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EXPLICATION DE LA PLANCHE V

Reins de lapins traités par des injections de sublimé à forte dose.

Fixation an liquide J. de Laguesse. — Coloration par la méthode de Galeotti.

Fig. 1. — Stade des grains, disparition, des bâtonnets de Heidenhain.

■ a, b, c; d, homogénéisation. .

. Fig. 2 et 3. — Stade d'homogénéisation du protoplasma.

Fig. 2. — Homogénéisation simple ; les gros grains tendent à se fusionner.

Fig, 3. — Fragmentation du protoplasma qui a subi l’homogénéisation.

Début de formation des cylindres au centre du tube.

Fig. 4 et 5. — Stade de cytolyse protoplasmique.

Fig, 4. — Cytolyse protoplasmique du 2e degré, disparition presque complète des granulations, mais le squelette des cellules reste intact ; les limites cellulaires sont nettes.

Au centre du tube, début de cylindre.

Fig. 5. — Cytolyse protoplasmique du 3 e degré; disparition du squelette cellulaire; il ne subsiste que des granulations plus ou moins 1 rares, et des débris de brosse .disposés dans la lumière du tube dont la membrane basale seule persiste.

Eu un point, ébauche d’homogénéisation du protoplasma (lésions mixtes).

Planche V.

NÉPHRITES

: PÉRIMENTALES

Mouriquand et Policard, Fiessinger). Aussi avons-nous fait paraître de nouveau en 1908 une élude d’ensemble, afin de compléter les résultats obtenus antérieurement et de répondre aux quelques objections formulées notamment par les auteurs précédents. Les altérations sont aiguës ou chroniques suivant la dose de toxique employé, le nombre des injections et la durée de l’expérience. Il

Fig. 13. — Tube contourné normal fixé au liquide J. Laguesse. col. Galeotli.

est indispensable, afin d’obtenir une description complète des lésions, d’examiner des coupes de rein fixées et colorées au moins par deux méthodes différentes (liquide de Van Gehuchten-Sauer, coloration à Thémaloxyline ferrique, fuchsine acide; liquide J. de Laguesse, coloration de Galeotti). Les lésions sont toujours insulaires, les glomérules habituellement intacts, le maximum des altérations se présente au niveau des tubes contournés. Ges altérations évoluent suivant deux types (pl. V).

LE REIN

1 er type. — Cytolyse protoplasmique des deuxième et troisième degrés.

2° type. — Nécrose cellulaire, homogénéisation et fragmentation du protoplasme.

Dans ces deux types, il est intéressant de noter la résistance de la bordure en brosse qui n’est atteinte que lorsque les lésions sont déjà fort avancées.

C’est en étudiant les lésions du rein au cours des intoxications

wgr*"

Fig. 14. —Néphrite, expérimentale par le sublimé.

expérimentales par le sublimé (fig. 14) que nous avons pu décrire, à côté du type de cytolyse protoplasmique, un autre mode d’altération, l’ homogénéisation avec ses trois stades-: stade des grains, ou de transformation des bâtonnets, stade A'homogénéisation, stade de fragmentation du protoplasma.

Il s’agirait là, pour nous, de types d’altérations qui ne sont pas spéciales au rein : nous retrouverons ces altérations au niveau du foie avec des caractères à peu près identiques. Ce fait nous montre que des tissus glandulaires très différents, comme le rein et le foie, présentent des réactions pathologiques de leur protoplasma

NÉPH RIXES EXPÉRIMENTALES

assez semblables. Nous croyons même que ce qui est vrai pour ces deux organes l’est également pour d’aulres; mais il s’agit là de travaux encore à l’étude qui ne nous autorisent pas, faute d’expériences suffisamment nombreuses, à porter des conclusions fermes.

E. — Les altérations rénales provoquées par le chloroforme.

Les accidents provoqués par le chloroforme sont nombreux, quelques-uns semblent dépendre d’une action nocive de l’anesthésique sur le rein. Afin de vérifier le fait, nous avons, avec Saison, opéré sur des lapins de la façon suivante, soit par injection intraveineuse d’eau chloroformée (méthode de Burkhardl), soit .par injection sous-cutanée, soit par ingestion, soit par inhalation. Le plus grand nombre de nos expériences ont trait à l’inhalation; nous nous rapprochions ainsi de plus près de ce qui se passe en clinique et dans l’anesthésie chirurgicale. Afin de nous mettre à l’abri de toute cause d’erreur, et d’être assurés, que la lésion que nous retrouvions devait bien être sous la dépendance directe du toxique inhalé, nous opérions aseptiquementnos animaux avant l'opération et leur prélevions un morceau de rein qui nous servait de contrôle.

Inhalation de doses faibles. — Trois animaux, pendant 20. à 55 minutes, subissent des inhalations de 4 à 13 centimètres cubes; ils sont sacrifiés immédiatement. On constate chez tous des lésions de cytolyse protoplasmique d’autant plus accentués que la durée de la chloroformisation a été plus longue et que la quantité de chloroforme inhalé a été plus considérable.

Inhalation de doses successives. — Sept animaux reçoivent, pendant 1 h. 40 à 2 h. 15, 30 à 50 centimètres cubes de chloroforme en inhalation. On constate un peu de congestion intraglomérulaire et intertubulaire et des lésions de cytolyse du tube contourné. Nous avons observé ce fait très important, et qui permet peut-être d’expliquer les dates tardives de certains accidents post-anesthésiques, c’est qu’en prélevant successivement, chez le même animal, le rein 24 heures, 5 jours, 12 jours après, on s’aperçoit que les

LE REIN

lésions mettent un certain temps à se développer et qu’elles sont beaucoup plus accusées 4 à 8 jours après l’anesthésie que tout de suite après.

Inhalations multiples. — Trois animaux ont été chloroformés pendant 7 à 8 jours quotidiennement; les lésions de cytolyse sont chez eux particulièrement intenses.

Inhalation chez, des lapins dont le rein est lésé antérieurement .— Nous avons pu constater, en provoquant les lésions du • rein, puis en prélevant du rein avant et après l’inhalation, que les altérations se sont beaucoup aggravées dans ce second cas.

Toutes ces expériences nous autorisaient à conclure que le chloroforme en inhalation est doué d’un pouvoir nocif certain sur le rein»

F. — Les altérations rénales provoquées par l’éther (96,101).

Nous avons opéré, avec Saison, pour l’éther, comme nous l’avions fait pour le chloroforme. Toutes nos expériences ont été faites sur le lapin et exclusivement par inhalation.

Inhalations uniques. — Huit animaux sonL sacrifiés immédiatement après l’inhalation de 30 à 105 centimètres cubes d’éther pendant 30 minutes à 1 h. 30. Le rein présente un peu de congestion glomérulaire et intertubulaire; les lésions tubulaires sont inconstantes et légères.

Trois animaux sont sacrifiés plusieurs jours après l’anesthésie, le prélèvement de rein est fait avant, immédiatement après et plusieurs jours après l’inhalation ; les lésions sont inconstantes, mais plus intenses, cependant, plusieurs jours qu’immédiatement après.

Un animal est sacrifié 35 jours après l’inhalation; un prélèvement avait été fait avant et 4 jours après l’inhalation. Le rein, normal avant l’expérience, présente, 4 jours après, de gros foyers hémorragiques; les tubes contournés sont peu lésés, le tissu de sclérose commence à se développer autour des glomérules des tubes et des vaisseaux. Trente-cinq jours après, les tubes contournés paraissent normaux; par contre, la sclérose est beaucoup plus accusée.

Inhalations multiples. — Quatre animaux, pendant 7 à 9 jours,

NÉPHRITES EXPÉRIMENTALES

sont traités par des inhalations de 30 à 50 centimètres cubes, le prélèvement immédiat ou tardif ne décèle des lésions rénales que dans quelques cas.

Nous pouvons donc, de par les expériences précédentes, émettre les conclusions suivantes :

L'inhalation d'éther est capable de produire chez le lapin des lésions rénales, mais ces altérations sont ordinairement minimes et peu accusées; une lésion antérieure du rein est nettement aggravée par l’inhalation d’éther.

Si nous comparons maintenant l'influence réciproque du chloroforme et de l’éther sur le rein, nous voyons que Y éther semble léser le rein moins constamment et moins intensément que le chloroforme.

G. — Action du protoxyde d’azote en inhalation sur le rein.

Nous avons étudié l'action du protoxyde d’azote chez le chien sur des reins sains (contrôlés antérieurement histologiquement) et des reins lésés antérieurement (contrôlés histologiquement).

Le protoxyde d’azode en inhalation ne semble pas léser directement le rein; tout au plus, peut-on dire que lorsque le rein est antérieurement lésé, on peut constater une accentuation des lésions cellulaires et l’apparition des foyers hémorragiques, peu volumineux du reste. Nos expériences sont malheureusement insuffisantes en ce qui concerne l’effet tardif que pourrait produire l’anesthésie. Dans les expériences que nous avons pratiquées concernant des anesthésies répétées, le rein paraît intact.

H. — Étude expérimentale de l’action du chlorure de sodium sur le tube contourné (22, 33, 34,86).

Dans une série de travaux, faits avec la collaboration de Castaigne, nous avons étudié .l'action du chlorure de sodium sur l’épithélium rénal. Nous devons distinguer ici deux ordres de faits : d’une part, l’étude in vivo de l’action du chlorure de sodium sur le rein; d’autre part l’élude in vitro.

REIN

Étude in vivo de l’action du chlorure de sodium sur le tube contourné.

La question de la toxicité pour le rein du chlorure de sodium était intéressante à résoudre, étant donnés les travaux d’Achard, Widal et leurs élèves au sujet de l’influence de la rétention des chlorures sur la palhogénie de l’œdème et la physiologie palho- .. logique des néphrites. Au point de vue de l 'hypochloruration, pious avons pu constater qu’un lapin nourri pendant quelque /temps avec un régime achloruré, présentait de l’albuminurie et des lésions nettes de l’épithélium des tubuli contorti. Quant à 1 ’hyper- 1 chloruration, nous avons pu noter que, lorsque le rein est sain, si les quantités de NaCl injectées sont relativement faibles et si les injections sont prolongées durant peu de temps, il n’y a ni albuminurie, ni lésion rénale. Si les doses de NaCl sont très élevées, on constate de l’albuminurie avec lésions rénales marquées.

Si on opère avec des animaux chez lesquels on a créé auparavant des lésions de néphrite , on peut voir survenir des accidents graves et même, la mort.

Étude in vitro de l’action du chlorure de sodium sur le tube contourné.

• Nos études sur la toxicité in vitro du chlorure de sodium sur l’épithélium rénal nous avaient été suggérées dans le but d ! obtenir un liquide réno-conservateur. L’emploi usuel des solutions de chlorure de sodium pour l’étude du sang nous amenait a choisir une dissolution de ce sel pour notre milieu d’étude. Nous devions, dès lors, penser que la solution de NaCl qui convient à l’étude des hématies convenait également à celle du tissu rénal; nous nous aperçûmes immédiatement qu'il n'en était pas ainsi, et que si certaines solutions de NaCl conservent intact le parenchyme rénal, d’autres, et notamment la solution dite physiologique, provoquaient des altérations marquées de ce parenchyme-, nous pouvions ainsi rétablir l’existence de l’osmo-nocivité du NaCl vis-à-vis de la cellule rénale ; ceLte obtention d’un liquide réno-conservateur nous conduisait de

NÉPHRITES EXPÉRIMENTALES

plus à établir une nouvelle méthode d’expérimentation in vitro , dont nous avons pu montrer l’importance en physiologie normale et pathologique en ce qui concerne le rein.

Osmo-nocivité du NaCl vis-à-vis de l’épithélium rénal.

Nous avons, dans une série d’expériences, fait immerger des cubes de rein de mômes dimensions dans des solutions de NaCl correspondant aux point cryoscopiques suivants :

Tous ces morceaux étaient ensuite inclus, puis colorés : tous étaient altérés ; celui qui avait passé par le liquide dont A = — 0°,89 était le moins atteint; la même expérience fut. répétée à six reprise? et chaque fois, quoique mous fassions varier la durée du séjour dans le liquide salé, nous avons eu des résultats comparatifs.

Guidés par ces premières constatations, nous avons fait une série de vingt solutions ayant des points de congélation très rapprochés et s’échelonnant de —0°50 à — 1°. Les coupes des morceaux plongés dans ces liquides présentaient des altérations notables; seules, les solutions à — 0°,76 et — 0°,80 donnaient des préparations meilleures.

Il nous fut facile alors, en essayant des liquides salés ayant pour point décongélation—0",77, — 0°,78 et — 0°,79, de nous assurer que la solution qui pouvait être considérée comme idéalement réno-conservatrice était celle qui congelait à — 0,78.

ün peut, dès lors, classer les solutions de chlorure de sodium, en ce qui concerne leur action sur le rein, de la façon suivante :

Solutions dites isotoniques à A = — 0°, 78. — Le point cryoscopique correspond à peu près à une solution à 12 gr. 5 de NaCl dans 1.000 centimètres cubes d’eau distillée. L’épithélium a un aspect normal analogue à celui qu’il aurait si on n’avaiL passé le rein dans aucune solution salée (comparaison avec une pièce témoin) [voir fig. 15].

LE REIN

Solutions dites hypertoniques ou dont le point cryoscopique est au-dessus de — 0°,78 (c’est-à-dire.— 0°,90 — 1° par exemple).

L’épithélium des tubes contournés est comme ratatiné vers la

membrane basale, et dans ceLte sorte de mouvement de recul, il a expulsé par expression une grande partie de ses granulations susnucléaires (voir fig. 16).

Fj,, 15. Coupe d’un rein normal de lapin dont les fragments ° demi-heure dans un liquide salé congëlant à — 0°,78. Imm.

■mal dont les fragments ont séjourné u e solution de NaGl congelant à A = — l n ,Q8. Exp. 253 : Imm, 1/15.

NÉPHRITES EXPÉRIMENTALES

Solutions diles hypotoniques ou dont le point cryoscopique est au-dessous de — 0°,78 (c’est-à-dire — 0°20, — 0°40 par exemple).

Les cellules des tubes contournés sont gonflées à tel point qu’elles ont presque toutes éclaté, brisant la bordure en brosse, qui n’existe plus que sous forme de parcelles discontinues, expulsant granulations protoplasmiques et noyaux, de sorte que la cellule n’est plus

Fig. 17. — Coupe d’un rein normal de lapin dont les fragments ont séjourné unedemi-heure dans un liquide salé congelant à — 0°,40.

Exp. 253 : Imm. 1/15.

représentée que par une série de vacuoles contenant quelques rares granulations. Il est à noter que dans toutes ces préparations où les épithéliums des tubes contournés sont si alLèrés, les cellules des tubes droits ont, au contraire, conservé leur forme et leur structure normales (voir fig. 17).

, • Ces conclusions ont été combattues par Policard, qui admet que toutes les solutions de NaCl altèrent plus ou moins la cellule rénale. Il admet l’osmo-nocivité de NaCl, mais il considère que NaCl a une toxicité propre sur l’épithélium rénal in vitro. En réalité, nous avons pu facilement réfuter les objections de Policard, car cet auteur n’a jamais' opéré avec la solution véritablement isoionique à 1 gr. 25 p. 100; il suffit d’examiner les degrés de concentration

RATHERY

LE REIN

de ces solutions à 1, 2, 5, 7, 8, 10 et 20 p. 100; il en résulte que les expériences de Policard, bien loin de controuver les nôtres, ne font qu'y apporter une précieuse confirmation.

Liquide réno-conservateur.

Technique in vitro.

Nous avons appelé liquide réno-conservateur, celui dans lequel un morceau de rein de lapin ou de cobaye laissé un temps déterminé (un quart d’heure, une demi-heure) ne présente aucune altération structurale.

On nous a objecté que le terme était impropre (Garrion et Hallion, Policard) et qu’on ne pouvait affirmer qu’un tissu déterminé,. avait son aspect normal, puisqu’il était impossible de connaître cet aspect.

Nous avons répondu à celte objection que, d’après de très nombreuses coupes de reins que nous pratiquons depuis plusieurs années, l’aspect que nous considérons comme normal, celui qui a été décrit comme tel par les auteurs compétents, est justement celui que nous observons dans les pièces traitées par le liquide rénoconservaleur. Il serait donc absolument irrationnel de considérer cet aspect comme pathologique.

Prenons deux morceaux de rein, l’un est fixé et inclus immédiatement, l’autre est passé par la solution réno-conservatrice avant d’être fixé. Or, ces deux morceaux ont le même aspect histologique; c’est donc que la solution n’a pas modifié la structure de la cellule.

Nous avons, de plus, photographié le rein à l’état frais avec Mlle Chevroton et A. Mayer, sans adjonction de fixateur; or, les figures que nous avons eues sont identiques à celles que nous avons obtenues dans les coupes résultant de nos expériences in vitro.

L’obtention d’un liquide réno-conservateur nous a permis d’étudier l’action in vitro d’une série de substances toxiques; celte nouvelle méthode, un peu délicate il est vrai, nous a conduit cependant à des résultats fort intéressants et nouveaux, notamment en

NÉPHRITES EXPÉRIMENTALES

ce qui concerne les propriétés néphrotoxiques de certains sérums , l’action des toxines microbiennes sur les reins, etc. (Voir plus haut).

I| — Lésions du rein produites par injections d’acides gras, de savon et d’éther (84).

Lésions par inanition.

Nous avons, avec A. Mayer et Schaeffer, examiné les modifications histologiques du rein provoquées par les injections d’acides gras saturés (propionique, butyrique, valérianique, caproïque, capryüque, stéarique, palmitique), et d’un acide non saturé, l’acide oléique, ainsi que les savons de soude et les éthers éthyliques de certains de ces acides.

D’une façon générale, les injections répétées d’acides gras (6 à 10 injections) produisent des lésions cantonnées au niveau des tubes contournés et réparties par îlots. Ces altérations sont caractérisées par les trois degrés de cytolyse protoplasmique. Nous, n avons eu que très rarement de la dégénérescence graisseuse des tubes contournés, mais en revanche, on constate très souvent de la périartérite et quelquefois un peu de glomérulite.

En comparant ces lésions avec celles que donnent d’autres acides comme les acides chlorhydrique, acétique, lactique, succinique, on voit qu’elles sont tout à fait semblables. Il s’agit donc là de lésions qui sont toujours les témoins d’une intoxication acide rapide. Nous avons recherché si, dans certains états que l’on sait être accompagnés d’intoxication acide, on retrouve des lésions analogues. Parmi ces états, nous signalerons plus particulièrement l 'inanition, qui provoque, comme on sait, une perte de poids considérable avec production d’urine acide chez le lapin.

Nous avons retrouvé des lésions tout à fait analogues chez des animaux mis à la diète absolue pendant six à sept jours et ayant perdu jusqu’à un tiers de leur poids.

Les injections intra-péritonéales répétées de savon de soude de ces acides gras ne donnent qu’exceplionnellement de la cytolyse, mais de la périartérite et de la sclérose par placards, ainsi que des

LE REIN

lésions congestives. Parfois, on ne retrouve aucune lésion.

Les injections des éthers éthyliques, de ces acides gras provoquent une cytolyse analogue, mais moins marqué; très souvent, on ne trouve aucune lésion.

Ces constatations présentent un triple intérêt. '

En premier lieu, elles nous expliquent le mécanisme de certaines auto-intoxications et leur pouvoir lésionnel vis-à-vis du rein.

En second lieu, elles nous montrent le rôle de l’inanition dans l’éclosion des troubles rénaux.

Enfin, les lésions constatées sont entièrement à rapprocher de celles que l’on observe chez les animaux producteurs de cytotoxines. En effet, on sait que lorsqu’on injecte des organes broyés dans le péritoine, il se produit une autolyse aseptique et, d’autre part, que parmi les produits d’autolyse, les acides gras sont des plus fréquents, particulièrement pour le foie. Une partie des lésions qui apparaissent chez les animaux producteurs des cytotoxines est probablement due à ces acides.

J. — Lésions du rein à la suite d’injections, des acides butyriques, oxybutyriques a et p (120).

Ces acides produisent des lésions différentes chez le lapin et chez le chat.

Chez le lapin, l’acide butyrique à dose suffisanle-et répétée provoque des lésions du rein (cytolyse du 2 e degré); au contraire, les acides oxybutyriques a et p ne déterminent aucune lésion rénale.

Chez le chat, l’acide butyrique comme les acides oxybutyriques a et p ne provoquent aucune altération du rein.

K.—Lésions expérimentales par le blanc d’œuf (102, 103).

Nous diviserons nos expériences en deux classes, suivant que l’animal d’expériences est le chien ou le lapin.

Expériences sur le lapin. — Nous avons, avec Castaigne et avec Chiray, pratiqué à des lapins, reconnus non albuminuriques avant

NÉPHRITES EXPÉRIMENTALES

l’expérience, des injections intraveineuses et sous-cutanées d’ovalbumine. Les expériences ont été faites surtout dans le but d’établir la physiologie pathologique de certaines albuminuries dites digestives et d’établir un nouveau mode d’examen des fonctions rénales.

Nous n’étudierons ici que les résultats expérimentaux.

Injections intraveineuses d’ovalbumine. — Une sonde introduite dans la vessie de l’animal permet de recueillir les urines de façon fractionnée avant et après l’injection.

Lorsque le lapin ne reçoit qu’une seule injection et est sacrifié immédiatement après, on note d’une part l'existence d’une polyurie abondante aussitôt après l’injection, d’autre part l’apparition de l’albumine de 3 à 10 minutes après, coexistant avec de l’oligurie. L’examen histologique ne permet de déceler que des altérations très légères des tubes contournés, les glomérules sont normaux ; il n’existe pas trace d’infiltration leucocytaire.

Lorsque le lapin reçoit une série d’injections intraveineuses successives et est sacrifié un certain temps après l’injection, les altérations des tubes contournés sont très nettes (deuxième et troisième stades de cytôlyse protoplasmique; îlots de lésions chroniques); de plus, le tissu interstitiel présente de l’infiltration leucocytaire et de la sclérose, mais seulement lorsque les animaux sont sacrifiés plusieurs mois après la dernière injection.

Injections sous-cütanées d’ovalbumine. 1° Injection unique. — Nous devons différencier les cas où le lapin est sacrifié précocement (30 heures après) ou tardivement (39 jours après).

Dans le premier cas, on constate des îlots nombreux de cytôlyse protoplasmique des deuxième et troisième degrés," le tissu interstitiel est absolument indemne.

Dans le second cas, il existe des lésions tubulaires chroniques sans lésions interstitielles.

2° Injections multiples. — Nous avons opéré sur 7 lapins, le nombre des injections pour chaque animal étant de 4 à 7; toujours nous avons retrouvé des altérations typiques de cytôlyse protoplasmique des deuxième et troisième degrés, jamais nous n’avons noté aucune trace d'infiltration . leucocytaire. Ces données vont absolument à l’encontre des résultats obtenus par M. Feuillié. Nous

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