‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 51 sur 153 · ACTIONS DES DIVERSES SUBSTANCES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

ACTIONS DES DIVERSES SUBSTANCES ORGANIQUES

tiques retrouvées constitueront des données précieuses pour la physiologie pathologique des syndromes hépatiques.

Nos expériences au nombre de plus de 300, ont été faites sur le lapin; elles ont été poursuivies, grâce à la collaboration de Mayer et de Schaeffer, pour chaque animal pendant un mois et demi à trois mois. Toutes, les substances essayées ont été injectées dans le péritoine, soit en suspension dans l’eau, soit en solution dans l’huile ou l’alcool, Les résultats que nous donnons ont toujours été vérifiés sur 3 ou 5 animaux, et quelquefois sur un plus grand nombre (jusqu’à 10).

I. — Action des acides organiques. —Les acides gras saturés dont nous avons signalé l’action provoquent toujours un certain degré de cytolyse, les acides acétiques et propionique à dose faible, les acides butyrique, valérianique, caproïque, caprylique, à dose plus forte. Cette cytolyse dépasse rarement le deuxième degré; elle se répare vite. Par contre, on rencontre toujours, après les injections des acides supérieurs (à partir de l’acide caproïque), des lésions de sclérose bien marquées.

Les acides non saturés (oléique, érucique, élaïdique, brassidique, ricinoléique, etc.) produisent des lésions de cytolyse plus accentuée, allant jusqu’au troisième degré. L’acide linoléique à la même dose ne produit pas de lésions.

Les acides bibasiques (oxalique, succinique, etc.) et les acides alcools (série lactique) produisent eux aussi de la cytolyse (P r et 2 e degrés). Les acides cétones de bas poids moléculaires (pyruvique, lévulique) n’ont que très peu d’action.

Dans l’ensemble, on voit que l’injection d’acides organiques, particulièrement les acides gras non saturés, a pour résultat une cytolysc plus ou moins accentuée des cellules hépatiques.

II. — Action des bases organiques. — Ces bases ont été injectées soit en nature, soit sous forme de sels ou de savons. Les amines à bas poids moléculaire ne produisent que des lésions très passagères.

Par exemple les triméthyl, tributyl, tripopylamines, la triamylamine produisent de la cytolyse ne dépassant guère le 1 er degré. Par contre, les amines élevées donnent des lésions d’un tout autre ordre.

LE FOIE

L’hexyl et l’}ieptylamines produisent des lésions d’homogénéisation allant jusqu’au 3 e degré.

Les benzyl et dibenzylamines, -méthyl et acétyldiphénylamines, naphtylamines à et p et l’hexaméthylène-létramine provoquent de la cytolyse du 1 er et du 2 e degré.

lien est de même, en général, des corps à deux fonctions amine. Par exemple, après l’injection d’éthylène et de propylène diamine, de totuylène diamine, de pentaméthylène diamine (cadavérine), de paraphénylène diamine, on observe de la cytolyse du 1 er et du 2 e degré. Dans ce groupe, une exception à noter est celle de l’orlhophénylène diamine, qui produit des lésions accentuées d’homogénéisation, souvent même du 3 e degré.

Bases pyridiques. — La pyridine, la pipéridine et les bases qui en dérivent, notamment celles du groupe des collidines, la conicine, etc., provoquent de fortes lésions de cytolyse allant jusqu’au 3 e degré.

En résumé, et sauf les cas notés au passage (amines à poids moléculaire élevé, orthophénylène diamine), l’injection des amines et des bases pyridiques à dose non mortelle a donc pour effet de produire des lésions de cytolyse (disparition progressive des granulations, fragilité du protoplasma) parfois très marquées. Il est à noter que le plus souvent ces lésions sont réparables. Bien plus, si des injections, en petit nombre provoquent des lésions, il n’en est plus de même d’injections nombreuses.

Souvent alors les lésions, très nettes après les premières injections, disparaissent peu à peu, et! l'on n’en trouve plus trace, bien qu’on continue à administrer les mêmes doses. C’est le cas, par exemple, après les injections de bases pyridiques répétées pendant trois mois.

III. — Agents d’homogénéisation. — A côté des acides et des bases organiques qui amènent en général la cytolyse, un certain nombre de corps provoquent au contraire d’emblée et toujours les lésions d’homogénéisation. Tels sontles hydrazines, le pyrrol.

Il y a lieu de voir si ces lésions, qui sont aussi celles que provoque l’intoxication phosphorée, ne sont pas produites par les agents réducteurs en général.

Page 1