MEMBRES INFÉRIEURS
Technique de la désarticulation inter-ilio-abdominale.
En collaboration avec M. Bussières. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, b décembre 1904.
Avec mon élève Bussières; j’ai étudié, sur le cadavre, la technique de la désarticulation inter-ilio-abdominale. Nous avons répété les procédés de Jaboulay, de Girard, de Bardenheuer, de Salichtoheff ; le meilleur nous a paru être celui de Jaboulay, mais nous l’avons un peu modifié et décrit d’une façon différente.
Yoici l’incision cutanée et la marche de l’opération que nous avons adoptées ;
1° Incision : a) Première incision de la symphyse pubienne à la symphyse sacro-iliaque en suivant l’arcade crurale et la crête iliaque ; b) deuxième incision partant de l’épine iliaque antérosupérieure, descendant convexe en dedans sur la face antérieure de la cuisse, contournant les faces externe et postérieure audessous du pli fessier et venant aboutir à la symphyse pubienne, en passant, convexe en dehors, sur la face antérieure de la cuisse.
2° Ligature des vaisseaux iliaques primitifs : après dégagement de l’arcade crurale, section des muscles de la crête iliaque et décollement du péritoine.
3° Désarticulation de la hanche.
4° Séparation de l’os coxal au niveau de la symphyse pubienne ou mieux en dehors de cette symphyse.
5° Libération de la face externe de l’os coxal.
6° Libération de la face interne.
7° Séparation au niveau de la symphyse sous-iliaque.
8° Ablation de l’os coxal.
Désarticulation de la hanche. Comment doit-on se comporter vis-à-vis de la cavité cotyloïde ? Soc. de méd. et de chir. de Bordeaux, 1894.
Sarcome de la cuisse. Désarticulation de la hanche. Guérison. Soc. de méd. et de chir. de Bordeaux, 18 juin 1897.
Désarticulation de la hanche pour sarcome récidivé de la cuisse. Guérison maintenue six ans et demi après l’opération. Soc. de méd. et de chir. de Bordeaux, 1903.
Ecrasement du membre inférieur gauche. Désarticulation de la hanche. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 14 novembre 1892.
Kyste hydatique du pli de l’aine. In Thèse Marguet, Paris
Volumineuse dilatation de la veine saphène interne. Extirpation. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 27 novembre 1893.
Dissection et examen histologique de la précédente pièce. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 11 décembre 1893.
Volumineuse dilatation de la veine saphène interne. Phlébite consécutive à la fièvre typhoïde. Extirpation de la poche et résection de la saphène interne.
En collaboration avec M. Mongour. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 18 novembre 1893.
Varices du membre inférieur droit. Résection de la veine saphène interne. Lutaud, Thèse de Bordeaux 1906.
Gangrène avec emphysème du membre inférieur, guérie par l’amputation. En collaboration avec M. H. Lamarque. Archives cliniques de Bordeaux, juin 1894.
Diabète. Albuminurie légère. Gangrène du pied. Amputation de la cuisse. Nouvelle intervention cinq ans plus tard, dirigée contre les spasmes du moignon. Guérison. In Thèse Patterson, Bordeaux 1904.
Cas intéressant par : 1° le bon résultat de l’opération chez un diabétique albuminurique présentant un état général des plus graves ; 2° apparition après l’amputation non pas de douleurs du moignon, mais de spasmes du moignon. Ce fait est, je crois, extrêmement rare.
Rupture sus-rotulienne du quadriceps des deux côtés.
Journ. de mèd. de Bordeaux, 10 décembre 1905.
Fracture ancienne de la rotule ; cal fibreux court et flexible ; fragment hypertrophié ; flexion normale.
Soc. d’anat. de Paris, 1888.
Ce cas vient confirmer les idées émises et si bien défendues par Chaput dans sa thèse de doctorat sur l’anatomie pathologique des fractures de la rotule et sur les indications de l’intervention, suivant qu’on a affaire à tel ou tel type de fracture.
Fracture de la rotule. En collaboration avec M. Ginestous. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 31 juillet 1899.
Trois observations d’hémarthrose du genou, traitées par la ponction. In Thèse Pujol, Bordeaux 1898.
Ankylosé des deux membres inférieurs dans la flexion.
Résection orthopédique des deux genoux. Congrès de
pédiatrie. Bordeaux 1895.
Cas intéressant au point de vue pathogénique et thérapeutique.
Une fillette, âgée de douze ans, m’est présentée avec les deux jambes en flexion extrême sur les cuisses : c’était un véritable cul-de-jatte. La flexion des jambes sur les cuisses datait de la naissance.
Inutile d’ajouter que la petite malade était absolument infirme; une domestique, attachée à sa personne, devait la transporter lorsqu’elle voulait se déplacer.
Je pratiquai la résection des deux genoux et je remis les jambes dans la rectitude. Depuis, la malade n’a besoin de personne : avec des béquilles ou des cannes, elle peut aller partout et même monter et descendre des escaliers.
Anévrisme de l’artère poplitée. Extirpation totale du sac anévrismal. Suture circulaire de la veine poplitée. Soc. de méd. et de chir. de Bordeaux, novembre 1906.
Ce cas est des plus intéressants par la nature de l’intervention et le résultat obtenu.
Un jeune homme nous est adressé à l’hôpital, pour un anévrisme de l’artère poplitée ; le diagnostic était simple, car ce cas était typique : on y trouvait tous les signes de l’anévrisme artériel.
Après avoir discuté les différentes méthodes de traitement, je me décidai à pratiquer l’ex tirpa tion to talc du sac. Jc sectionnai donc les parties molles, dans le creux poplité, je coupai l’artère poplitée au-dessus et au-dessous de la poche anévrismale et j extirpai celle-ci comme une tumeur.
Avant de commencer l’opération, j’avais en soin de pratiquer la ligature temporaire de l’artère fémorale à la base du triangle de Scarpa, ou plutôt, je m’étais contenté de passer sous cette artère un fil que j’aurais serré plus ou moins si j’avais eu une hémorragie sérieuse au cours de l’extirpation de l’anévrisme.
Pendant le détachement du sac anévrismal, je reconnus que ce sac adhérait d’une façon intime à la veine poplitée. Malgré toutes les précautions prises pour détacher le sac de la veine, celle-ci fut déchirée. L’étendue de la déchirure était telle que je ne pouvais songer à faire une suture latérale. Il fallait donc, ou lier les deux bouts de la veine, ou tenter une suture circulaire.
Je me décidai à pratiquer cette suture circulaire.
Les suites de l’intervention furent des plus simples : il n’y eut chez mon opéré ni trace de défaut de circulation, ni trace d’œdème dans le membre inférieur.
Ce cas vient confirmer les bons résultats que donne l’extirpation totale des anévrismes et plaide en faveur de la suture des veines.
De l’amputation de jambe par la méthode bordelaise.
Journ. de mèd. de Bordeaux, 4 mai 1894.
Le procédé d’amputation de jambe dit bordelais a été imaginé par M. le D' Dudon. Sa technique en est fort simple et ses résultats sont excellents, ainsique j’ai pu le constater à plusieurs reprises. J’estime que ce procédé doit être le procédé de choix pour l’amputation do jambe au lieu d’élection. Aussi n’ai-je cessé de le vulgariser par ma pratique et dans mes conférences de médecine opératoire.
Le procédé bordelais consiste dans la taille do deux lambeaux latéraux, l’externe devant être plus grand que l’interne. Pour commencer à tailler le lambeau externe, le couteau doit attaquer les parties molles en avant, dans l’espace qui sépare le tibia du péroné.
Les avantages de ce procédé sont : 1° l’absence de gangrène des lambeaux, accident fréquent avec le lambeau externe classique. Cette absence de gangrène s’explique par ce fait que le lambeau externe est ici formé surtout par les péroniers et les muscles postérieurs, la petite portion du jambier antérieur comprise dans le lambeau interne est coupée transversalement; donc, l’artère tibiale antérieure est coupée aussi transversalement et dans une petite étendue.
2° Esthétique du lambeau et du moignon : les lambeaux étant plus courts que le lambeau externe de Farabeuf, il y a plus de régularité.
3° Siège de la cicatrice et utilité du moignon :
Dans le procédé de Farabeuf, la cicatrice siège sur la face interne du tibia et près de la crête de cet os ; elle repose donc sur un plan résistant. Dans le procédé bordelais, au contraire, la cicatrice se trouve couchée dans un plan dépressible, en avant de l’espace inter-osseux.
4° Limite des indications. La longueur du lambeau externe de Farabeuf exige une grande étendue de parties saines. Il ne sera donc pas de mise, dans certains cas d’ulcères remontant un peu haut, à la suite de traumatismes atteignant ou dépassant le tiers moyen de la jambe, dans les tuberculoses du cou-de-pied, avec infiltrations dans une certaine étendue des os ou des muscles de la jambe. Le procédé à deux lambeaux, diminuant la longueur du lambeau externe, trouvera plus souvent son indication ; en un mot, ce procédé permet de couper plus haut.
5° Facilité et rapidité d’exécution. Il n’y a pas de comparaison à établir à ce point de vue entre les deux procédés : la supériorité revient incontestablement au procédé bordelais.
En effet, la taille des muscles et la recherche de la conservation de l’artère tibiale antérieure constituent un travail très délicat dans le procédé de Farabeuf .
Luxat ion de l’astragale. Astragalectomie. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 13 avril 1896.
Radiographie d’un pied après une extirpation de l’astragale pour luxation complète de cet os. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 1897.
Luxation totale de l’astragale par rotation, accompagnée d’une fracture étendue de l’os. Astragalectomie. Soc. de méd. et de chir. de Bordeaux, 24 février 1905.
La ligature de l’artère pédieuse. Journal de mèd. de Bordeaux, août 1906.
Dans son type classique, idéal, l’artère pédieuse, continuation de ratière tibiale antérieure, s’étend un peu obliquement, do dehors en dedans, du bord inférieur du ligament frondiforme, à l’extrémité postérieure du premier espace intermétatarsien ; en ce point, la pédieuse plonge dans le premier espace interosseux, perfore cet espace et va s’anastomoser, à plein canal, avec la terminaison de l’artcre plantaire externe.
D’abord située entre le tendon extenseur propre du gros orteil et les tendons extenseurs communs, l’artère se cache ensuite sous le chef interne du pédieux et apparaît enfin en dehors du tendon de ce chef interne.
Mais la pédieuse est sujette à des anomalies.
Bien mieux, Salvi a donné une nouvelle description de cette artère ; d’après cet auteur, la pédieuse, après avoir quitté le ligament annulaire antérieur du tarse, se diviserait en deux branches : l'une interne, qui représenterait la pédieuse classique, l’autre externe, qui se porterait en dehors, vers le 5° métatarsien.
Les classiques ne décrivent qu’un seul procédé de ligature de la pédieuse, la ligature à la partie antérieure du tarse. Or, d’après les recherches de Salvi, en pratiquant la ligature à ce niveau, on risque : ou de ne pas trouver d’artère, ou, si l’on en trouve une, de lier seulement une des branches de la pédieuse, la branche interne, laissant ainsi au-dessus du fil la branche externe et le tronc de l’artère.
Donc, il est plus logique et plus chirurgical de lier la pédieuse à sa partie postérieure, c’est-à-dire à son origine.
Si l’on veut conserver la ligature classique de la pédieuse, il faut au moins décrire aussi la ligature à la partie postérieure.
Tuberculose étendue du pied : tarso-métatarsectomie à peu près totale. Ablation de l’astragale, du scaphoïde, du cuboïde, des trois cunéiformes, d’une portion du calcanéum et des cinq métatarsiens dans presque toute leur étendue; véritable désossement du pied. Bon résultat. Congrès français de chirurgie, 189§.
Exostose sous-unguéale du 2® orteil. Soc. d’anat. et depliysiol. de Bordeaux, 18 juin 1894.