PUBLICATIONS DIVERSES
Compte rendu du Congrès international de médecine
tenu à Rome. Journal de médecine de Bordeaux , 1894.
Analyses de thèses et de livres dans les journaux médicaux.
Rapports à la Société d’anatomie et de physiologie de Bordeaux et à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux. Je citerai entre autres :
Rapport étendu lu à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux sur nn important ouvrage du docteur S. Gâche (Buenos- Ayres) intitulé : Géographie médicale de la République Argentine.
Rapport annuel à la Société des Amis de l’Université de Bordeaux (1903 et 1904).
Souvenir d’un voyage scientifique en Italie. La Chirurgie italienne. Bulletin de la Société des Amis de l’Université de Bordeaux, 1902.
Ce travail n’est qu’un résumé d’un rapport que j’avais rédigé à la suite d’une mission scientifique en Italie. J’y ai exposé la disposition et l’installation des hôpitaux qui m’ont paru les plus intéressants : Hôpital Mauriciano Umberto Primo et l’Ospedale Maria Vittoria, à Turin; l’Ospedale Maggiore et l’Istituto dei Rachitici, à Milan ; l’Ospedale di Pammatone et l’Ospedale San Andrea Apostolo ou hôpital de la Duchesse de Galbera de Ferari, à Gènes ; il Policlinico Umberto Primo, à Rome ; il Istituto Rizzoli, à Bologne. A propos de ce dernier établissement, j’ai rappelé l'histoire des instituts orthopédiques en Italie. Le comte Ernest Riccardi avait eu l’idée philanthropique de créer une école spéciale pour les rachitiques, dans le but d’éviter à ces petits malheureux les humiliations auxquelles ils étaient exposés par le contact avec les autres enfants. Mais on ne tarda pas à s’occuper aussi de leur santé, et ainsi l’hôpital vint insensiblement se greffer sur l’école. De transformation en transformation, on arriva à la création de l’Institut orthopédique modèle. Plusieurs villes d’Italie possèdent leur institut des rachitiques; je puis citer Milan, Venise, Mantoue, Vérone, Palerme, Crémoiie, Turin, Gènes.
A côté de la question purement scientifique, il y a lieu de signaler dans les hôpitaux d’Italie un quelque chose qui ne se trouvé pas dans les hôpitaux des autres nations; ce quelque chose, c’est le' côté artistique et historique. Cet assemblage d’art et de science s’explique aisément par ce fait que certains hôpitaux ont été installés dans d’anciens couvents ou palais et que d’autres ont été bâtis à une époque où le mouvement artistique brillait de tout son éclat en Italie. Aussi, rien d’étonnant à ce que l’on trouve de fort belles fresques dans des cours, sous des portiques et même dans les salles de malades. Certaines chapelles d’hôpitaux renferment des fresques ou des tableaux du plus grand intérêt.
Voici les conclusions que je croyais devoir tirer de mon travail sur la chirurgie italienne.
L’étude de la chirurgie italienne est donc intéressante au triple point de vue de l’art, de l’histoire et de la science. Je n’insiste pas sur le côté historique et artistique des hôpitaux italiens. Au point de vue scientifique, on ne peut nier que l’Italie a su se faire une place importante dans le mouvement chirurgical de ces dernières années. Les salles d’opérations ont été fort bien installées, les salles de malades ont été transformées d’après les exigences modernes, le matériel opératoire a été sans cesse perfectionné, d’excellents opérateurs pratiquant couramment les interventions les plus graves. Bref, la chirurgie italienne, ainsi que je le disais au début de ce modeste travail, a marché d’un pas rapide; elle compte parmi ses représentants des hommes connus et justement appréciés.
Ces progrès, si activement accomplis, s’expliquent par les trois raisons suivantes :
1° Les jeunes chirurgiens italiens n’ont pas craint d aller apprendre ce qui se faisait à l’étranger, surtout en Allemagne, à une époque où ce pays était entré dans une voie nouvelle ; plusieurs d’entre eux, aujourd’hui professeurs dans telle ou telle Université, y ont fait leur véritable éducation.
2° Les chirurgiens italiens ne gaspillent pas la meilleure part de leurs forces physiques et intellectuelles dans la préparation
aride de concours successifs. Pouvant disposer de leur temps et de leur liberté d’esprit, ils se consacrent à la recherche du mieux et à la publication de travaux originaux.
3° Enfin, il existe en Italie des centres universitaires autonomes, comme en Allemagne, et une décentralisation que nous ne connaissons pas encore en France, malgré les transformations déjà accomplies. Ce n’est pas la ville, mais la valeur de ceux qui y professent qui fait l’importance de l’enseignement. Porro, l'accoucheur gynécologiste si connu, professait à la petite Université de Pavie; Bassini est à Padoue, ville de peu d’importance, etc.
En outre, l’enseignement médical en Italie constitue une carrière que l’on peut embrasser, sachant qu’elle mènera à quelque chose si l’on travaille. C’est ce qui explique comment on trouve des chirurgiens fort distingués dans de petits centres. Celui qui veut arriver à quelque chose n’a qu’un but : obtenir une place dans une Université quelconque ; il sait qu’en travaillant il peut se créer une situation en vue dans cette Université et que, d’après les vacances de chaires et d’après l’importance de ses travaux personnels, il pourra arriver à être nommé professeur titulaire, soit dans la même Université, soit dans une autre. Voilà la caractéristique de la carrière médicale en Italie, le changement d’Université pourvu que l’on monte en grade. Peu importe, en principe, au chirurgien, par exemple, de quitter telle ville pour aller dans une autre moins importante; l’essentiel est qu’il soit nommé professeur de clinique chirurgicale pour pouvoir élargir son champ d’action.
Aussi voit-on des changements de résidence et des abandons de situation qui surprennent au premier abord.
Ce roulement, qui n’existe qu’à l’état virtuel dans nos Facultés et Ecoles de médecine, constitue line grande force. Ce professeur, qui quitte ainsi une grande ville pour une autre de moindre importance, va redoubler d’ardeur dans sa nouvelle situation pour se faire apprécier et pouvoir, le cas échéant, passer ensuite dans une grande Université.
Rapport adressé en 1902, à M. le Doyen de la Faculté de médecine de Bordeaux, au sujet de la transformation de l’enseignement de la médecine opératoire.
Dans ce rapport, j’ai exposé assez longuement la façon dont M. le Professeur Masse et moi-mème nous avions organisé l’enseignement et les travaux pratiques de la médecine opératoire à la Faculté de Bordeaux.
Autrefois, à Bordeaux, comme dans les autres Facultés françaises, les travaux pratiques de médecine opératoire étaient confiés au chef des travaux anatomiques qui dirigeait, l’hiver, les travaux pratiques d’anatomie et l’été, ceux de médecine opératoire. Ce n’était pas très logique, car un anatomiste n’est pas un chirurgien. Mais enfin, cet état de choses pouvait être toléré à une époque où la chirurgie visait surtout l’étude des ligatures, des amputations et des résections. Depuis que les opérations viscérales sont devenues courantes, un changement s’imposait. Aussi, la première mesure à prendre consistait dans la séparation complète de l’anatomie et de la médecine opératoire; c’est ce qui fut fait à Bordeaux.
Le chef des travaux anatomiques ne s’occupa plus que de la dissection, pendant l’hiver, et, grâce à la générosité de l’Université, il fut créé une place’ de chef des travaux de médecine opératoire.
La séparation entre l’anatomie et la médecine opératoire fut même poussée très loin : un pavillon spécial fut réservé à la médecine opératoire, l’injection pour la conservation des cadavres se pratiqua à part, chaque section possédant ses instruments lui appartenant en propre.
Dès ce jour, le Laboratoire de médecine opératoire prit une place fort importante et les travaux pratiques furent exécutés d’une façon méthodique.
M. le Professeur Masse fit preuve d’une grande activité : le Laboratoire s’enrichit d’une importante bibliothèque, 1 appareil instrumentai fut considérablement augmenté. Puis, un éclairage
électrique fort bien compris (lampes à arc et lampes portatives pour chaque table) permit de travailler assez tard pendant l’hiver et facilita, à cette époque de l’année, les épreuves pratiques du 3° examen de doctorat.
Personnellement, je m’évertuai à faire dessiner des planches murales pour faciliter aux élèves la description de l’anatomie topographique et de la technique opératoire.
Yoici maintenant comment a été organisé l’enseignement de la médecine opératoire. Trois fois par semaine, cours magistral du professeur. Les mêmes jours, travaux pratiques sous la direction du chef des travaux, assisté d’un ou deux aides d’anatomie.
A chaque séance, avant de commencer les travaux pratiques, le chef des travaux explique les opérations que les élèves doivent répéter et pratique lui-même ces opérations ou les fait pratiquer sous sa surveillance par un aide d’anatomie. Puis, les élèves vont opérer eux-mêmes. Ils sont répartis dix par table ; pendant que les uns opèrent, les autres servent d’aides. Chaque table est numérotée ; contre le mur, en face de chaque table, se trouve une petite boite en bois, vitrée sur le devant; dans l’intérieur de la boite une feuille de papier porte le numéro de la table et les noms des élèves qui travaillent à cette table; de la sorte, chacun sait où il doit aller travailler et le contrôle est rendu plus facile pour le chef des travaux.
Sur chaque table, les élèves trouvent une boîte d’instruments qui contient, lorsqu’on ne doit pratiquer que des ligatures d’artères : des bistouris, des écarteurs, des pinces à disséquer, des sondes cannelées, des ciseaux, des aiguilles de Deschamps et de Cooper, des crayons pour tracer les lignes opératoires. Sur chaque boîte est inscrit un numéro qui correspond à celui de la table. Si un instrument vient à manquer, on sait à quelle table il faut le réclamer.
Lorsqu’on doit pratiquer des amputations, des résections ou d’autres opérations spéciales, on fournit, bien entendu, les instruments nécessaires.
Le nombre des cadavres a toujours été suffisant : depuis que
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les travaux pratiques ont été organisés comme je l’ai indiqué, tous les élèves ont pu travailler régulièrement trois fois par semaine et ont toujours trouvé le matériel cadavérique dont ils avaient besoin.
En moyenne, nous avons pu distribuer quatre cadavres à chaque table ; par conséquent, les élèves de chaque table ont eu la facilité de répéter plusieurs fois les ligatures et les amputations.
Nous ne nous sommes pas contentés de faire exécuter seulement les opérations de ligatures, amputations et résections qui constituent ce qu’on appelle la médecine opératoire classique ; mais nous avons tenu à suivre l’évolution de la chirurgie. Aussi, les élèves s’exercent-ils à pratiquer sur le cadavre les opérations viscérales (suture de l’intestin, kélotomie, appendicectomie, trépanation, trachéotomie, etc.). Bien mieux, convaincus que l’opération sur le cadavre ne ressemble pas à l’opération sur l’être vivant, nous avons institué des travaux pratiques de chirurgie expérimentale sur le chien. C’est ainsi que nous faisons pratiquer sur l’animal la trachéotomie, l’œsophagotomie, la suture d’une plaie du poumon, la suture du cœur, la suture d’une plaie du foie, la gastro-entérostomie, la suture de l’intestin, la néphrectomie, etc. — Les opérations sur l’animal sont pratiquées avec les mêmes précautions que s’il s’agissait d’opérer sur l’homme. Les instruments sont stérilisés, la gaze, la ouate, les fils à ligature et à suture sont stérilisés aussi. L’animal est nettoyé avec soin, l’opérateur et 1 aide se lavent les mains comme ils le feraient à l’hôpital.
D’après ce court exposé, on voit que, grâce à l’initiative de M. le Professeur Masse, l’enseignement de la médecine opératoire se fait à Bordeaux d’une façon réellement méthodique et mihutieuse.
Je ne sache pas que l’on puisse faire mieux ailleurs.
J’ajoute que, pour faciliter l’épreuve pratique du 3° examen de doctorat qui ne se passe qu’en Janvier, alors que les travaux pratiques de médecine opératoire prennent fin au mois dq Juillet précédent, nous avons institué une série supplémentaire de travaux pratiques au commencement du mois de Janvier.