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I. — POISONS DU SYSTÈME NERVEUX

A. — Études sur l’antipyrine. — Étude des combinaisons de l’antipyrine avec le chloral.

1* Action essentielle de l’antipyrine sur le système nerveux (in Note de M. G. Sée, Comptes rendus Acad, des Sc., 18 avril 1887).

2“ Sur l’action physiologique de l’antipyrine — en collaboration avecM. S. Caravias (Comptes rendus Soc. de Biol., 2 juillet 1887).

3° Action physiologique de l’antipyrine (élude complète in Recherches expérimentales et cliniques sur Vantipyrine, par S. Caravias, Thèse de doctorat, Paris, 1887; p. 11-38).

4" Action de l’antipyrine dans le diabète (in Recherches sur le diabète expérimental — en collaboration avec M. G. Sée (Comptes rendus Acad, des Se., U janvier 1889],

S” De la toxicité de l'antipyrine suivant les voies d’introduction — en collaboration avec M. L. Capitan ( Comptes rendus Soc. de Biol., 26 novembre 1887).

6* Sur la toxicité du mono et du bichloral-antipyrine (Comptes rendus Soc. de Biol., 21 juin 1890).

7“ Action du mono et du bichloral-antipyrine (in Recherches expérimentales et cliniques sur le monochlorod et le bichloral-antipyrine, par C. Soutakis, Thèse de doctorat, Paris, 1890; p. 16-32).

L’antipyrine était connue pour la remarquable propriété dont elle est douée d’abaisser la température et n’était guère utilisée en thérapeutique que pour cette propriété, lorsque j’en ai commencé l’étude, en 1886-1887. J’ai montré que l’action essentielle de ce horps tient à son influence sur le système nerveux et je me suis attaché à déterminer la nature de cette influence : le fait fondamental, annoncé par M. G. Sée dans une note présentée à l’Académie des

Sciences le 18 avril 1887, consiste dans la diminution du pouvoir excito-moteur de la moelle que détermine cette substance ; ce fait a été rigoureusement démontré au moyen de l’étude détaillée de la contraction musculaire névro-réflexe et du tétanos névro-réflexe, sur la grenouille. Comme, chez les animaux excérébrés, cette action est moins marquée, il suit de là que l’antipyrine agit non seulement sur la moelle, mais aussi, quoiqu’à un moindre degré, sur les centres nerveux supérieurs.

On sait que de cette notion ont immédiatement découlé toutes les applications thérapeutiques durables de l’antipyrine, et l’on peut sans doute avancer que c’est justement parce qu’il avait été fait de cette substance une étude physiologique précise et que son action thérapeutique réelle avait été déduite rigoureusement (G. Sée) des effets physiologiques observés, qu’elle est devenue et reste un précieux médicament.

J’ai de même soumis à une étude analytique détaillée le phénomène inverse que produisent les fortes doses, c’est-à-dire l’hyperexcitabilité nerveuse, caractérisée par les convulsions cloniques et toniques. De ce fait est résulté un nouvel exemple de cette donnée, à savoir qu’une substance qui, à faible dose, diminue l’excito-motricité, peut à forte dose l’exagérer; et ainsi cette notion tend de plus en plus à devenir une loi de physiologie générale.

L’action de l’antipyrine sur les grandes fonctions a, d’autre part, été rigoureusement déterminée : action sur la respiration (influence sur le bulbe, analogue à l’influence qu’exerce la substance dont il s’agit sur la moelle) et action sur le cœur et sur les vaisseaux. — En ce qui concerne l’action sur la nutrition générale, je signalerai le fait intéressant de la diminution du sucre, chez les chiens rendus diabétiques par l’ingestion de phloridzine. De là sont sorties les premières applications de l’antipyrine au traitement du diabète de l’homme (G. Sée) ; on sait aujourd’hui que dans un certain nombre de cas cette substance peut rendre des services appréciables. L’idée même de l’emploi de l’antipyrine dans certaines formes de diabète provenait encore de la connaissance, solidement établie, des effets de ce corps sur le système nerveux.

Pour expliquer la différence d’activité de ce corps, suivant qu’on l’injecte sous la peau ou qu’on l’administre par la voie stomacale, j’ai recherché avec M. Capitan si le foie ne se comporterait pas vis-à-vis de l’antipyrine comme à l’égard de plusieurs autres substances, en arrêtant ou détruisant une partie; l’expérience a vérifié cette supposition.

L’antipyrine forme avec le chloral deux combinaisons cristallisées; ces corps ont été mis à ma disposition par les chimistes qui les ont réalisés,

MM. Béhal et Choay. J’ai d’abord déterminé leur action générale, qui est celle du chloral ; au cours de cette étude j’ai'remarqué ce fait, curieux au point de vue de la toxicologie générale, à savoir que le bichloral-antipyrine, c’est-à-dire la combinaison la plus riche en chloral et qui, par conséquent, devrait être la plus toxique, est moins toxique en réalité. L’explication de cétte particularité doit être cherchée dans ce fait, que l’antipyrine renforce l’action nocive du chloral, d’où il suit que celle des deux combinaisons qui renferme le plus d’anpyrine est la plus active.

L’action de ces deux corps sur la respiration et sur la circulation a été ensuite étudiée d’une façon détaillée; et on a eu soin de la comparer à celle de l’antipyrine et à celle du chloral.

B. — Études sur l’hyoseine.

En collaboration avec M. P. Rohdead.

1“ Note sur l’action physiologique du chlorhydrate d’hyoscine [Soc. de Biol., 29 janvier 1887).

2° Nouvelle note sur l’action physiologique et thérapeutique du chlorhydrate d’hyoscine (Soc. de Biol., 19 mars 1887).

3“ A propos de l’action physiologique du bromhydrate d’hyoscine (Soc. de Biol., 30 avril 1887).

4° A propos de l’action somnifère de l’hyoscine (Gaz. mêd. de Paris, 28 juillet 1888).

Voici les principaux points qui ressortent de ces recherches :

1" Détermination expérimentale de l’action mydriatique de l’hyoscine, alcaloïde isomère de l’hyoscyamine et de l’atropine (cette action avait été constatée sur l’homme en Amérique et en Angleterre) ;

2” Découverte de la propriété somnifère de cette substance (plusieurs . aliénistes, s’appuyant sur nos recherches, l’ont, depuis, employée avec succès dans beaucoup de cas : je citerai le professeur G. Lemoine (de Lille), le D' Magnan, le D’ Ramadier, etc.); à doses plus fortes, l’hyoscine détermine au contraire de l’agitation musculaire (nouvel exemple d’inversion des effets physiologiques des substances toxiques, suivant les doses) ;

3“ Détermination de l’action paralysante sur le pneumogastrique et sur la corde du tympan (constatée simultanément par Robert, dis Dorpat, dans un travail paru in Archiv f. exper. Pathol, und Pharmàk.. 1887).

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