IV. — Lutte contre le microbe
C’est enfin, en dernier lieu, la lutte tendant à la destruction du microbe, h son immobilisation et à l’exaltation des défenses propres de l’organisme.
A. Destruction du microbe. — Elle est ordinairement recherchée par des moyens chimiothérapiques locaux ou généraux. Et, malheureusement, presque toute l’histoire de la thérapeutique antituberculeuse de ces trente dernières années, depuis la créosote jusqu’à la sanocrysine, se résume dans les tentatives de destruction chimique du B. K. dans l’orga-
entre ces deux termes et l’état d’engraissement du sujet.
Un tuberculeux à glycémie normale et à cholestérinémie élevée en-
Un tuberculeux hyper- ou hypoglycémique modifie sa cholestérolémie et maigrit. D’où une conséquence pratique qui s’impose à notre esprit et qui est la suivante : pour suivre utilement l’évolution d’une tuberculose, il faut surveiller fréquemment le taux du sucre sanguin et modifier le régime hydrocarboné du sujet suivant le degré de la glycémie.
n est aussi regrettable de donner trop d’hydrates de carbone à un tuberculeux hyperglycémique que d’en donner trop peu à un hypoglycémique. D’où découle, à notre avis, la nécessité, pour régler utilement le régime alimentaire d’un tuberculeux, de suivre de près l’évolution de sa glycémie.
Nous trouvons, d’ailleurs, à l’appui de cette thèse, un argument clinique dans l’action de l’insuline chez les tuberculeux; action quelquefois
chez l’homme comme un hÿpersystolique à action rapide et durable. En effet, dans toutes les courbes de tension artérielle, nous constatons que la maxima augmente ordinairement ainsi que la minima et que l’amplitude de l’oscillation est toujours augmentée. Et ceci surtout avec les premières injections de choline. II semble, en effet, qu’il y ait un certain degré d’accoutumanoc et que, au cours du traitement, l’action hypersystolique de la choline devienne moins apparente.
Nous avons publié «) de nombreuses courbes de tension artérielle prises avec l’appareil de Pachon à la radiale chez nos malades, en nous plaçant autant que possible pour chacun d’eux dans les mêmes conditions digestives de repos, et de température extérieure. Chez tous nos malades, nous avons repris deux fois, à quelques minutes d’intervalle, la pression artérielle et nous n’avons compté comme valable que la seconde mensuration, pour éviter toute erreur tenant au réflexe normal suivant lequel la première mensuration de tension artérielle donne toujours une mesure trop
Elimination de la choline.
Nous avons recherché la choline après injection de 2 centigrammes de choline, dans tous les excreta liquides de l’organisme.
Nous avons employé le réactif de Krant et le réactif phospho-tüngsjiqne qui donne les résultats les plus nets. Accessoirement nous avons complété par la réaction de Stanek à l’aide du réactif iodo-ioduré, réaction qui, d’après Denigès, n’est pas spécifique de la choline, mais de la triméthylamine; mais ceci ne pouvait pas être un obstacle pour nous, car il n’existe pas normalement de triméthylamine dans les excreta liquides de l’organisme.
Nous avons recherché la choline dans les urines et dans la salive.
Nous avons d’ahord procédé h la vérification des réactifs avec plusieurs urines de malades non traités par la choline, et nous avons acquis ainsi la certitude que des urines normales, ou même albumineuses, ou chargées de sels minéraux, ne donnaient aucun précipité comparable, même de très loin, avec les réactions de la choline.
La présence de la choline, en effet, dans les urines ou dans la salive donne, avec le réactif de Krant, un magnifique précipité rouge orangé qu’on ne peut vraiment pas confondre avec le léger trouble jaune clair quelquefois rencontré avec certaines urinés. D’autre part, avec le réactif
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et rapidement par l’urine, très peu par la salive; mais, par contre, il semble bien qu'une partie importante de la choline injectée soit électivement fixée sur le point malade et éliminée avec les produits de désintégration des tissus pathologiques.
5“ Sang. — On peut trouver des traces de choline dans le sang total, à l’état normal, ou dans le sérum de sang hémolyse, mais on en retrouve beaucoup plus nettement dans le sang des malades traités par la choline.
Action du chlorhydrate de choline sur la glycémie et la cholestérolémie.
Nous avons pratiqué 21 dosages de ces deux substances dans le sang du cobaye, 23 dosages chez le chien avant et après l’injection de chlorhydrate de choline, certains de ces animaux ayant été expérimentalement tuherculisés.
De cette expérimentation, il faut retenir les éléments suivants :
L’injection de chlorhydrate de choline n’est pas douloureuse.
Elle ne paraît pas toxique, nous n’avons eu que deux fois des incidents chez le chien, en employant des doses considérables par rapport au poids et à la taille de l’animal. Il semble qu’il y ait là un phénomène de choc; mais ces accidents se sont très vite calmés; il semble que la choline soit détruite ou éliminée assez rapidement.
D’une façon générale, il semble que l’injection de choline ait augmenté régulièrement et de façon assez durable le taux de la cholestérine sanguine chez nos animaux, à l’exception d’un chien qui a présenté le phénomène inverse, sans que nous puissions nous expliquer pourquoi, les recherches ayant été faites à la même heure, avec les mêmes réactifs et le même éclairage.
Pour la glycémie, par contre, le cobaye et le chien semblent réagir en sens inverse; les cobayes ont tous présenté une diminution de la glycémie, et les chiens, au contraire, une augmentation du taux du sucre sanguin. C’est assez paradoxal et encore inexpliqué. L’homme réagit ordinairement par une augmentation de la glycémie. Chez l’homme, nous avons pratiqué nous-même, ou fait pratiquer par des chercheurs expérimentés (Pharmacie des hôpitaux), près de 200 dosages dans le sang humain (glycémie, cholestérolémie), soit avant, soit au cours, soit après traitement par le chlorhydrate de choline.
Les résultats obtenus permettent de vérifier l’exactitude de notre hypothèse émise au début de ce travail.
En effet, chez tous les malades qui présentaient une
tuberculose évolu-
tive, avec état général déBcient et sans tendance spontanée à l'amélioration, on trouve une chute importante de la cholestérolémie, paiiois aussi de la glycémie, en tout cas un déséquilibre évident entre ces deux termes qui témoigne d’un trouble humoral profond.
Et ceci contraste d’abord avec les quelques dosages concernant des malades non tuberculeux, dhez lesquels on trouve à peu près toujours une glycémie et une cholestérolémie normales.
Et ceci contraste encore plus avec les résultats obtenus après traitement par la choline, que nous avons reproduits avec nos observations cliniques <*), et qui montrent une élévation progressive et considérable du taux du cholestérol sanguin concordant avec l’amélioration clinique de nos malades et avec le retour à une glycémie normale.
Observations.
Nous possédons actuellement 38 observations de tuberculeux, la plupart dans un état grave au moment où le traitement a été commencé, et plusieurs d’entre eux tuberculeux pulmonaires avec expectoration bacil-
Sur ce nombre, nous pouvons compter 12 guérisons cliniques dont certaines remontent à plus de deux ans et se maintiennent, et autant d’améliorations inespérées, avec survie de plusieurs mois, aiors que ces malades étaient à peu près moribonds.
Nous résumons ici les plus démonstratives.
sévère. Cortico-pleuritc évolu-
Glycémie, 1 g. 71; Cholestérolémie, 0 g. 80.
Après traitement :
Glycémie, 1 g. 20; Cholestérolémie, 0 g. 80.
Un an après, guérison :
Glycémie, 1 g. 20; Cholestérolémie, 1 g. 03
P... (Marie). Ostéo-arthrite bacillaire sterno-claviculaire; volumineux abcfes
Glycémie, 1 g. 69;
Cholestérolémie, 1 g. 50.
Au cours de traitement :
Glycémie, 1 g. 05;
Cholestérolémie, 1 g. 65.
Guémon. Fistulisation spontanée et cicatrisation en 20 jours (V. photos). Gain de 10 kilos en quatre mois.
Guérison maintenue deux ans après.
M. L..., étudiant en médecine. Adénopathies tuberculeuses multiples. Bacillose pulmonaire (Poumon droit).
Glycémie, 1 g. 38;
Cholestérolémie, 0 g. 82.
Après traitement :
Glycémie, 1 g. 45;
Cholestérolémie, 1 g. 60.
Fistulisation et cicatrisation rapide des adénopathies (V. photos).
Gain pondéral de 10 kilos en quelques mois. Reprise de la vie normale d’étudiant. Disparition des phénomènes pulmonaires. (V. radios).
Guérison clinique maintenue au bout d’un an, avec une vie de travail dans les hôpitaux. Ce malade fait en ce moment même une petite poussée congestive périhilaire qui ne paraît présenter aucun caractère de gravité.
M. Bouc... Tuberculose pulmonaire; pneumothorax partiel spontané; cachexie.
Glycémie, 1 g. 53;
Cholestérolémie, 1 g. 40;
Après Traitement :
Glycémie, 1 g. 50;
Cholestérolémie, 1 g. 50.
Gain pondéral de 12 kilos. (V. photos). Reprise de la vie normale définitive malgré un travail normal.
Guérison maintenue dix-huit mois plus tard.
e. Apyr
bilatérale. Tcmpéra-
Der... (Jean). Tuberculose pulmonaire évolutive gra\ ture vespérale à 38 degrés.
Traitement par la choline. Régularisation de la température. Gain pondéral de 8 kilos en trois mois. Suppression à peu près complète de la toux et des crachats.
Guérison clinique,' obtenue avec seulement trente jours de cure sanatoriale; le reste du traitement fut ambulatoire.
Le malade mène une vie normale au Maroc. (V. photos et radios).
èlme B... (Fr.), 32 ans. Pleuro-péritonite tuberculeuse grave; état cachectique :
Glycémie, 1 g. 20;
Cholestérolémie, 1 g. 40.
Après Traitement :
Glycémie, 1 gr. 30;
Cholestérolémie, 1 g. 82.
Guérison. — Gain pondéral de 8 kilos. Appétit insatiable; transit digestif normal. Ventre absolument souple et indolore. Règles normales. Apyrexie ab-
(Observation publiée in extenso in Bulletin général de thérapeutique.)
Nous publions ci-après les photographies de plusieurs de nos malades avant et après 'le traitement par la choline.
Nous avons encore en traitement de nombreux malades d’observation trop récente pour être publiés.
Cependant, nous tenons à signaler un cas de pneumonie caséeuse, absolument désespéré, chez une adolescente de 16 ans. Au bout d’un mois de traitement, cette malade est apyrétique, se lève six à huit heures par jour, mange avec un appétit considérable.et a déjà gagné plusieurs kilos. Son observation sera publiée ultérieurement.
viscérale, même avancée.
Il est clair que les malades bénéficieront d'autant plus dn traitement qu’il sera appliqué plus précocement. Il en est de la cholîne comme de toute autre médication. Mais même dans les tuberculoses pulmonaires à la dernière période (comme dans plnsieurs de nos observations), il est indiqué de l'employer; oii obtient, eh règle générale, une survie inattendue et une sensation subjective d’euphorie de la part du malade qui permet de reculer l’échéance d’administration de la morphine.
Dans les cas traités plus précocement, alors qne toutes les ressources défensives de l’organisme ne sont pas épuisées, on assiste à des guérisons
Nous savons, certes, qu’il y a des cas de guérison de la tuberculose par d’autres méthodes, et même des isolés de guérison spontanée. Mais ce qu’il y a de frappant dans la nôtre, c’est la rapidité avec laquelle s’obtient l’amélioration, ce qui, dans deux cas au moins, nous a permis de
soient l’état et l’âge du sujet. L’abcès froid de Marie P..., 28 ans, s’est cicatrisé en vingt jours, et les abcès froids d’Arthur G..., 60 ans, fistulisés depuis quatre ou cinq mois, se sont cicatrisés en dix-huit jours. -J
De même les adénopathies bacillaires et les plaies tuberculeuses sont ’ rapidement améliorées et même guéries par ce traitement. , j
3” Enfin, un point capital st le suivant : c’est un traitement sans aucun danger aux doses que nous avons indiquées. On peut l’employer chez tous les malades, même chez les hémoptoïques, dont les hémorragies ne ! s’aggravent pas. '
Nous avons donc l’espoir d’avoir doté l’arsenal thérapeutique antituberculeux d un médicament utile, inofiensif, et qui, employé concurremment avec d’autres méthodes, paraît donner des résultats un peu |