‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 3 sur 7 · MALADIES INFECTIEUSES. - BACTÉRIOLOGIE · texte numérisé non relu

MALADIES INFECTIEUSES. - BACTÉRIOLOGIE

1. — Recherches expérimentales sur la transmission des maladies virulentes aiguës de la mère au fœtus, en collaboration avec M. Chamberland.

2. — Passage de la bactéridie charbonneuse de la mère au fœtus, en collaboration avec M. Chamberland.

[Comptes rendus de la Soc. de tint., 16 déc. 1882 et Comptes rendus

3. — Recherches expérimentales sur la transmission de quelques maladies virulentes, en particulier du charbon, de la mère au fœtus, mémoire fait en collaboration avec M. Chamberland.

4. •— Rôle des microbes pathogènes dam la transmission héréditaire des maladies infectieuses.

[Le Bulletin médical, 1887, p. 131.)

L’étude de l’hérédité des maladies infectieuses (et celle de certaines transmissions héréditaires d’immunité qui en est un des corollaires) est entrée dans une phase nouvelle à la suite des progrès réalisés en bactériologie. Pour ces problèmes, jusqu’ici si mystérieux, les recherches récentes tendent de plus en plus à mettre en évidence, d’une façon rigoureuse, l’intervention des mêmes facteurs que ceux que nous voyons entrer en jeu dans la vie extra-utérine, c’est-à-dire des microbes pathogènes.

En clinique humaine, la transmission de certaines maladies virulentes aiguës de la mère au fœtus est connue depuis fort longtemps ; sont surtout instructifs à cet

on inoculait dés quantités plus grandes.

Ces résultats ont été obtenus à n’importe quelle période de la gestation et quel que fût le moment, après la mort, où l’autopsie a été pratiquée ; plusieurs fois celleci a pu être faite immédiatement après la mort de la mère , écartant ainsi l’objection du passage post mortem de la bactéridie ù travers le placenta.

Le placenta ne constitue donc pas, comme on le croyait jusqu’alors, une barrière infranchissable pouf le bacillus anthràcis; il n’est pas un filtre parfait , mais il joue cependant un rôle de filtration manifeste, en ce sens qu’il ne laisse passer qu’un nombre restreint de microbes. Dans quelques cas seulement, exceptionnels, la filtration semble parfaite et le sang du fœtus ne possède ni bactéridie ni viru-

cet organe, de sub-

ticémies expérimenpar M. Pasteur et à M. Koch l’a appelée résence d’un bacille ;e; c’est un type de

des bactéridies en assez grand nombre et les globules rouges étaient aggl portai aussitôt un pronostic mortel : chez l'homme, ainsi que chez les (moutons, rongeurs), dès que les bactéridies font apparition dans le sang culation générale, la mort est imminente et certaine. Des traces de ce san ; dans du bouillon, donnèrent la culture caractéristique; celle-ci, ainsi qt lui-même, inoculés à des cobayes, les firent périr du charbon type.

C’est le premier cas de charbon chez l’homme en France où l’exame: gique a été fait à l’aide des méthodes nouvelles de coloration.

Au point de vue macroscopique, il y a surtout à relever les lésions énc présentait la muqueuse de l’estomac et de l’intestin, couverte de plaques tiques, gangréneuses et de saillies ressemblant à des furoncles.

Sur les coupes des divers organes, colorées è l’aide du violet de gei constata les narticularités suivantes. Les coudos de la Dustule excisées

mortifiés; Son siège est donc rigoureusement dermique .-Elle consiste en une masse nécrosée, où toute structure et toute coloration mucléaire ont disparu; elle se colore, comme la croûte, en jaune par le picro-carmin. L’escarre est séparée des parties sous-jacentes du derme, encore vivantes, par un rempart épais de cellules embryonnaires, fortement colorées; au-dessous se voient le derme et le tissu cellulaire sous-cutané infiltrés, d’une façon diffuse, par des cellules embryonnaires nombreuses et par un exsudât albumineux interstitiel (œdème inflammatoire aigu).

nisme que prennent naissance les escarres satellites plus grandes et visibles à l’oeil nu qui entourent l’escarre centrale. Elles résultent delà confluence de plusieurs escarres microscopiques dues à l’effraction, par les bactéries, du revêtement malpighien d’un certain nombre de papilles, et a la mortification rapide de l’épiderme et du corps papillaire sous-jacent qui en est la conséquence. Le plus souvont, le processus s’accompagne d’un travail de vésiculation soulevant la couche cornée de l’é-

Choléra.

11. — Exposé des recherches sur le choléra en Égypte, en collaboration avec MM. Roux,

Nocard et Thuillier.

12. — Recherches anatomiques et expérimentales sur le choléra observé en Égypte,

en 1883, en collaboration avec MM. Roux, Nocard et Thuillier.

{Archives de physiol. nom. et pathol., 1884,1.1, pp. 381-429, Mémoire avec 3 planches.)

Lorsqu’en 1883 le choléra éclata en Égypte, nous avons été, à la deman M. Pasteur, désignés pour l’étudier sur place. Les progrès récents accomplis

on constate déjà une altération profonde de l’épithélium des tubes contournés. La lésion consiste essentiellement en une tuméfaction trouble, avec infiltration protéique du proloplasma des cellules. Les promiers anatomo-pathologistes qui ont décrit le rein cholérique, Reinhardt, L. Meyer et Buhl notamment, ont mentionné une dégénérescence graisseuse de l’épithélium des tubes sécréteurs, qui s’établirait d’une façon extraordinairement rapide; nous n’avons rien pu constater de semblable. Dans la masse granuleuse en laquelle s’est réduit le protoplasma dés cellules, on distingue à grand’peine quelques très fines granulations que l’acide osmique colore en noir foncé. La poussière granuleuse dont il s’agit semble être, en partie du moins, de nature hématique, ainsi que le témoignent la coloration rosée qu’elle prend sous l’influence de l’éosine et la coloration brun verdâtre que lui communique le picro-carmin. L’altération des globules rouges du sang dans le choléra rend cette hypothèse fort plausible; du reste, une semblable infiltration hématique des cellules sécrétantes du rein a été déjà signalée dans d’autres maladies infectieuses, dans le rein palustre par MM. Kelsch et Kiener, dans le rein typhique par M. Renaut. et dans le rein diphtérique par M. Brault. Pendant que le protoplasma des cellules sécrétantes subit ces modifications, les noyaux continuent à se colorer, mais moins nettement que sur les reins normaux; par place, on constate un certain nombre de

Cohnheim, invoquaient l’ischémi choléra; cette explication mécanii lisante; nous attribuions surtout même, altération due au poison cl

lemps qui s’était écoulé entre le moment de la mort et celui de l’autopsie permettait d’affirmer qu’il ne s’agissait pas d’un processus cadavérique ; mais sur le vivant, une muqueuse dépouillée d’épithélium, comme celle de l’intestin dans le choléra, peut être aisément envahie, d’une façon secondaire, par les organismes qui pullulent dans le contenu intestinal.

On sait que M. Koch a réussi à mettre en évidence, dans les selles riziformes et dans le contenu intestinal des cholériques, un bacille spécial, le bacille virgule, et que dans certains cas on le trouve presque à l’état de pureté dans la matière mu-

axillaire de poules et de pigeons. Dans aucune de ces expériences on n’a obtenu d’effet appréciable. Les animaux conservés pendant un grand nombre de mois ne paraissaient nullement affectés. Chez les poules auxquelles on avait inoculé, à dose considérable, de la culture humaine sous la peau, dans les muscles ou dans le péritoine, on ne trouvait, en les sacrifiant, au lieu d’inoculation, qu’une petite masse jaunâtre, graisseuse, renfermant quelques bacilles déformés. Ces bacilles ne se retrouvaient que difficilement dans les viscères, même chez les poules ayant subi l’injection intra-veineuse.

L’injection intra-veineuse de culture de tuberculose aviaire amène chez la poulo et le pigeon un amaigrissement rapide etla mort au bout de quelques semaines ou de quelques mois. On provoque ainsi une éruption de tubercules généralisée sur le foie, la rate et les reins. Parfois on ne trouve pas de lésions macroscopiques, mais les viscères sontremplis de bacilles. L’inoculation intra-péritonéale entraîne aussi la mort, avec des lésions tuberculeuses, parfois énormes, du mésentère, du foie et de la rate.

De cette étude comparative, nous avons tiré les conclusions suivantes :

Semblables pouf la forme et pour la réaction à l’égard (les matières colorantes,

néanmoins deux espèces dil L’aspect des cultures su:

le plus souvent, de les distir

et molles. La consistance

et la difficulté d’étaler

contrastent avec la mollesse de la culture aviaire. L’emploi des milieux glycérinés ne modifie pas ces propriétés des deux cultures. Le bacille humain ne se développe pas à 43", celui de l’aviaire pousse rapidement et abondamment â cette température.'

Les différences sont tout aussi prononcées pour les effets pathogènes des deux bacilles.

Il est des animaux qui sont réfractaires à l’un de ces bacilles et très réceptifs pour l’autre. Le chien jouit d’une immunité très grande â l’égard de la tuberculose aviaire ; il est facile de lui communiquer la tuberculose humaine. Les poules sont presque absolument réfractaires à la tuberculose humaine ; elles succombent régulièrement â l’inoculation de la tuberculose aviaire.

Chez les animaux (lapins, cobayes) offrant de la réceptivité pour les deux bacilles, les effets pathogènes développés par l’un ou l’autre bacille' sont différents. L’inocu-

VI. Action des bacilles tuberculeux mobts. Le Poison tuberculeux. — La toxicité des bacilles tuberculeux morts a été trouvée presque simultanément et par des recherches tout à fait indépendantes.

M. Maffucci, le premier, a expérimenté avec des cultures de la tuberculose stérilisées par le vieillissement ou par le chauffage discontinu à 70”. Il a constaté que ces cultures, inoculées sous la peau des cobayes, avaient la propriété de les faire périr au bout de plusieurs mois dans le marasme. Koch a montré que les bacilles morts, injectés sous la peau d’un cobaye sain, ne produisent qu’une lésion locale, un abcès. Injectés à un cobaye tuberculeux, ils provoquent, selon la dose, la mort en quelques heures, ou la nécrose à l’endroit de l’injection, ou, à des doses extrêmement faibles et répétées, la guérison des cobayes tuberculeux. Ce fait lui donna l’idée d’extraire des cadavres des bacilles la substance active susceptible de guérir, la tuberculine. Prudden et Hodenpyl ont tué par l’ébullition les bacilles tuberculeux et les ont injectés dans la veine de lapins ; en sacrifiant ces lapins à divers intervalles, ils ont vu dans les organes, en particulier dans les poumons, des tubercules identiques aux tubercules produits par des bacilles vivants, mais

1. Grancher et Ledoux-Lebard ont confirmé la plupart de ces recherches,

Au lieu de pratiquer l’inoculation du produit morveux sous la peau, je l’ai faite dans la cavité péritonéale ; j’ai constaté ainsi un fait fort remarquable : la tuméfaction des testicules, au lieu de ne se manifester qu’au boutdehuitjours ou plus tard encore, est déjà très accusée dès le deuxième ou le troisième jour; quelques jours plus tard elle acquiert des proportions très considérables; l’animal succombe beaucoup plus rapidement, au bout de quatre à huit jours parfois.

Si, le deuxième jour après l’injection intra-péritonéale, on sacrifie le cobaye, le péritoine et les viscères sont généralement sains ; mais les testicules présentent déjà des lésions extrêmement avancées et tout à fait caractéristiques. La lésion débute’par la tunique vaginale, dont les deux feuillets sont recouverts d’un semis confluent de granulations morveuses ; vers le troisième ou le quatrième jour, la vaginale est remplie d’un exsudât épais, purulent, riche en bacilles de la morve. En même temps, la peau du scrotum contracte des adhérences, rougit et finit par s’ulcérer. Le testicule proprement dit, non plus que l’épididyme, ne prennent part à la lésion.

Cette localisation si rapide et si caractéristique du processus morveux sur les enveloppes du testicule chez le cobaye peut être utilisée comme moyen de diagnostic. Dans ce but, il convient de choisir le cobaye mâle et de pratiquer l’inoculation du produit suspect dans le péritoine. Si, deux ou trois jours après l’inoculation, on

voit les testicules faire saillie et se tuméfier, on sera déjà en droit, par ce seul signe,

Si l’on injecte dans la veine la môme culture, mais à dose pim faible , on détermine un état général moins grave, une éruption cutanée morveuse moins accusée, et l'animal récupère plus ou moins vile la santé. C’est là un nouvel et bel exemple du fait mis en évidence par M. Chauveau : la proportionnalité qui existe, dans certaines maladies, entre la dose du virus et les effets développés par ce virus.

Chez les chiens ayant ainsi subi une première atteinte de morve généralisée, on peut ensuite, plusieurs semaines et plusieurs mois après la guérison, réinjecter dans la veine des cultures virulentes, à des doses extrêmement fortes et qui seraient infailliblement mortelles pour un animal non préparé. De semblables injections par la voie veineuse ont pu être pratiquées trois, quatre fois de suite, à un mois d’inter-

vallo chaque fois, avec des quantités véritablement formidables de culture virulente, sans provoquer aucun accident appréciable.

Ces faits montrent donc qu’une première atteinte de morve aiguë supportée par le chien, à la suite de l’injection intra-veineuse d’une culture du bacille de la morve, met cet animal à l’abri d’une réinfection ultérieure.

Toutefois, si l’immunité ainsi conférée au chien à l’égard des injections intraveineuses du virus est complète, on ne lui confère pas, du même coup, l’immunité à l’égard du virus inséré sur la peau. Si l’on soumet des chiens absolument réfractaires à l’inoculation intra-veineuse, à des scarifications morveuses sur la peau du front, on peut encore provoquer chez eux l'ulcère caractéristique; mais cet ulcère est remarquablement petit et guérit avec une grande rapidité.

La morve ne peut donc plus être considérée comme le type d'une maladie virulente ne donnant pas l’immunité. En choisissant un animai à faible réceptivité, tel que le chien, j’ai réussi à démontrer que la morve, elle aussi, rentre dans le cadre des maladies pour lesquelles l’immunité peut être créée.

21. — Présentation de coupes histologiques de la pustule vaccinale du veau,

Ces coupes ont été pratiquées sur des pustules vaccinales du veau, excisées chaque jour, du premier au neuvième jour, à partir du moment de l’inoculation, de sorte qu’on a pu suivre toutes les étapes de la formation de la pustule. Elles ont été colorées par le violet de gentiane, selon la méthode de Weigert. On y apercevait des micrococcus ronds, très réguliers, disposés en amas; ils occupaient les lèvres de la plaie d’inoculation, engagés dans les interstices des cellules malpighiennes et dans le chorion, où ils siégeaient surtout dans les fentes lymphatiques. A cette époque, je crus pouvoir me permettre de considérer ces coccus comme étant les agents de la virulence vaccinale. Cette assertion était erronée : il s’agissait là d’organismes d’impureté : le véritable agent du cowpox est encore à découvrir.

Page 1