K. — ENSEIGNEMENT
Sur l'enseignement de la médecine bovine et de l'obstétrique dans les Écoles vétérinaires, [SS).
Depuis longtemps le corps professionnel réclamait la création d’une chaire nouvelle affectée à l’enseignement de la médecine bovine et de l’obstétrique dans les Écoles vétérinaires. — Je tiens à honneur de déclarer que j’ai été l’un des plus chauds et des plus actifs partisans de cette amélioration, non point que cet enseignement ne fàt alors compris dans'le programme des études, mais simplement parce qu’il y avait grand intérêt à le spécialiser pour soulager les chaires de médecine auxquelles il incombait, et le mettre en rapport
avec les besoins de la pratique vétérinaire. — Saisie par moi de la question, \&Société de médecine vétérinaire pratiquer adopté, à l’unanimité de ses membres, le vœu suivant que je lui proposais d’émettre : ce Afln de donner plus d’extension à l’enseignement de la pathologie bovine, ovine et porcine, ainsi que de l’obstétrique dans les Écoles vétérinaires, il y a lieu de créer une chaire spéciale suffisamment dotée dans ces établissements. » — En même temps, cette Société me chargeait de faire en son nom les démarches nécessaires auprès des membres du Parlement à l’effet d’obtenir une prompte réalisation de ce vœu. — On me pardonnera de dire ici que je n’ai pas été étranger à la suite favorable qui lui a été donnée.
Les réformes de Venseignement vétérinaire en France (97).
Vers 1891, le Conseil de perfectionnement des Écoles vétérinaires votait la substitution du régime de l’externat à celui de l’internat, et le ministre de l’agriculture, ratifiant ce vote, décidait la mise en application du nouveau régime. —Cerne fut l’occasion d’examiner dans la presse professionnelle les grandes réformes que l’enseignement vétérinaire devait subir pour lui permettre do faire dos élèves meilleurs, plus aptes aussi à soutenir ultérieurement la lutte contre l’empirisme, cette plaie dont souffrent depuis si longtemps nos populations rurales. En une série d’articles remarqués, j’ai exposé mes desiderata personnels, dont beaucoup sont réalisés aujourd’hui. — Je réclame une nouvelle répartition des matières d’enseignement pendant les deux premières années, la création de professeurs adjoints dans toutes les chaires, del’adjuvat et du prosectorat d’anatomie, de chefs de cliniques et d’internes, en vue de déplacer l’enseignement de l’amphithéâtre pour le disperser davantage parmi les élèves; je demande qu’on cultive mieux l’obstétrique, la médecine bovine et celle des petits animaux, l’anatomie chirurgicale, l’histologie, l’anatomie pâthologique ; qu’on exerce méthodiquement les étudiants â latechnique des autopsies ; qu’on spécialise la clinique médicale et la chirurgicale ; qu’on supprime les exercices de forge, stériles, fatigants et
coûteux; qu’on soulage les professeurs de médecine, de chirurgie et d’anatomie : t" par la création d’une chaire d’obstétrique et de pathologie bovine ; 2“ par celle d’une autre d’histologie normale, d’anatomie pathologique et d’autopsies ; — je montre la nécessité de rompre de vieilles attaches, de contracter de nouvelles alliances, d’employer le temps des études à la culture des notions pratiquement utilisables, de consentir au sacrifice des autres ; — j’établis, enfin, que ce qui manque surtout dans les Écoles vétérinaires françaises, pour les placer à la hauteur des Écoles allemandes, c’est plutôt le personnel que les moyens d’étude. Et je conclus en sollicitant l’administration supérieure de consentir à la création de deux chaires nouvelles, création qui, sans augmenter le nombre des matières, permettra de donner un peu plus d’extension à celles qu’on négligeait, de les enseigner avec plus de compétence et de développer les travaux pratiques correspondants. — En terminant, et dans cet ordre d’idées, je propose trois solutions : une première comportant seulement une chaire supplémentaires (pathologie et clinique des animaux autres que les équidés — obstétrique) ; une deuxième comportant deux chaires, supplémentaires (la précédente, plus une chaire d’histologie normale et d’anatomie pathologique); une dernière enfin, comportant trois chaires supplémentaires (les deux précédentes, plus une chaire de thérapeutique et de matière médicale). — Un an plus tard, le Parlement votait les crédits nécessaires à la première de ces combinaisons ; six ans après, il réalisait la deuxième ; un jour viendra où il consentira à la troisième.
Contre le démembrement du Cours d'extérieur dans les Écoles vétérinaires [78).
La Commission d’enseignement du Conseil de perfeclionnement des Écoles vétérinaires., chargée en 1889 de procéder à la révision générale des programmes, émit le vœu que les matières du cours d’extérieur fussent désormais réparties entre les quatre chaires (anatomie, physiologie, zootechnie et pathologie) qui, respectivement, pouvaient les enseigner avec le plus de compétence. — Je me suis élevé avec
la dernière énergie contre ce démembrement ; j’ai soutenu la néces^ sité de conserver à cet enseignement son unité, de le soustraire au caprice d’une quadruple direction, de le confier à l’expérience d’un spécialiste, pour le sauver des incertitudes, des contradictions et, peut-être aussi, de l’incompétence des autres spécialités. — A mon avis, enfouir les parties démembrées de l’extérieur parmi les sujets complexes, déjà, trop abondants, de quatre chaires différentes, c’était ne plus fixer l’attention de l’élève sur les rapports de parenté qui relient ces parties et les groupent en un ensemble défini répondant à un but également défini. L’anatomie apportait au cours en question un certain nombre de notions relatives à la construction architecturale du corps ; la physiologie lui fournissait celles dont il avait besoin pour expliquer le jeu du mécanisme et en saisir les adaptations ; quant à la pathologie, elle y aj ou tait celles qui permettaient à l’élève de découvrir dans ce mécanisme quelques-unes des altérations qui le déparent, gênent ou empêchentson utilisation économique. Bien quece contingentprovîntde trois sources distinctes, il formait un tout parfaitement net à la condition que le professeur n’en perdit pas un instant de vue le point de départ, la raison d’être première; chaque partie y trouvait sa place naturelle et y commandait celle des autres. — Démembrer un cours alors qu’aucun des besoins qui le motivaient n’avait disparu, c’était porter atteinte à la spécialisation dont il était l’expression et dont l’expérience avait établi la nécessité. Sous prétexte de logique, et pour tenter un groupement soi-disant plus rationnel, plus méthodique, on ne s’apercevait pas qu’on ne réalisait que le simulacre d’une amélioration, qu’on transposait le mal sans le guérir. — J’ai cherché à montrer qu’on allait à l’encontre du progrès espéré, que la mesure amoindrirait l’enseignement de l’extérieur au lieu de le perfectionner, de le développer, comme on en avait l’intention, et qu’en cela elle pouvait avoir de graves conséquences dans l’avenir. — Le Conseil de perfectionnement n’a pas cru devoir se ranger à ces arguments ; seule la mise en pratique du nouveau système m’a donné raison.
Le régime de l'externat dans les Écoles vétérinaires (lOB).
Après avoir été voté en \ 888, 1889 et 1892, par le Conseil deperfeetionnement des Écoles vétérinaires, les adversaires de ce régime avaient réussi à le faire ajourner à nouveau jusqu’en 1894.
Désireuse de poursuivre sa propagande, la majorité irréductible de mes collègues m’a chargé de consigner dans un rapport les raisons de divers ordres qui lui faisaient réclamer si vivement sa mise en pratique è Alfort. Voici les conclusions de ce travail ; le régime de l’externat parait plus avantageux : a) pour Vélève, dont il changera l’esprit et auquel il donnera le travail libre ainsi qu’une vie plus en •rapport avec ses besoins ; b) pour les études, qui seront plus fortes en s’adressant plus au jugement qu’à la mémoire, plus fructueuses aussi en laissant l’intelligence libre de choisir le moment où elle se sent le mieux disposée pour agir efficacement ; r) pour \enseignement, qui pourra obtenir enfin quelques-unes des améliorations depuis si longtemps attendues et qui, déchargé de la discipline, aura le loisir de se consacrer exclusivement à un rôle éducateur; d) pour \Ètat, dont les charges seront allégées et qui, sans augmentation sensible de dépense, aura les moyens d’accorder aux Écoles une organisation plus en rapport avec les progrès accomplis ; e) pour la profession vétérinaire, qui, gagnant en 'savoir et en considération, soutiendra mieux la lutte contre l’expérience, et dont l’existence sera moins précaire, parce qu’elle pourra recruter ses membres dans une couche sociale plus aisée ; /) pour la société enfin, qui a tout intérêt à posséder des vétérinaires aussi capables que possible au point de vue de la conservation et de l’amélioration du cheptel national.
La crainte de compromettre le recrutement des Écoles comme d’en rendre l’accès trop difficile aux fils des vétérinaires actuels à encore tait ajourner la suppression de l’internat jusqu’à une époque indéterminée.
Ce travail a fait de ma part l’objet d’un rapport volumineux et détaillé à M. le ministre de l’agriculture à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900. J’y expose par périodes les phases successives qu’a traversées l’établissement, depuis sa création en 1765. Dans les notices relatives à, chaque chaire, j’indique le programme sommaire des cours, le nombre de leçons consacrées à chacun d’eux, les procédés employés par les professeurs dans leurs démonstrations théoriques et pratiques, les allocations budgétaires qui leur sont attribuées, enfin les caractères principaux des travaux et des objets qu’ils ont cru devoir exposer. Je m’applique surtout à faire ressortir les tendances essentiellement expérimentales et pratiques de l’enseignement vétérinaire moderne, à montrer qu’il se restreint le plus possible aux faits positifs, rigoureusement démontrés de la science; qu’il s’attache à rester manuel et visuel, à exercer la dextérité, les sens, autant qu’à développer le tact médical et le jugement des élëves.
De ïutiUté des moulages coloriés dans l’enseignement théorique et pratique de l'anatomie normale, pathologique et chirurgicale, de la tératologie et de l’embryogénie [130).
Dans cette communication, j ’ai voulu montrer toutes les ressources que l’enseignement descriptif pouvait tirer de l’emploi du moulage colorié. Ce n’est que depuis une quinzaine d’années que les Écoles vétérinaires françaises ont mis à profit ce moyen de démonstration à côté de la pièce naturelle, comme documentcomplémentaire, comme modèle destiné à guider l’élève dans ses travaux pratiques, ou comme mémento appelé à lui remémorer des détails qu’il a vus auparavant sur le cadavre. Le moulage a, en effet, sur la pièce naturelle, le grand avantage de pouvoir conserver presque indéfiniment, par suite de son inaltérabilité, le volume, la forme, les rapports, et surtout la
couleur des orgaues. On peut le faire assez léger pour le rendre maniable au cours, le placer, par exemple, en position verticale, ce qui est impossible avec la pièce fraîche qui se lient mal, se déforme et qu’on ne voit pas convenablement à distance lorsqu’elle est étalée sur une table. En moulant successivement les détails d’une préparation, d’après l’ordre de leur superposition, on parvient à, en montrer les couches multiples en autant de tableaux définitifs qui permettent au professeur d’augmenter à profusion ses moyens de démonstration dans des conditions matériellement irréalisables, même avec un nombreux personnel auxiliaire, lorsque les sujets de dissection sont rares ou coûteux. Ce qui rend encore le moulage particulièrement précieux, c’est qu’il permet de conserver l’aspect extérieur d’une pièce rare que la dissection est obligée de détruire et qui, sans elle, serait dépourvue d’intérêt.