IV. — Les paralysies, que l’on observe dai
lion directe du muscle, sans qu’il soit besoin désinsertion du tendon ou la rupture compté Mais à côté de ces traumatismes directs, il e qui intéressent seulement la partie inférieure d l’orbite et s’accompagnent de paralysies localisées a un deux muscles. Pour ceux-ci on peut admettre qu’il y a u fêlure du plancher orbitaire et épanchement dans la ga’ musculaire, avec altération passagère ou définitive de branche nerveuse.
Dans une de nos observations le traumatisme avait été sui une huitaine de jours après, de l’expulsion par le nez e bouche de caillots de sang noir et corrompu provenant s aucun doute du sinus maxillaire.
V. Les rapports entre l’oreille elles centres ooulo-motei ont lait, depuis quelques années, l’objet de travaux
intéressants au point de vue anatomique expérimental et pathologique, mais qui laissent encore bien des obscurités pour l'interprétation de certains faits cliniques.
Il semble démontré anatomiquement, par les recherches de Betcherew et de Kôlliker, que les noyaux bulbaires des nerfs vestibulaires, et en particulier le noyau de Deiters, envoient des fibres de communication au noyau de la 6' paire et par son intermédiaire communiquent avec la colonne des autres noyaux des moteurs oculaires. D’autre part, Cyon a montré expérimentalement lestroubles ocuio-moteursassoclés aux lésions labyrinthiques. Mais c’est surtout la clinique qui, comme dans toutes les recherches sur les localisations, est venue apporter les renseignements les plus importants.
Deux phénomènes peuvent accompagner les lésions de l’oreille interne : d’une part le nystagmus avec vertige, d’autre part les paralysies oculaires. Pour M. P. Bonnier tous les noyaux oculo-moteurs peuvent se trouver pris par l’irradiation réflexe issue de l’appareil ampullaire. fl ne fait d’exception que pour les noyaux de la 4* paire (|u’il n’a jamais vu intéressés.
C’est précisément un cas de paralysie du grand oblique au cours d’une otite aiguè qui est rapporté ici.
Pour que la paralysie du grand oblique se produise du même côté, il faut admettre une connexion entre l’un des noyaux du nerf vestibulaire et le noyau de la quatrième paire du côté opposé, ce qui ne paraît pas impossible. Nous savons que les communications sont nombreuses entre les noyaux bulbaires, et M. Thomas a décrit des fibres allant du noyau de Deiters à la troisième paire du côté opposé.
L’élude anatomique des différents centres bulbaires n’est malheureusement pas assez avancée pour que nous puissions faire autre chose que des hypothéses.ce fait m’a paru cependant assez intéressant pour être signalé. Au point de vue pratique, cette paralysie du pathétique, qui produit une diplopie si gênante dans la moitié inférieure, pourrait expliquer, si ce
strabismes réflexes, provoqués par des névralgies dentaires ou par l’helminthiase, doivent être très souvent d’origine hystérique (Terrier). La réfraction hypermétropique doit, .à mon avis, être considérée comme une cause prédisposante ; je Tai notée chez piusieurs malades.
Le début est généralement brusque : le strabisme se produit surtout vers l’âge de dix à quatorze ans, époque à laquelle le strabisme concomitant est depuis longtemps constitué. L’œil est le plus souvent dévié en dedans, exceptionnellement il est tourné en dehors ou en haut. Il n’est pas fixe, mais il est au contraire agité de mouvements désordonnés qui augmentent beaucoup lorsqu’on engage le malade à fixer un objet. Il y a de la diplopie très difficile à mesurer à cause des mouvements
tréquents de l’œil, et cependant si on cherche, au moyen des prismes ou du champ du regard, la force des muscles opposés à la déviation, on voit que cette force est parfaitement normale. Ce strabisme s’accompagne de légers clignotements, de contractions fihrillaires de l’orbiculaire, et même de blépharospasme hystérique, avec ou sans hyperesthésie rétinienne ou kopiopie de Fôrster. On note aussi dans certains cas une douleur assez vive, ou une pesanteur particulière, au niveau de la région frontale ; enfin les signes ordinaires de l’amblyopie hystérique, caractérisée par le rétrécissement du champ visuel, surtout pour les couleurs, viendront souvent compléter le tableau clinique.
La marche de l’affection, comme ses symptômes, est essentiellement variable, et c’est bien là le signe le plus net du strabisme hystérique. Du matin au soir, la déviation oculaire peut se modifier, peut disparaître même pendant quelques instants, pour se reproduire ensuite. La contraction peut se changer en paralysie, ainsi que le prouvent certains cas parfaitement observés. Mais d’une manière générale le pronostic est relativement bénin et nous retrouvons ici le principe qui oppose à la ténacité et à la durée de la névrose, la fugacité el le peu de profondeur de ses manifestations.
Le uystagmus.des mineurs. Ecko miiiml du Nord, avril 190Ü.
Cette affection, qui trappe tout spécialement une catégorie fort intéressante d’ouvriers de la région du Nord, mérite d’être particulièrement connue par ceux qui auront à exercer dans un centre minier. Car non seulement il faut traiter les troubles de la vision qu’elle entraîne, mais il faut aussi juger des degrés d’incapacité de travail qu’elle cause à l’ouvrier qui en est atteint.
Deux formes de nystagmus sont admises, l’une embryonnaire, très fréquente, dont les ouvriers ne se plaignent guère et qui, généralement, n’empêche pas le travail. Pour l’observer.
il est nécessaire d’aller examiner les mineurs au moment dé la descente des puits ou au moment de la remonte, et c’est ainsique plus de 900 cas ont pu être observés (Romiée).
En réalité, c’est la seconde forme, le nystagmus confirmé, que nous avons à examiner dans nos cliniques ; à l’hôpital Saint-Sauveur de Lille, sur une moyenne de deux mille cinq cents à trois mille nouveaux par an, parmi lesquels une forte proportion de mineurs du Nord, du Pas-de-Calais et de Belgique, on n’observe pas plus de cinq à six cas de nystagmus confirmé par an.
Quelle est la cause première de ces accidents ?
La question de pathogénie est celle qui divise le plus les auteurs qui se sont occupés de cette maladie. Je pense, quant à moi, qu’il faut attribuer le nystagmus des mineurs, avant tout, au défaut d’éclairage, nécessitant un effort d’accommodation plus considérable et rendant l’adaptation extrêmement difficile. Mais on a peut-être tort, à mon avis, de nier complètement l’inlluence de la position forcée du regard en haut et en dedans. Cette position convergente, qui n’est pas douteuse pour certaines catégories d’ouvriers mineurs, s’ajoute à l’effort d'accommodation pour produire le nystagmus. Elle explique bien comment les mouvements rythmiques se reproduisent surtout, presque exclusivement, lorsque le sujet regarde en haut. En ce qui concerne l’essence même du nystagmus, il ne peut être question d’une parésie musculaire mais bien de mouvements choréiformes,d’un spasme clonique.
Des causes adjuvantes sont nécessaires pour rendre cette affection plus grave. Grâce à ces causes, d’une gêne peu considérable, banale parmi les ouvriers mineurs, le nystagmus professionnel va devenir, chez un petit nombre, une maladie, arrêtant tout travail pendant de longs mois. Ces causes sont, les unes locales, les autres générales. Parmi les premières, les troubles de l’accommodation, l’hypermétropie et l’astigmatisme doivent être signalés. Un de nos malades en est un bon exemple. Bien qu’empioyé au tond depuis l’âge de
laires, in Paquet,
III. De la névrite optique avec stase papillaire dans les Sinusites sphénoïdales et dans les aflections de l’arrière-cavité des fosses nasales. Congrès int. i’Utrecht et Arch. d’ophtalm., 1899.
I. Dans ce travail nous avons étudié les diverses compli-, cations oculaires des sinusites elcité plusieurs cas intéressants de notre pratique, où le diagnostic très ditïicile fut singulièrement éclairé par l’aide de la rhinoscopie.Voici les conclusions de ce travail.
Pour la sinusite frontale: f» la possibilité de douleurs intermittentes simulant des névralgies faciales et ayant un retentissement très marqué sur les nerfs ciliaires ; 2" l’apparente gravité de certains accidents aigus, produisant des abcès de l’orbite, avec élimination de séquestres assez volumineux, se terminant, cependant, par une guérison relativement facile, sans fistule ; 3” au contraire, la dilTiculté très grande d’éviter ces mêmes fistules dans les formes chroniques avec ectasie ancienne du sinus.
Pour le sinus maxillaire, la fréquence du relenllssement sur les autres cavités de la face, en particulier sur le sinus sphénoïdal et les cellules ethmoldales. Masquées par les
symptômes plus faciles à reconnaître de la sinusite maxillaire, les lésions sphénoïdales ou ethmoidales devront être recherchées avec soin dans tous les cas. Elles expliquent bien un certain nombre de complications orbitaires attribuées trop souvent à des actions réflexes.
II. C’est l’existence d’une névrite optique avec stase papillaire, ne siégeant que d’un seul côté, qui nous a mis quelquefois sur la voie du diagnostic et nous a permis de reconnaître des lésions très localisées du sinus sphénoïdal et des cellules ethmoïdales postérieures. Ces lésions ne se manifestaient par aucun des symptômes, tels que violentes douleurs névralgiques, photophobie, larmoiement, blépharospasme, rougeur érysipélatoîde de la racine du nez (Kaplan) qui ont été signalés comme les signes ordinaires de ces sinusites.
Pour expliquer la formation de ces névrites il n’est pas nécessaire d’insister sur les rapports intimes qui unissent le sinus avec le canal optique et avec la première partie du trajet du nerf dans l’orbite. 11 est démontré que la paroi externe du sinus sphénoïdal est en rapport en arrière avec le sinus caverneux, en avant avec le canal optique et avec la gouttière qui continue ce canal du côté de l’orbite. Plus en avant encore le nerf optique n’est pas très éloigné des ceilules ethmoïdales postérieures qui communiquent quelquefois avec le sinus sphénoïdai. On a cherché à expliquer la propagation de l’inflammation par des anastomoses vasculaires qui restent douteuses .Est-il bien indispensable d’ailleurs d’invoquer ces anastomoses et le processus infectieux ne peut-il pas se faire de proche en proche '?
Dans sa monographie sur la chirurgie du sinus sphénoïdai, M. Berger admet que certaines atrophies optiques de croissance, dont l’origine est douteuse (en particulier ce qu’il appelle l’atrophie génuim du nerf optique, ou maiadie de Leber) serait due à un développement irrégulier du sinus entraînant la compression lente du nerf optique dans son canal. C’est un processus analogue, mais à marche rapide.
qui fintraînerail les troubles oculaires dans ies cas d’infection sinusienne. Il y aurait névrite ou périnévrite aigué rétrobulbaire canaliouiaire, anaiogue dans ses effets à la névrite rétrobuibaire de Graefe. Cette névrite se manifeste par une amaurose subite ou par un rétrécissement concentrique du champ visuel. Quant à l’examen ophtalmoscopique, il reste négatif, du moins au début ; à peine un peu d’état flou du bord de ia papille, diminution plutôt qu’élargissement du calibre des veines, en tous cas pas de sailtie de la papille. Beaucoup plus tard on observe l’atrophie papillaire.
Sans vouloir nier la possibilité de cette névrite rétrobntbaire canaliculaire dans les affections du sinus sphénoïdal, il nous semble que les faits de névrite œdémateuse, que nous avons rapportés, cadrent beaucoup mieux avec ce que nous savons aujourd’hui des névrites infectieuses.
Nous pouvons donc conclure en disant qu’en présence d’une, névrite avec stase unilatérale, il faut rechercher avec soin l’état du sinus sphénoïdal, des cellules elhmoldales postérieures, de la partie supérieure de l’arrière-cavité des fosses nasales. Bien souvent l’examen attentif de cette région fera reconnaître le point de départ de l’infection du nerf optique. Cette connaissance des lésions du pharynx et des sinus est de la plus haute utilité pour éclairer l’étiologie et la pathogénie de ces névrites qui sont encore si obscures.
= Depuis plusieurs années, dans nos cliniques, comme dans nos publications, nous avons poursuivi l’étude des rapports entre l’œil et les cavités voisines de la face : aussi nous remercions la Société française d’Ophtalmologie qui vient de nous faire l’honneur de nous charger d’un rapport sur les « Complications oculaires et orbitaires des sinusites » pour le Congrès de 1902.