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ACTION DU CHLOROFORME SUR LE FOIE

Conclusions. — Au cours de l’intoxication par un grand nombre d’acides ou de bases organiques, les granulations se dissolvent et disparaissent; dans d’autres cas, au contraire, elles fusionnent entre elles et imprègnent la cellule tout entière.

Lésions du foie à la suite d’injections des acides butyriques, oxybutyriques a et (3 (120).

Chez le lapin. — L’acide butyrique détermine des lésions nettes, les acides a et p oxybutyriques ne sont doués d’aucun pouvoir lésionnel sur cet organe.

Chez le chat. — Les trois acides lèsent fortement le foie

Réaction du foie aux toxines et à certains poisons chimiques minéraux (99-101).

La toxine diphtérique, la ricine, la sapotoine sont des agents lésionnels puissants pour le foie ; ils donnent naissance à de fortes altérations d’homogénéisation (voirpl. VII).

Le sublimé, l’acide chromique, le phosphore ont été également expérimentés; l’huile phosphorée donne des lésions d’homogénéisation très nettes, non pas généralisées, mais par îlots.

Action du chloroforme sur le foie (94-95).

Les lésions du foie secondaires à l’administration du chloroforme ont fait le sujet d’une série de travaux récents. Mais la plupart des auteurs, considérant l'état clair comme l’état normal ont décrit une dégénérescence granuleuse ou une stéatose de la région portale avec nécrose de la région sus-hépatique ou enfin « le foie muscade chloroformique »; seuls, Doyon, Gautier et Policard notent des altérations se rapprochant des nôtres par certains points.

Nous avons étudié les modifications du foie à la suite d’inhalation, d’injection intraveineuse et d’injection sous-cutanée de chloroforme. Nous prélevions aseptiqueinent du foie avant les expériences afin d'avoir des pièces de comparaison.

LE FOIE

Les lésions cellulaires à la suite de l’intoxication chloroformique sont très fréquentes; si beaucoup ont passé inaperçues, c’est que le foie était mal fixé. On peut les déceler après 10 minules d’inhalation; ces lésions sont légères. Si l’anesthésie se prolonge, les altérations sont plus intenses (cytolyse 3 e degré; homogénéisation 1 er , 2 e et 3 e ), les lésions sont irrégulièrement réparties; elles sont plus marquées lorsqu’on prélève les pièces un certain temps après l’anesthésie qu’ immédiatement après. On peut peut-être expliquer ainsi l’époque relativement tardive de certains accidents post-chloroformiques. A la suite d’injections répétées, les altérations sont bien plus intenses. Enfin, après injections intra-veineuses ou sous-cutanées, les lésions sont plus marquées et semblent se localiser électivement mais non exclusivement, au niveau des zones sus-hépatiques; il n’en serait pas de même à la suite d’inhalation. Nous n’avons constaté la présence de graisse que très inconstamment après l’inhalation, plus fréquemment après l’injection.

Les expériences précédentes nous autorisent à conclure que le chloroforme est un poison très actif pour la cellule hépatique-, on devra donc absolument rejeter son emploi comme anesthésique chez tout sujet atteint d’une affection hépatique.

Action de l’éther sur le foie (97-101).

L’élher est considéré par beaucoup de chirurgiens comme dénué de toute action nocive sur le foie.

Nous avons recherché avec M. Saison si cette assertion était vraie; le fait présentait un intérêt pratique de premier ordre, étant donnés les dangers de l’anesthésie chloroformique chez les malades atteints d’afï'ection hépatique.

Nous avons opéré sur le lapin, en utilisant comme pour le chloroforme des inhalations uniques ou multiples, en sacrifiant l’animal immédiatement après l’anesthésie ou un certain temps après.

Les conclusions que nous pouvons déduire de ces expériences sont de trois sortes : d’une part, des conclusions directes tirées des expériences sur le lapin, d’autre part, un parallèle entre les lésions

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