‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 22 sur 33 · EXPOSE ANALYTIQUE DES TRAVAUX PUBLIES · texte numérisé non relu

EXPOSE ANALYTIQUE DES TRAVAUX PUBLIES

A. — EXTÊniEUn DU CHEVAL.

De l'extérieur du citeval (16, 48 et 85) (1).

(1 voI.in-8”, de 99G pages, avec 346 figures et 34 planches intercalées dans le

L’expression ^'extérieur me parait n’avoir été employée par les hippologues que depuis la fin du siècle dernier, en 1768, six ans après la fondation des Écoles vétérinaires. Elle s’applique à un cours qui a pour objet l’étude raisonnée du cheval sous le rapport des aptitudes mécaniques que révèlent la conformation et le caractère de cet animal, et pour but de permettre de le choisir ou de l’apprécier en vue d’un service déterminé.

On comprend par cela même la très grande importance pratique de cette branche des études vétérinaires, branche à laquelle je me suis consacré d’une façon toute spéciale depuis que j’ai reçu mission de l’enseigner à l’École d’Alfort.

Mes travaux sur ce point ont été consignés pour la plupart dans l’ouvrage indiqué ci-dessus,,aujourd’hui classique, que j’ai publié en collaboration avec mon regretté maître Armand Goubaux, et dont une première édition a paru en 1884. En l’écrivant, nous nous sommes elîorcés, A l’exemple de Richard (du Cantal), de Lecoq, de

(1) Les chiffres italiques, mis entre parenthèses, correspondent aux numéros de l'Index chronologique et permettent de compléter les renseignements phiques sommaires qui sont tournis ici.

Vallon, etc., de faire sortir rhippomécanique de la voie trop empirique, trop théorique, où l’avaient enji;agée les « hommes de cheval » et aussi beaucoup d’hippologues, nos devanciers. La tùohe était ardue, à cause du nombre considérable d’erreurs d’observation et d’interprétation, de préjugés, consacrés par des sportsmen de haute notoriété, et qu’il a fallu combattre; elle avait son utilité au moment où le goût du cheval pénétrait de plus en plus dans les masses, et où ce moteur augmentait d’importance dans l'armée, l'agriculture, le commerce et l’industrie, malgré le développement croissant de la traction mécanique. Notre livre a montré que la science avait un large champ ù exploiter dans les questions dites « hippiques » ; il en a inspiré d'autres qui s’en sont très fortement imprégnés. Nous y avons réparti les matières de la façon suivante :

Après des généralités qui rappellent des principes de mécanique animale, indispensables ù connaître pour aborder l’extérieur, nous procédons ù l’étude analytique des régions, c’est-à-dire des parties du corps qui jouent ün rôle mécanique ou lonctionnel et dont on peut apprécier les beautés ou les défectuosités par l’examen de l’animal vivant. Pour chacune d’elles, nous indiquons : sa situation, ses limites, ses bases anatomiques, ses particularités de forme, les conditions qui la font bien ou mal adaptée ù son rôle, ses maladies et

Le chapitre qui traite des proportions met en évidence les relations que doivent entretenir les diverses régions dans l’appui qu’elles se prêtent pour la production la plus avantageuse de la force ou de la vitesse. 11 intéresse au moins autant l’artiste soucieux de donner à ses œuvres l’exactitude de l’imitation, que celui qui veut arriver promptement à se former le coup d’œil et le jugement. Rapports de dimensions entre les parties, rapports angulaires des rayons locomoteurs, rapports généraux de l’ensemble, rapports de l’ensemble avec le système nerveux, conditions mécaniques et morphologiques des diverses sortes de moteurs, etc., sont autant de questions que la méthode scientifique a fécondées et commencé à sortir de l’empirisme grossier où elies demeuraient obscures et confuses.

L’examen du moteur à l’état statique conduit naturellement à celui du moteur en mouvement. Dans la section consacrée à la locomotion, nous étudions d’abord les' altitudes et les mouvements sur place, tels que le cabrer et la ruade ; puis les allures, en général et en particulier, et leurs défectuosités. Cette étude est d’un grand intérêt pratique, en ce qu’elle permet d’apprécier la force que l’animal dépense, la vitesse qu’il déploie et la régularité dont il fait preuve ; l’équitation en tire des principes rationnels pour le dressage ; l’art en recueille de précieux documents pour la représentation fidèle des attitudes, des mouvements; l’bomme de cheval apprend à connaître les beautés, les défectuosités do ceux-ci ; le vétérinaire, enfin, par la science approfondie du mécanisme de la locomotion, de ses irrégularités, de ses déviations morbides, éclaire son diagnostic et peut en déduire d’importantes indications thérapeutiques.

Il est d’intérêt capital pour celui qui veut produire le cheval, l’élever, le préparer pour la vente, en exploiter les forces, de savoir exactement dans quelle mesure l’animal se rapproche ou s’éloigne de la période de la vie où il acquiert sa plus grande valeur. D’où la nécessité d’établir les bases d’une détermination précise des caractères de l’ttpe. Or, de tous les organes qui reçoivent et conservent avec le plus de fidélité les marques du temps, les dents sont, sans contredit, ceux qui les enregistrent pour ainsi dire en traits ineffaçables. Aussi est-ce par la description minutieuse de l’appareil dentaire que nous abordons l’étude de l’âge, pour en déduire les caractères sur lesquels sa détermination est basée ; nous la clôturons par l’indication des irrégularités dentaires, dont la connaissance permet d’éviter des erreurs graves d’interprétation.

Les notions que le vétérinaire doit posséder pour arriver à signaler un cheval, c’est-à-dire à le distinguer de ses pareils, impliquent la description des robes et de leurs particularités, des procédés employés pour mesurer la taille, enfin l’indication des règles à suivre pour confectionner la pièce connue sous le nom de signalement.

Sous le rapport des aptitudes ou des services, nous envisageons les exigences spéciales du luxe, de l’armée, du commerce, de l’industrie

et de l’agriculture, sans perdre de vue celles qui ont trait ii la production. En conséquence, nous répartissons les chevaux en quatre catégories : ceux de course, ceux de luxe, ceux de guerre, ceux à’industrie et commerce. Selon sa catégorie, le cheval est constamment utilisé en mode de masse ou de vitesse, plus rarement comme moteur mixte. Toutes choses égales, c’est sa taille et son ampleur qui doivent avant tout constituer les éléments prépondérants d’appréciation pour le classer dans tel ou tel groupe, parce que ces éléments, liés au volume et à l'élévation des véhicules, sont en corrélation directe avec l’étendue ou l’intensité de la contraction innaenlaire. la grandeur ou la puissance de l’effort à produire. Nous exposons ensuite, dans ce chapitre, mais à litre de considérations secondaires, l’examen de sa conformation, de sa finesse, de scs allures, de son origine et, s’il y a lieu, de ses performances, de son dressage, de son entraînement, de sa robe, de son prix, etc.

L’exposé des connaissances qui précèdent n'est pas encore suffisant. 11 se peut, en effet, que le cheval ait des formes irréprochables, de superbes actions, de l’énergie, de l’ardeur, et qu’il manque, par ailleurs, des qualités morales voulues pour utiliser, au profit de celui qui s’en sert, tous les avantages que lui confère la perfection de son mécanisme. .Mal doué de ce côté, il dépense ses forces en pure perte sous l’influence des mauvaises habitudes contractées; ou bien il est nuisible, dangereux, inexploitable, par ses vices, ce qui est beaucoup plus grave. L’examen des imperfections morales, légères ou graves, s’imposait donc comme le complément indispensable des sections précédentes. — Dans un premier chapitre, nous traitons desfo ou des habitudes vicieuses ; dans un second, des vices proprement dits; dans un troisième, enfin, de l’état de la législation et des mesures de police applicables aux chevaux vicieux. Nous avons tenu h résoudre, â ce propos, cette importante question : un cheval vicieux étant donné, comment peut-on le reconnaître, le vendre, l’acheter ou l’employer, et quelles responsabilités entraîne-t-il pour celui qui s’en sert sur la voie publique’?

La dernière section du livre — le cheval en vente — comporte de

précieux renseignements et conseils sur la ligne de conduite à suivre au moment de la mise en vente : lieux d’achat et de vente des chevaux; mode d’examen, notation et choix du cheval; chevaux appareillés et à deux fins; nature et conditions de la vente; échange, louage et prêt, tels sont les points que nous nous sommes attachés à mettre en lumière.

D’un bout à l’autre de l'ouvrage, nous avons visé à exposer l’état de la science aussi bien qu’à faire œuvre originale, non seulement dans la méthode adoptée, mais surtout par l’apport de nombreux documents personnels recueillis au cours des recherches do contrôle que nous a suggérées la tâche à accomplir.

Du sang », en extérieur (25).

(En collaboration avec Arm. Goubaux.)

Dans cette étude, nous avons cherché à donner la traduction anatomo-physiologique de la conception purement métaphysique du motifltiÿ, que nos devanciers considéraient encore comme exprimant une force occulte, d’essence immatérielle, isolée et indépendante du corps qui en gouvernerait la puissance mécanique et les énergies propres. Nous avons contribué à montrer que le sang, en extérieur, n’est autre chose que le pouvoir excito-moteur, dont l’intensité varie dans une si large mesure selon le coefficient personnel des races ou des individus ; — que cette faculté est en rapport avec les qualités des surfaces sensibles, des centres nerveux et des organes réactionnels (muscles) ; — comment elle peut s’acquérir et se transmettre; —- comment on peut en apprécier le degré dans la famille ou dans l’individu, et par quels traits particuliers elle se traduit sur la conformation et sur le caractère du cheval.

Du fond, en extérieur {29).

(En collaboration avec Arm. Gaubaux.)

Les annales hippiques abondent en exemples dans lesquels il esl question des prouesses accomplies par certains chevaux.

C’est à ces tours de force qu'on a donné le nom de performances. Celles-ci sont le résultat des belles proportions et des qualités du mécanisme, de la juste pondération qui existe entre le système nerveux (le sang) et les autres éléments (le gros) ; le cheval qui est capable de résister pareillement à la fatigue est dit avoir «du fond». Nous énumérons d’abord les exemples fameux de cette résistance pour des sujets utilisés au pas, au trot, au galop, et nous montrons que, si merveilleux que soient ces exploits, ils n’égalent pas encore ceux que l’homme, coureur de profession, a déjà accomplis. — Ensuite, nous étudions, non plus un cheval isolé, mais une collectivité agissant comme individualité mécanique, en recherchant les conditions d’utilisation les moins défavorables à la production de la fatigue, par suite les plus avantageuses pour l’exploitation la plus économique de la masse. Ce point de vue particulier trouve son application immédiate dans la question de savoir comment il faut user d’une troupe de cavalerie en campagne pour obtenir la plus grande somme possible d’efforts delà partdes sujets qui la composent. — Enfin, nous envisageons le fond comme aptitude innée, acquise ou perdue, en faisant ressortir que, par le défaut d’exercice, par le manque de soins particuliers, par une hygiène mal entendue, les animaux, comme l’homme, s’amollissent, les tissus perdent leurs propriétés, les articulations leur souplesse, les nerfs leur excitabilité, les muscles leur vigueur, la poitrine son haleine, à la façon de ces objets d’art qu'on laisse s’altérer ou de ces monuments qu’on ne prend pas soin de préserver contre les injures du temps.

Remarquable exemple de fond chez un cheval de service (S8),

Il s’agit d’une jument hongroise (la Mascotte), de onze ans, mesurant t”,52, qui accomplit sous un cavalier le parcours de 160 kilomètres en dix-sept heures, sans entrainement spécial préalable et sans fatigue apparente à l’arrivée, prenant le pas aux montées et repariani au trot immédiatement après.

De la soi-disant déformation du cheval de selle par l'emploi d'étalons trotteurs de grande vitesse (120).

Un hippologue, se faisant l’écho des critiques dirigées contre les courses au trot par les partisans exclusifs des courses au galop, a prétendu que les premières avaient pour résultat de déformer le modèle du cheval de selle, de chasse ou de guerre, et a voulu étayer sonopinion sur des considérations d’anatomie et de physiologie que j’ai vivement combattues, à l’aide de documents positifs recueillis par des observations personnelles, des mensurations ou des photographies instantanées

Page 1