‹ Titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 3 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’orientation générale de mes recherches scientifiques a été sans cesse guidée par deux idées directrices : l’une physio-pathologique, l’autre anatomo-clinique. • Je les dois toutes deux à François-Franck, à Darier, à Dejerine, à Pierre Marie, qui furent mes maîtres, et qui m’ont appris à connaître les ressources de la médecine expérimentale, et la nécessité de la méthode dans l’interprétation des faits d’observation.

Dès le début de ma carrière scientifique, je fus pénétré de cette notion que l’Anatoipie pathologique ne devait pas rester une science de morphologie pure; branché de la Pathologie et partant de la Biologie générale, elle relève des mêmes méthodes d’exploration, des mêmes procédés d’investigation. On ne saurait donc plus, suivant une doctrine encore en usage dans les pays soumis à l’influence germanique, considérer l’Anatomie pathologique comme l’expression d’une étude statique de l’organe malade « en soi ». A cette conception désuète, à laquelle d’ailleurs les critiques n’ont pas manqué, mieux vaut opposer celle de l’Anatomoclinique, essentiellement dynamique, qui a guidé, depuis un siècle, l’évolution de la science, médicale française. Les travaux que je résume dans cet exposé, portent tous l’empreinte de cette conviction.

C’est par la Neurologie que je suis venu à l’anatomie pathologique. Dans cette branche de la pathologie en effet, l’intensité des troubles fonctionnels présente un rapport presque constant avec le degré des lésions qui les provoquent et plus qu’en toute autre, l’anatomie pathologique est l’indispensable corollaire de la clinique.

Puis, au cours de mes travaux sur les Glandes endocrines , j’ai cherché à affirmer la liaison entre l’anatomie et la physiologie pathologique, en unissant

constamment l’expérimentation à l’étude clinique et histologique. Depuis près de vingt ans, je me suis attaché à l’étude des problèmes complexes posés par la physiologie normale ou pathologique de certaines glandes endocrines, tels que les syndromes thyroïdiens ou hypophysaires. J’ai pu ainsi contribuer, avep Jean Clunet, à établir le substratum anatomique de la maladie de Basedow, et j’ai montré, avec Jean Camus, la part qui revient à l’altération de certains centres nerveux, comme le tuber cinereum, dans les troubles attribués jusqu’alors à une lésion hypo-

Enfin depuis la guerre, Cancer, en utilisant les :

Villejuif, dont j’ai obtenu

j’ai plus spécialement consacré mes efforts à ressources du Centre départemental ai la création en 1921. Je me suis efforcé ainsi d’apporter

L’étude du Problème du cancer est devenu en effet, un vaste champ d’investigations où les méthodes les plus perfectionnées de l’embryologie, de l’histophysiologie, de la chimie physique, concourent à 'la recherché des causes multiples qui peuvent troubler le fonctionnement normal des éléments cellulaires.

En résumé, c’est à l’Anatomie pathologique considérée comme branche de la Biologie générale, et contrôlée constamment par la méthode expérimentale que j’ai consacré la presque totalité de mes travaux, en restant toujours pénétré de cette notion essentielle qu’en Pathologie, comme en Biologie, l’étude de la « forme » ne saurait être séparée de celle de la « fonction ».

Page 1