CHIRURGIE
Quand la plaie est profonde, si bien opérée soit-elle, il se produit une hypothermie de voisinage qui peut atteindre un degré, puis le retour à la température initiale se fait assez lentement.
Dans une étude du shock, tel que nous l’observions pendant la dernière guerre dans les ambulances, nous avons essayé de réagir contre l’abus du mot shock pour expliquer tous les états graves observés après une blessure.
Nous n’avons jamais vu cet état en dehors des lésions graves, ou des conditions particulières à la guerre : douleur répétée, froid prolongé, vives émotions. D’autre part nous avons insisté sur l’extraordinaire similitude entre l’état de shock et l’état d’anémie rapide : bien des auteurs ont cependant vu et noté cette similitude, mais au lieu de concluresur cette ressemblance, ons’est enté té à vouloir trouver des signes différentiels. Toute blessure de guerre saignait beaucoup. Le froid, la fatigue, l’angoisse, un début d’infection se surajoutaient à cela pour augmenter la gravité de l’état et suffisaient à expliquer le pronostic souvent fatal.
Les plaies dont nous avons étudié l’évolution ont été observées presque aussitôt après le trauma. Elles ont été soignées par le nettoyage mécanique minutieux, le débridement et le pansement sec, à l’exclusion d’antiseptiques elles ont évolué sans réaction inflammatoire de voisinage et avec une fièvre légère et de courte durée (deux jours en moyenne); les aspects morphologiques décrits sont donc ceux de la plaie de guerre évoluant.
qui semblent dus à l’attrition traumaUque et qui sont plus ou moins massifs, tantôt simple moire de cellules nécrosées, tantôt sphacéle plus profond.
On obseroe ensuite une période de détersion caractérisée par la présence d'un enduit punforme qui traduit l’intervention des éléments phagocytaires. Cet enduit s’accompagnait d’une production de pus, plus ou moins concret, plus ou moins abondant ; eu général, il se réduisait a une simple empreinte purulente décalquant la plaie sur la gaze.
C’est à cette période de détersion qu’apparaissent, sous l’enduit, les premiers bourgeons macroscopiques. Ils sont, le plus souvent, volumineux; mais leur volume est sujet à des variations et ils ne sont parfois perceptibles qu’à la loupe. Leur nombre est variable. Ils apparaissent, soit dans les zones d’allrilion maxima, soit dans les zones les plus déclives de la plaie. Ils peuvent disparaître du four au lendemain et réapparaître de même. Cette période dure jusqu’à
sécrétions des bourgeons culminants excitaient la croissance des bourgeons déclives.
Cette constance de la prolifération au point déclive semble bien devoir être rapportée à la confluence des sécrétions de la plaie. L’oblitération rapide des clapiers est un fait de même ordre. En effet, cette oblitération se produit avec une rapidité extrême si la détersion est complète; les bourgeons sont nombreux, volumineux, acuminés, comme si les bourgeons activaient les bourgeons opposés. Il en est de même, si l’on rapproche par un diachylen les deux versants d’une vaste plaie déiergée. Il est donc tout à fait vraisemblable d’admettre " . '
les solutions faibles de térébenthine), de même qu’ils favorisent nettement la détersion.
Quant à l’épidermisation, elle se fait en deux temps séparés par un temps d’arrêt qui correspond à la détersion et au bourgeonnement. Le premier temps se produit à la périodé de nécrose cellulaire; la peau que nous avions toujours excisée parce qu’elle est imprégnée de souillures, s’accrochait au tissu cellulaire par d petits filaments de fibrine visibles à la loupe et se biseautait de façon à se continuer avec te plan cruenté.