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IV. — LES GLYCÉMIES EXPÉRIMENTALES

A. - SUCRE PROTÉIDIQUE

Nous avons étudié systématiquement depuis cinq ans le sucre protéidique. Nous ne relaterons ici que nos seuls travaux expérimentaux chez l’animal.

Nous avons utilisé pour le dosage de ce sucre la technique de H. Bierry, Ranc et Mme Randoin Fandard.

1° Recherches concernant le sucre protéidique et ses variations physiologiques.

1° Nous avons étudié tout d’abord les variations physiologiques du sucre protéidique chez l’animal, reprenant certaines des expériences de Bierry et Mme Randoin Fandard; nous avons cherché à établir l’influence du régime, des injections de sucres divers : glucose, lévulose,

2° Nous avons cherché ensuite à préciser le rôle du foie et du poumon dans la formation du sucre protéidique, examinant la teneur respective des sangs sus-hépatique et porte d'une part en ce qui concerne le foie, du sang du cœur droit et celui du cœur gauche ou des artères, en ce qui concerne le second.

3" Nous avons recherché le rôle de la rate, de la thyroïde, des glandes génitales; notamment, les effets de la splénectomie, de la thyroïdectomie, de la castration.

2° Recherches concernant le sucre protéidique à Fétat pathologique.

1° Nous avons cherché ensuite à établir le rôle des hémorragies : saignées petites et répétées, saignées copieuses et uniques; nous .

GLYCÉMIES ADRÉNALINIQUES

pratiquions des examens de sang : 2 heures, 3 heures, 5 heures après; 24 heures, 48 heures après; 3 jours, 4 jours, 6 jours, 10 jours, etc.

En général, l’hyperprotéidoglycémie est assez tardive 3 à 6 jours après et ne survient qu’après de très fortes saignées.

Par contre, les petites saignées n’excédant pas les doses de sang qu'on utilise pour les dosages, même répétées tous les jours pendant 3 à 4 jours, sont sans influence sur le taux du sucre protéidique.

2° Nous avons ensuite fait une longue étude concernant la glycémie adrénalinique, notamment en ce qui concerne la glycémie protéidique.

3° Nous avons étudié le rôle de la ligature double des uretères et des néphrites expérimentales.

4» Nous avons cherché des variations de la glycémie protéidique dans le diabète pancréatique expérimental et dans le diabète phloridzique.

5° Nous avons longuement étudié l’action de l 'insuline sut ce type de glycémie.

6» Nous avons recherché l’action sur la glycémie de Yantipyrine et de la santonine, médicaments qui ont été ,employés chez les diabétiques.

Un certain nombre de ces travaux sont encore en cours d’étude ; d’autres sont analysés dans différents chapitres de cet exposé, nous ne les reprendrons pas ici ; on trouvera enfin dans les paragraphes suivants concernant les glycémies sucre libre et sucre protéidique, quelques autres de ces recherches.

B. - GLYCÉMIES ADRÉNALINIQUES (265, 266, 281).

1° Hyperglycémie et glycosurie adrénaliniques.

Ayant eu l’occasion de faire des injections de sels d’adrénalines naturelles ou synthétiques, nous avons été surpris de n’observer, à la suite de ces injections, aucune glycosurie. Nous avons ainsi été amenés à éLudiér systématiquement à ce point de vue un certain nombre de bases adrénaliniques synthétiques ou naturelles, dont

LES GLYCÉMIES EXPÉRIMENTALES

les constantes physiques avaient éLé préalablement déterminées. Nous avons également essayé des isoadrénalines ((3-méthylnoradrénalines), dues à l’obligeance de M. Tiffeneau, qui en a déjà fait l’étude au point de vue vaso-constricteur.

Si la glycosurie faisait défaut avec certaines adrénalines, on pouvait se demander si l’hyperglycémie se produisait néanmoins, car on sait que la glycosurie est précédée d’une mobilisation de glycogène et d’hyperglycémie (Doyon et Kareff, Noël Paton, Bierry et Gruzewslia). Nous avons pu, en effet, constater après injection de certaines adrénalines des hyperglycémies notables pouvant atteindre 3 gr. 80 de sucre libre par litre de plasma, sans qu’on puisse déceler le passage de glucose dans /’ urine. La glycosurie a été par contre facilement déclenchée par d’autres adrénalines synthétiques ou naturelles, mais jamais nous n’avons réussi à provoquer des glycosuries comparables à celles signalées après injection d’adrénaline naturelle (lévogyre) de Gabriel Bertrand. Des expériences en cours permettront de dire si ces faits, en apparence paradoxaux, ne doivent pas être attribués à la présence parfois infime de corps résultant d’un dédoublement incomplet de la base synthétique et pouvant gêner l’action du composant' actif.

Il y aura lieu également de faire l’élude dé la perméabilité rénale et de la teneur du foie en glycogène.

2° Variations du sucre protéidique après injection d’adrénaline.

Nous avons recherché chez 16 chiens les effets de diverses adrénalines naturelles ou.synthétiques concernant le taux du sucre libre et du sucre protéidique dans le plasma.

A la suite d’injections de diverses adrénalines, synthétiques ou naturelles, on observe des modifications importantes de la glycémie. L’examen comparé des variations concomitantes du sucre libre et du sucre protéidique dans le plasma permet de formuler les conclusions suivantes : dans l’ensemble, les variations des deux sortes de sucre ont lieu en sens inverse. La diminution du sucre protéidique, observée (surtout quand la glycosurie fait défaut) au

GLYCÉMIES ADRÉNAL1NIQUES

début de l’action de l’adrénaline coïncide plus ou moins exactement avec la teneur maxima du plasma en sucre libre. La teneur maxima en sucre protéidique ne coïncide jamais (16 expériences) avec la teneur maxima en sucre libre, celle-ci s’observant toujours avant celle-là.

L’élévation du sucre protéidique se fait lentement et se manifeste encore parfois 72 heures après.

3° Effets de bases adrénaliniques isomères optiques sur la glycémie.

Les deux adrénalines gauche et droite sont capables de provoquer les mêmes variations du sucre libre et du sucre protéidique dans le plasma sanguin, à l’intensité près; l’adrénaline lévogyre étant plus active que son isomère droit. On observe des différences d’action beaucoup plus accentuées entre les deux isomères optiques d’une isoadrénaline, la (3-méthylnoradrénaline; tandis que l’iso-^ mère gauche, à certaines doses, est capable de provoquer des variations de la glycémie; comme les l et d adrénalines, l’isomère droit, aux mêmes doses, n’agit pas ou agit très peu. Nous ne croyons pas qu’à ce point de vue une telle différence d’aclivilé entre deux isomères optiques ait encore été signalée.

4° Action antagoniste de l’ergotinine sur la glycosurie adrénalinique.

Après avoir prélevé du sang à un chien, à jeun depuis dix-huit heures, nous pratiquons une injection d’adrénaline, puis, un certain temps après, une injection d’ergotinine, et nous étudions la glycémie et la glycosurie après chacune de ces deux injections.

. Chez un chien, la glycémie adrénalique, qui était montée de 1 gr. 13 à 3 gr. 51 (sucre libre), s’abaisse à 1 gr. 59 deux heures après l’injection d’ergotinine; la glycosurie, qui était de 8 gr. 20 après l’injection d’adrénaline, disparaît après celle d’ergotinine.

Chez un autre animal, nous employons des doses très fortes d’ergolinine et les mêmes doses que précédemment d’adrénaline ;

LES GLVCÉMIES EXPÉRIMENTALES

nous étudions la glycémie une heure après l’injection d’ergotinine. La glycémie adrénalique, qui était montée de 1 gr. 13 à 2 gr. 15, redescend à 1 gr. 59 après l’injection d’ergotinine; nous n’avons noté à aucun moment de glycosurie (mais nous avons déjà indiqué plus haut l’inconstance de la glycosurie adrénalique).

Il semble donc bien que l’ergolinine ait une action empêchante sur l’hyperglycémie adrénalique. Ajoutons que l’er-gotinine injectée seule ne nous a pas paru avoir d’action nette sur la glycémie, mais nos expériences sont encore trop peu nombreuses pour que nous puissions être absolument affirmatifs.

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