant on peüt lui donner

un certain degré de stabilité, et déjà sa toxicité diminue considérablement. C’est là un fait qui rapproche les complexes mercuriels des complexes arsenicaux, et qui permet de penser qu’on pourra obtenir avec le mercure des effets aussi rapides qu’avec l’arsenic. Ces recherches, poursuivies par M. Robert Meyer dans mon làhoratoire, ont dû être interrompues pendant ces dernièfes années comme toutes les recherches de même ordre.

Page 1