TENSION DU CO 2 ALVÉOLAIRE
Pareille constatation fut faite chez un sujel atteint de diabète complexe avec néphrite azotémique.
2° Le jeûne a certainement une répercussion sur la tension du CO 2 alvéolaire. On sait que chez l’individu normal, pendant le jeûne, la quantité de GO 2 éliminée par le poumon diminue. En sorte que, lorsqu'on met un sujet au jeûne, la tension de GO 2 baisse. Chez le diabétique acidosique, sous l’influence du jeûne, la quantité de CO 2 exhalé doit donc également baisser; par contre, le jeûne agissant sur les phénomènes d’acidose, jusqu’à les faire même disparaître dans certains cas, on doit donc, dans l’appréciation du chiffre de GO 2 obtenu, tenir compte de ces deux facteurs agissant de façon inverse.
3° D’autres causes paraissent intervenir : l’état du parenchyme pulmonaire, l’ingestion de bicarbonate de soude, etc.
Le chiffre normal pouvant servir de base pour la recherche de la tension du CO 2 alvéolaire oscille; d’après Fredericià et Joslin, entre 5,3 à 6,3 (en volume) ou 38 à 45 millimètres de Hg. Un certain écart existe donc normalement. Il en résulte que, dans la pratique, on ne devra tenir compte, pour comparer des individus différents entre eux à ce point de vue, que de différences notables. D’autre part, les variations chez un même sujet auront certainement une plus grosse importance.
Ces réserves une fois faites, on peut admettre que la tension de CO 2 alvéolaire fournit, en cas d’acidose, les renseignements suivants, qu’on peut schématiser ainsi :
Légère acidose..32 à. 38
Moyenne acidose..28 à 32
Acidose grave.au-dessous de ' 28
La valeur pronostique du chiffre obtenu est telle qu’une tension très basse, aux environs de 20, est presque fatale. Joslin, par exemple, fait remarquer que la plus forte baisse, de tension qu’il ait constatée, sans qu’il ait noté d’accidents mortels, est de 15; il s’agirait là de faits exceptionnels. En cas de coma, la tension peut atteindre, d’après lui, les chiffres de 8 à 10.
DIABÈTE
Nos recherches corroborent pleinement les constatations précédentes.
Dans un cas de diabète consomptif qui s’est terminé très rapidement par le coma, le chiffre obtenu a été de 17 et, la veille de la mort, de 5 millimètres.
Par contre, les diabétiques consomptifs qui présentaient, malgré un Gerhardt nettement positif, une tension de CO s alvéolaire entre 26 et 34, ont vu secondairement leur état s’améliorer, en même temps que la tension de GO 2 remontait.
Nous sommes donc en droit de conclure que cette méthode d’investigation clinique présente un intérêt pronostique certain et quelle peut fournir des renseignements de premier ordre pour l’établissement du pronostic et de la thérapeutique du diabète.
D. — La salive chez les diabétiques (203).
Notre étude avec L. Binet sur la salive chez les diabétiques nous permet de conclure :
1 » A des caractères particuliers de la salive chez les diabétiques; peu abondante, elle est souvent visqueuse, assez fréquemment acide, et peut, dans certains cas, contenir du glucose en proportions notables ;
2» A la démonstration expérimentale de l’élimination du sucre par les glandes salivaires chez des animaux dont on a élevé le taux du sucre sanguin, soit par injection intraveineuse de glucose, soit par dépancréatisation totale ;
3° A l’existence clinique d’une glycosialorrhëe , pouvant accompagner une glycosurie, ou alterner avec elle, ou exister à l’état isolé, sans apparition de sucre dans les urines.
E. — Créatine et créatinine urinaires chez les diabétiques (153, 164).
Nous avons tout d’abord recherché l’influence de la présence dans l’urine d’acide acétylacétique sur le dosage exact de la