V. - PÉRITOINE ET ABDOMEN
1. — La cavité abdominale au point de vue chirurgical. — L’infection générale de la cavité abdominale présente une gravité exceptionnelle résultant de l’étendue même de la séreuse péritonéale et de sa forme irrégulière Cjui fait que les liquides épanchés y stagnent facilement, ce qui facilite les pullulations microbiennes. Son infection est d’autant plus facile qu’elle contient des organes creux dont le contenu septique peut s’épancher dans la séreuse à la suite de l’ouverture spontanée, accidentelle ou chirurgicale de ces organes; elle peut même se produire sans que ces organes soient ouverts par suite de transsudation de produits septiques à travers leur paroi altérée.
Heureusement certaines conditions facilitent l’action du chirurgien : 1“ L’existence d’une pression intra-abdominale positive qui fait que tes liquides contenus dans la cavité abdominale ont une tendance naturelle à en sortir ; 2“ Le lait que le péritoine possède des propriétés de défense très développées, beaucoup plus grandes que le tissu cellulaire ; 3*» La facilité et la rapidité avec laquelle se forment des adhérences qui limitent les processus infectieux, ce processus de limitation par adhérences se trouvant encore facilité par certaines dispositions anatomiques qui cloisonnent normalement la cavité, telle la cloison horizontale formée par le côlon transverse avec son méso qui divise la cavité abdominale en deux étages, l’un supérieur sous-diaphragmatique, l’autre inférieur descendant jusqu’à la cavité pelvienne.
De ces diverses considérations résulte un certain nombre d’indications pour le chirurgien : Opérer autant que possible extra-péritonéalement et, quand ce n’est pas possible, dans un champ limité par des compresses stériles. Dans le cas d’opération sur le tube digestif, exécuter la plus grande partie de l’intervention avant d’ouvrir sa cavité. Éviter les manœuvres traumatisantes, l’emploi des antiseptiques, qui peuvent diminuer les réactions de défense de
ne sommes pas intervenu, nos 17 malades ont guéri.
Aujourd’hui, la règle de conduite que nous avons posée est acceptée par un grand nombre de chirurgiens.
5. — Traitement des plaies pénétrantes de l'abdomen. — Dès 1886, d’une étude critique des travaux antérieurement publiés et d’observations personnelles, nous avons conclu qu’en présence à.'\x\ie plaie pénétrante de l'abdomen avec hernie de Vépiploon^ il faut, au lieu de laisser le moignon épiploïque au dehors, désinfecter les parties, attirer un peu, à l’extérieur, l’épiploon, faire porter la ligature sur des tissus sains, sectionner au-dessus de la ligature, réduire, puis suturer la plaie abdominale. Cette pratique, alors nouvelle, est aujourd’hui admise.
Partisan de l’intervention immédiate dans le traitement des plaies pénétrantes de l’abdomen, nous regardons cependant l’exploration du trajet comme inutile et sujette à erreur, la mobilité des plans de la paroi les uns par rapport aux autres pouvant faire croire à la non-pénétration, alors que la plaie est en réalité pénétrante ; aussi concluons-nous à Vouverture du ventre toutes les fois qu'il y a présomption de pénétration^ afin d’examiner le péritoine par sa face profonde.
Tous ces points, alors discutés, sont aujourd’hui universellement acceptés.
6. — Des perfectionnements apportés à la technique des opérations abdominales. — Comparant la statistique du service chirurgical de l’hôpital Bichat de 1883 à 1890 à ma statistique personnelle de 1896 à 1899, j’ai pu montrer que la mortalité s’était considérablement abaissée. Tandis que dans la première série 133 opérations sur l’utérus et les ovaires avaient donné 29 morts, 21,08 p. 100, la deuxième série de 105 opérations n’a donné que 5 morts, 4,77 p. 100.
épiploïque du gros intes* tin, graisse de l’épiploon), hypertrophie quelquefois si considérablequ’elle peut entraîner l’irréductibilité en l’absence de toute adhé-