CHIRURGIE DES VOIES URINAIRES
L’uretère après la néphrectomie.
Archives urologiques de la Clinique de Neclter, T. I, fascicule 2. 3 o Juin igi 3 .
Thèse de Doctorat. Paris igi 4 - (Ouvrage couronné par la Faculté, Médaille d’argent, iqiô) .
C’est, pour une large part, un travail de chirurgie expérimentale. Les données fournies par l’expérimentation sur les animaux, je les ai contrôlées chez l’homme par des examens cysloscopiques et des cathétérismes d’uretères du côté néphrectomisé, enfin par la biopsie.
J’ai ainsi abouti à des données nouvelles au point de vue physiologique et anatomo-pathologique.
De ces notions j’ai tiré des déductions de thérapeutique chirurgicale, en particulier, quant au traitement qu’il convient d’appliquer à l’uretère pendant la néphrectomie.
L’altrait que j’ai aussi trouvé dans ce - travail fut d’étudier J’influence qu’exerce sur un organe la suppression de sa fonction. C’est un point de vue qui a été jusqu’alors bien peu approfondi.
Anatomie pathologique.
Pour connaître l’évolution anatomique de l’uretère après la néphrectomie, j’ai utilisé les méthodes suivantes :
i° Des recherches expérimentales sur lès animaux : chiens et lapins. — Je leur ai ôté un rein. Un an. après, j’ai sacrifié l’animal et examiné l’uretère. Chez plusieurs animaux, j’ai tenté de réaliser l’infection du rein et de l’uretère, en injectant des cultures microbiennes atténuées dans le parenchyme rénal et le bassinet. Mais tous ces animaux infectés moururent très rapidement de septicémie. Je n’ai donc pas pu les néphrectomiser. Malgré les précautions prises en collaboration avec le Docteur Verliac, j’ai dû renoncer à ces recherches expérimentales sur l’évolution après néphrectomie des uretères infectés.
Planche II.
D r H. Lorin.
Fig. 3. — Coupe transversale d’un uretère tuberculeux, deux ans et demi après néphrectomie.
Les couches musculaires, circulaires (/ m. c.) et longitudinales (f. m. L), sont dissociées P »r du tissu fibreux. Le môme tissu remplace la sous-muqueuse et la muqueuse où se voit un petit nodule embryonnaire (l).
2° L'examen ci/stoscopique et le cathétérisme de l'uretère chez des malades néphrectomisés m’ont renseigné sur l’état anatomique de l’uretère, sa perméabilité, ses rétrécissements ou son oblitération complète. J’ai réussi à faire les explorations nécessaires chez onze malades. Convoquer des malades guéris, leur faire une cvstoscopie, ce furent de grandes difficultés dans la poursuite du travail que j’avais entrepris.
3 ° Le prélèvement de l'uretère au cours cl'une intervention abdominale chez une malade antérieurement néplïrectomisée m’a fourni, grâce à M. le Professeur Legueu, une pièce précieuse.
Voici mes conclusions :
i° L'uretère s'atrophie lentement. La sclérose étouffe les fibres musculaires. L’épithélium n’est plus plissé; il est étalé.
2° La lumière de l'uretère s'oblitère progressivement.
3 ° Cette oblitération est complète vers la 3 ° année.
Pendant les 2 premières années qui suivent la néphrectomie, la perméabilité de l’uretère est la règle ; l’oblitération l’excèption. Au delà de la 3 e année, l’oblitération est la règle, la perméabilité l’exception.
Tous les uretères oblitérés que j’ai observés sur des malades étaient tuberculeux. La règle, c’est donc que la tuberculose urétérale, après extirpation du foyer rénal, guérit par cicatrice fibreuse et oblitération en 3 années. Je pense aussi, — mais sans pouvoir fournir
de preuves cliniques et expérimentales aussi précises — que les uretères atteints d’une autre infection que la tuberculose s’oblitèrent de même manière.
Physiologie pathologique.