I. — VARIA
Il s’agit ici d’une querelle dans laquelle j’ai cru devoir prendre parti en faveur de l’administration des Haras. Celle des Remontes, sa rivale, lui reprochait de ne point assurer assez largement les besoins de l’armée en cas de mobilisation, la qualité des chevaux dits de réquisition laissant absolument à désirer; de ne point se préoccuper avant tout de la production du cheval de guerre ; enfin de se dérober à ce devoir, en cessant sur plusieurs régions l’élevage local en vue de l’armée pour s’y livrer de préférence è la production du cheval
de trait.Avant de discuter ces points, j’ai tenu à définir au juste
le type de moteur réclamé par les Remontes ; puis j’ai montré que ce type, l’élevage le fournirait certainement si l’armée consentait à le payer un prix rémunérateur. — J’ai combattu ensuite cette idée fausse que le modèle du cheval de guerre est susceptible de satisfaire à tous les services de l’agriculture, de l’industrie, du luxe, et qu’on peut le faire à volonté sur tous les points du territoire ; croire le
contraire, c’est vraiment trop oublier que l’élevage est dominé en chaque lieu par les ressources du sol, l’état de l’agriculture, en un mot, par les conditions économiques locales et générales. C’était là, pour les Haras, l’erreur du passé; rentrer dans cette voie serait compromettre l’avenir de nos belles races de trait, part importante de notre richesse nationale. — En ce qui concerne la prétendue insuffisance des chevaux de réquisition ou de remplacement, j ai opposé les statistiques officielles et les appréciations contraires des commissions de classement de la guerre, .lusqu’à plus ample informé, on peut douter que le travail de ces commissions soit inexact. Certes, les animaux acceptés par elles ne sauraient être comparables à ceux de l’armée ; mais, en temps de guerre, quand une cavalerie a été décimée, il est exagéré de soutenir qu’on se trouve dans l’impossibilité d’utiliser les chevaux de réquisition, sous prétexte qu’ils sont moins maniables et moins rapides. En admettant — nul ne le sait — que l’ennemi en ait une meilleure et toute prête, l’ouverture de la frontière serait capable de fournir une quantité suffisante de chevaux de selle, de cinq à six ans, en état d’entrer en ligne. —J’ai fait auprès de tous les membres du Parlement une très active propagande pour le maintien du statu quo, afin de laisser à chacune des deux administrations en cause les attributions qui lui incombent de par la loi et les règlements administratifs ; les Remontes ne sont pas plus fondées à s’emparer des Haras, c’est-à-dire de la production chevaline générale de la b rance, que ceux-ci ne le seraient de vouloir choisir, acheter les chevaux de guerre ; les deux organismes ont leur utilité ; ils doivent s’entr’aider, non se combattre. Ainsi en ont pensé également le Gouvernement et les Chambres.
Les revendications des vétérinaires militaires (101).
Sur les instances pressantes de plusieurs de mes confrères militaires, j’ai, depuis 1893, vivement appuyé leurs revendications. On compreudia la légitimité de mon intervention, quand on saura qu’à l’époque où je suis entré en campagne, ils n’atteignaient le grade de
capitaine qu’entre trente-huit et quarante-quatre ans; qu’un nombre infime d’entre eux pouvait arriver au quatrième galon ; qu’enfin leur cadre n’offrait qu’un officier supérieur pour 38 subalternes, ce qui correspond à une proposition de 2,50 p. iOO de hauts grades, alors que cette proportion s’élevait à 3,20 pour lesgardes d’artillerie, à 4 pour les officiers d’administration, à 17,10 pour ceux de la gendarmerie, à 30,80 pour les médecins et tes pharmaciens I —En prenant la défense des vétérinaires militaires, j’ai incontestablement servi les intérêts bien compris de l’armée, car la situation inéquitable qui leur était faite avait fini par abaisser la valeur de leur recrutement et provoqué de leur part un mouvement démissionnaire important. .Mes efforts ont contribué, dans une certaine mesure, ii leur faire donner de premières satisfactions, comme k leur préparer la réalisation de celles qu’ils sont actuellement encore k la veille d’obtenir.
J)ivers (130).
Depuis 1870, j’ai publié dans divers journaux professionnels, notamment dans les Archives vétérinaires et le Recueil de médecine vétérinaire, des chroniques, des articles d’actualité, des revues critiques, des analyses bibliographiques, des comptes rendus de sociétés savantes, des congrès, des nouvelles, etc., qui témoignent de la part importante que j’ai prise aux choses de la médecine des animaux et aux progrès de l’enseignement.
Je ne cite que pour mémoire les rapports que j’ai présentésà laSoriéW centrale de médecine vétérinaire, ainsi qu’au Conseildeperfectionnement des Écoles vétérinaires, à la Société de médecine vétérinaire pratique et aux diverses Commissions administratives dont j’ai fait partie.
Enfin, pendant les sept années que j’ai passées au Conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, j’ai déposé près de 200 rapports qui ont solutionné maintes affaires spéciales relatives aux établissements classés.