III. — Hémianopsie et centres corticaux. — Écho méd
11. — Un homme de 42 ans, chel de train à la C‘® du Nord, étant de service dans le wagon d’un train de marchandises en marche, fut précipité sur la voie par suite d’une brusque secousse. Relevé quelques heures après sans connaissance, il fut transporté à l’hôpital de Cambrai où le chirurgien, en présence des accidents graves, lit une large incision cruciale dans la région occipito-pariétale, débarrassant la plaie des caillots et des esquilles : la dure-mère ne paraissait pas déchirée. Cinq semaines après l’accident, nous constations une bonne acuité visuelle centrale, mais il existait hémianopsie horizontale : les deux moitiés intérieures des champs visuels manquant d’une façon symétrique. Cet état persiste depuis. I.a dépression crânienne, résultant de l’ancien enloncement de la voûte, répondrait à peu près symétriquement aux deux premières circonvolutions pariétales.
On tend â admettre, grâce aux travaux de Monakow, de Déjerine, et de son élève Vialet, que le centre cçrtical de la vision est surtout localisé à la face interne du lobe occipital. Il occuperait ta zone corticale limitée en avant par la scissure perpendiculaire interne, en haut, par te bord supérieur de l’hémisphère, en bas, par le bord inférieur de la troisième circonvolution occipitale, en arrière, par le pôle occipital. Pour que ce centre ait été atteint chez notre malade, il
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faut penser qu’un épanchement sanguin sous-dure-méiien, a fusé, de chaque côté de la faux du cerveau, dans la scissure inlerhémisphérique jusqu’au lobe occipital. Mais ici, nos connaissances anatomiques actuelles sont en défaut pour expliquer qu’il se soit produit, non de l’amblyopie totale, ou de l’hémianopsie verticale homonyme, mais une hémianopsie horizontale inférieure. Pour comprendre un tel défaut des champs visuels, nous sommes obligés de revenir à l’hypothèse de Munck, à l’hémianopsie en secteurs, par suite de la projection étroite de la rétine sur la sphère visuelle, admise par Wilbrand, Hun, Doyne, Ces idées ont été défendues encore très récemment par Hcnschen.
Chez notre malade, la lésion siégerait donc dans la partie la plus élevée et la plus postérieure du lobe occipital, Un fait, ayant beaucoup d’analogies avec le nôtre, vient d’être présenté par M. A. Critchett à la Société ophtalmologique du Royaume-Uni.
H” Infections oculaires.
I. Sur un cas d’infeotion de plaies chirurgicales de l’œil par le bacille de Lœffler. Écho médical du Nord, 1897.
II. Méningite à pneumocoques après l'énucléation et les opérations orbitaires. Soc. d'ophtalm., 1897, et Écho méd, du Nord. 1897.
III. Contribution à l’étude du rôle du Pneumocoque en chirurgie oculaire. In Painblan. Thèse, l.ille, 1897.
ly. De l’ophtalmie métastatique. Echo méd. du iVord, 1898.
H. Le rôle, du pneumocoque dans certaines affections oculaires commence à être connu. On l’a trouvé dans la
aussi bien que l’experimeiitation, ont démontré que l’infection s’était propagée par les voies lymphatiques de la gaine du nerf optique.
Le pneumocoque est donc, pour nous, un ennemi redoutable, contre lequel ne nous arment pas suffisamment les agents antiseptiques dont nous disposons. Le sublimé, en particulier, qui n’attaque pas la capsule du diplocoque de Talamon-Fraenkel, ne peut avoir aucune action. D'une façon générale, 11 faut s’adresser aux alcalins qui dissolvent l’enveloppe et empêchent le pneumocoque de cultiver, On pourrait avoir recours à une solution, à un soixantième, d’hypochlorite de chaux purifié dans de l’eau stérilisée. Cette solution est bien supportée par la conjonctive.
III. — Le pneumocoque, pour arriver à l’œil, emprunte diverses voies, soit qu’il y soit amené par endoinfection en suivant la voie sanguine ou lymphatique, soit que, provenant d’une cavité voisine, il crée une exoïnfection. 11 peut causer diverses lésions oculaires qui semblent comporter un pronostic bénin quand la conjonctive seule est atteinte; plus inquiétant si la cornée est touchée; mauvais enfin si les membranes profondes sont prises, et assombri, dans ce cas, par la perspective d’une propagation aux méninges qui, si elle se fait, ne tardera pas à amener une issue fatale.
Si le pneumocoque s’est rencontré le plus souvent dans des atlections assez semblables à elles-mêmes des diverses membranes, il ne s’en suit pas forcément qu’il donne à raflection qu’il cause un caractère clinique particulier.
Le pneumocoque est connu, sa présence est facilement signalée dans les affections qu’il engendre, mais les moyens que nous avons de lutter contre lui ne paraissent pas ii l’beure actuelle absolument suffisants. Dans les cas bénins, il cède facilement aux antiseptiques ordinaires : nitrate d’argent par exemple. Mais les expériences in vitro ont démontré que l’effet du sublimé doit être sur lui à peu près nul, puisqu’il n’attaque même pas la capsule d’enveloppe. Le sublimé, soit en injection sous-conjonctivale, soit en irrigation, ne doit avoir aucun effet quand l’affection oculaire dépend du pneumocoque. Du reste, nous savons aujourd’hui qu’un antiseptique unique ne peut agir sur toutes les infections. Pour le pneumocoque, il semble que le trichloride d’iode de Pflûger ait une action etficace, de même que les hypochlorites de chaux ou de soude qui dissolvent la capsule et attaquent directement le microbe. Une solution d’bypochlorite de chaux au f/60 sera facilement supportée par la conjonctive.
A son action germicide ce produit joint la propriété précieuse de détruire les toxines microbiennes, qui, par leur action de chimiotaxie négative sur les phagocytes, paralysent dans une large mesure les moyens de défense que l’économie possède contre ce microorganisme si redoutable et pourtant si fréquemment rencontré.
De l’Antisepsie en chirurgie oculaire. In Cuisset, Tldse
Ulk, i.S90.
Nous avons repris, en les modiflant, les expériences de Gayet. Pour chaque opéré nous avons ensemencé trois tubes, l’un avant les lavages antiseptiques du cul-de sac conjonctival, le second après ces lavages, le troisième à l’enlèvement du premier pansement. Le résultat a été, comme dans les expériences'de Gayet, que les lavages antiseptiques, évidemment utiles, n’écartent pas complètement tout danger et que 28,6 °/„ seulement des tubes restent stériles après les précautions antiseptiques. — En revanche nous pensons avoir montré les premiers que l’application d’un pansement antiseptique occlusif très sérieux a une tout autre importance. — Après l’enlèvèment du pansement la moyenne de nos tubes stériles était de 85,6 "/o- H semble que la vitalité des germes, déjà amoindrie par les lavages, soit presque complètement détruite sous l’action d’un milieu antiseptique longtemps
Un nouveau périmètre pratique. Lille, Le Bigot, 1896.
Ce périmètre se compose d’un arc dépassant un peu 90», ayant 30 centimètres de rayon et pouvant, par sa rotation, engendrer une demi-sphère. L’arc périmétrique est en cuivre et sur sa face postérieure sont marquées les divisions en degrés ; la face tournée vers le sujet est en caoutchouc durci, sa largeur est de 6 centimètres.
Le long de cet arc peut se déplacer le curseur. — Celui-ci est composé d’une plaque de métal noirci, au centre de
laquelle s’ouvre une fenêtre carrée. Un bouton, caché pour le malade, permet de faire varier un volet depuis la fermeture complète de la fenêtre jusqu’à un carré d’un centimètre de côté : un petit vernier indique, en millimètres, la longueur du côté et par conséquent la surface du carré. — Le curseur contient, dans son intérieur, un disque portant six cercles colorés en blanc, gris, rouge, vert, jaune, bleu. Ces couleurs m’ont paru suffisantes pour les besoins de la clinique, mai» on pourrait en augmenter facilement le nombre. Les cercles peuvent être amenés successivement en face de la fenêtre carrée : une petite ouverture, pratiquée sur la face opposée, permet à l’observateur de savoir toujours quelle est la couleur présentée au sujet. — Le disque est disposé comme celui des ophtalmoscopes à réfraction ; de petits arrêts indiquent à quel moment le cercle coloré répond, centre pour centre, avec la fenêtre. — Enfin le déplacement facile du curseur le long de l’arc est assuré par quatre petites roues placées aux angles.
Le mécanisme qui permet ce déplacement est très simple. Une corde sans fin, attachée au curseur, passe dans une poulie, située à l’extrémité de l’arc, et se réfléchit d’autre part sur deux petites poulies au niveau du sommet de l’arc. Devenue verticale, la corde s’enroule sur une large roue de bois noir, fixée sur le pied du périmètre, et elle revient enfin
l’axe horizontal. Le volet est ouvert, petit à petit, et on demande au malade s’il distingue le blanc qui lui est présenté ; on note les dimensions qu’il faut donner à l’ouverture ; on referme le volet et on répète la même expérience pour les différentes couleurs. On peut ainsi, en tenant compte, bien entendu, de la tache aveugle de Mariette, reconnaître l’existence d’un scotome, ayant moins d'un quart de degré périmétrique. — Pour mesurer l’étendue du scotome, il faut partir de la périphérie, la fenêtre grande ouverte, fl est bon, lorsque la couleur a été reconnue, de diminuer la surface et de n’avoir plus qu’un carré de 3 à 4 millimètres de côté: on pourra apprécier, d’une façon plus exacte, les limites du