MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
L’affection avail un début brusque et dramatique, la température s’élevait à 40° et 41°. L’état général était d’emblée très atteint : asthénie marquée, courbature généralisée, rachialgie, céphalée violente, catarrhe ocülo-nasal. On constatait à l’auscultation quelques râles disséminés dans la poitrine : râles sibilants et ronflants, quelques gros sous-crépitants humides. Puis, brusquement, le quatrième jour, plus rarement le cinquième et le sixième, la température tombait et les phénomènes morbides disparaissaient presque instantanément; peu ou pas d’asthénie consécutive.
La soudaineté du début est à rapprocher de la subite disparition de tout trouble morbide.
Ce type clinique très particulier se retrouvait presque uniformément au moment où l’épidémie battait son plein. On ne notait que quelques cas très rares de broncho-pneumonie ordinairement bénigne.
Sans doute, on pouvait observer, à côté de ce type habituel, des formes un peu particulières : type de laryngo-bronchile, type intestinal, type éruptif avec érythème scarlatiniforme ou morbilliforme, enfin type larvé; mais ces formes ne différaient que très peu du tableau clinique commun.
On pouvait à juste titre caractériser cette variété d’épidémie de grippe sous le nom de maladie des quatre jours.
.Mais à mesure que le nombre des sujets atteints se faisait plus restreint, on assistait à l’éclosion de nouvelles formes cliniques. L’épidémie à son déclin revêtait brusquement des caractères de gravité exceptionnelle.
Le facteur principal de celle-ci résidait dans des localisations pulmonaires ou plutôt broncho-pulmonaires, et nous exposons les différents types cliniques que nous avons pu observer.
Formes cliniques. — Nous étudions successivement les manifestations bronchitiques simples, -la congestion pulmonaire, les broncho-pneumonies. Nous décrivons parmi celles-ci la forme foudroyante suraiguë, les formes aiguës à type de broncho-pneumonie suppurée, à type d’hépatisation grise et à type d’abcès multiplès disséminés, la forme aiguë commune, la forme prolongée, la forme à rechute, les formes compliquées (pleurésie, albuminurie, phéno-
INJECTIONS 1NTRATRACHÉALES
mènes cérébro-méningés). Nous donnons une étude bactériologique de ces différents cas et une étude radioscopique. Enfin, nous insistons sur le traitement des broncho-pneumonies grippales et sur l’emploi des injections intra-veineuses d’or colloïdal et des abcès de fixation.
Injections intratrachéales d’huile goménolée (197).
Nous étudions ce mode de traitement, en précisant les indications et contre-indications, la technique elles résultats. Nous rapportons à ce sujet des observations de malades traités par cette méthode.
Nous avions du reste employé la méthode des injections intralrachéales d’huile goménolée dès 1915 chez les soldats atteints par les premières vagues de gaz chlorés envoyés par les Allemands en avril. Il nous avait semblé que, d’une part les accidents pulmonaires secondaires étaient plus rares chez les sujets injectés et que d’autre part, chez ceux qui présentaient déjà des accidents bronchopulmonaires, on obtenait assez fréquemment de véritables succès thérapeutiques.
Nous avons également, aux armées, pratiqué avec le docteur Auban des injections non plus par la voie gloltique, mais par injection directe à travers la trachée, en enfonçant l’aiguille directement dans la paroi du conduit.
Sérothérapie pulmonaire par voie trachéale (218).
Nous avons fait pénétrer le sérum antistreptococcique, antivibrion, antipneumococcique, soit par la méthode transglottiquc pratiquée sous le contrôle du miroir après anesthésie du pharynx, soit par des injections intercrico-thyroïdiennes ou transtrachéales.
Les quantités utilisées étaient de 20 à 30 centimètres cubes de sérum. Nous avons obtenu par cette méthode thérapeutique d’excellents résultats.