La tuberculose est-elle transmissible par la vaccine
(SüM. de la Soc. mld. des htpUata, et Oatelle hebdomadaire, 1885, p. 141.)
Il s’agit là d’une des objections les plus graves élevées contre la vaccine, surtout depuis les découvertes de Villemin et de Koch. Toussaint, le premier, fit des expé-
Dans le cours de recherches que nous poursuivions depuis deux ans sur le cowpox inoculé chez le veau, nous avons oblenu un certain nombre de faits expérimentaux nouveaux ou différents de ceux connus jusqu’ici.
I. Inoculation de la vaccine sur la cornée. — Avec une lancette chargée de lymphe vaccinale recueillie aussi purement que possible, on pratique une piqûre superficielle au centre de la cornée d’un veau, l’oeil étant préalablement insensibilisé par la cocaïne. Au bout de six à sept jours, le centre de la cornée devient opaque; puis la tache grisâtre, circulaire, s’étend et le centre s’ulcère légèrement; en même temps, il y a une vive congestion de la conjonctive, avec larmoiement et photophobie; au bout d’une quinzaine de jours, ces phénomènes commencent à diminuer. La même opération, faite avec la même lymphe sur un veau ayant acquis l’immunité par des inoculations cutanées antérieures, ne provoque aucune lésion
tradictoires. M. Chauveau relate deux tentatives de transfusion du cheval au cheval. Les résultats ont été absolument négatifs.
Maurice Raynaud fit des expériences sur le veau qui l’amenèrent aux conclusic
suivantes : « La transfusion, même à doses massives, de sang vaccinal, n est le plus souvent suivie d’aucun effet appréciable ; après comme avant là transfusion , l'ani-
jugulaire du veau sain. La communication était établie par un tube de caoutchouc d’un mètre de long et du calibre d’environ 1 centimètre. Canules et tube étaient préalablement stérilisés, et l’opération faite aussi aseptiquement que possible. Pour apprécier la quantité du sang transmis d’un véau à l’autre, on pesait le premier veau avant et après la transfusion.
l’éruption se produit régulièrement. On conserve ce veau, désormais revêtu , de l’immunité, pendant sept semaines. Le 16 mai, il est pesé; son poids est de 148 kilogrammes. On pratique alors par le procédé indiqué plus haut la transfusion à un autre veau, à qui l’on avait fait préalablement une saignée déplétive de 3 kilogrammes environ. Quinze minutes après qu’on a établi la communication entre la carotide du premier veau et la jugulaire du second, l’animal qui fournit le sang s’agite, présente quelques convulsions et meurt. On je pèse aussitôt, et on constate qu’il a perdu S kil. 600 de son poids : c’est donc, à peu près le poids du sang transfusé dans la veine du veau sain. Celui-ci supporte parfaitement l’opération. Le 13 juin (dix-neuf jours après la transfusion), on l’inocule au ventre; une éruption vaccinale régulière se développe, et les pustules servent à vacciner avec succès plusieurs enfants.
Cette expérience est particulièrement instructive. Elle montre que l’on peut transfuser la presque totalité du sang d’un veau ayant l’immunité vaccinale, mais n’étant plus en puissance de la maladie, dans la veine d’un autre veau, sans pour
organismes d’impureté qui existent à la surface ulcérée et à découvert du chancre lui-même, il y avait utilité à porter l'exploration sur le pus du bubon non encore ouvert. Dans le pus de S8 bubons, fraîchement incisés, il m’a été impossible de déceler, à l’aide des méthodes actuelles de coloration, la présence d’aucun microorganisme, non plus que dans les coupes pratiquées sur des fragments des parois du bubon excisées. Tout aussi infructueuses ont été les tentatives de culture dans les différents milieux liquides ou solides (bouillon liquide et gélatinisé, sérum de bœuf, sérum humain, etc.Ji V
En outre, dans ces 58 cas, l’inoculation du pus du bubon, faite immédiatement après l’incision, est demeurée sans résultat; les bubons, après l’incision, furent protégés soigneusement par un pansement occlusif (coton), et aucun ne devint chancreux; ils guérirent comme des plaies simples. Me basant sur ces faits, je me crus autorisé à nier la virulence propre du bubon qui accompagne le chancre mou et à admettre qu’il ne devient chancreux que par contamination extérieure, après
Les recherches de contrôle, faites tant en France qu’à l’étranger, montrèrent que cette proposition est trop absolue et que la virulence du bubon qui accompagne le chancre mou existe réellement; mais les chiffres ainsi recueillis établirent aussi que cette virulence est infiniment plus rare qu’on ne l’avait admis jusqu’ici : au lieu de
transforma los albuminoïdes en peptones, que le suc gastrique intervient; son rôle est rigoureusement, comme le disait déjà Spàllanzani, celui d’un « antiseptique » et l’agent antiseptique est l’acide chlorhydrique.
30. - Recherches bactériologiques sur futérus après la parturition physiologique, en collaboration avec M. Sanchez Tolodo.
ides (2 à 3 seringues de Pravaz). L’injection était pratiquée à l’ait ;omme introduite dans une des cornes utérines. Voici les princi
Dix femelles (lapines et cobayes) venant de mettre bas reçurent i
3J — Sur l'absence de microbes dans l’air expiré , en collaboration avec W. Dubreuilh.
(Comptes rendusdcl'Atad. desscimets, 3 déc. 1887.)
Sur l’absence de microbes dans l’air expiré.
{.Annales de l'Institut Pasteur, 1888, p. 181.)
Lister avait déjà émis l’idée que l’air, pendant la respiration, « est filtré par les bronches, dont un des offices est d’arrêter les particules de poussière inhalées et de les empêcher d’entrer dans les vésicules pulmonaires ». Tyndall s’appliqua à établir expérimentalement l’exactitude des vues de Lister; il eut recours, pour cela, au procédé imaginé par lui pour démontrer que les gaz privés de particules solides sont incapables de disperser la lumière. Il montra que l’air expiré est optiquement pur , c’est-a-dire que cet air, traversé par un faisceau lumineux, ne manifeste pas de traînée lumineuse dans une chambre noire. En 1882, Gunning (d’Amsterdam), utilisant pour la première fois les procédés bactériologiques, s’assura que « l’air expiré ne contient pas de micro-organismes capables de provoquer la putréfaction des liquides stériles à travers lesquels on le fait passer ».
J’ai répété ces expériences en employant le procédé perfectionné d'analyse bactériologique de l’air exposé plus bas (p. 47). Les expériences ont été faites dans des salles d’hôpital dont on chargeait l’air de poussière en secouant les rideaux, en battant les lits, etc. Chaque expérience comprenait deux recherches : on déterminait la richesse en germes d’un volume déterminé d’air qui barbotait à travers l’appareil à l’aide d’un aspirateur. Au même endroit, l'expérimentateur, placé tout à côté du premier appareil, faisait passer à travers un deuxième appareil, identique au premier, le même volume d’air sortant de ses poumons et mesuré, après sa sortie de l’appareil, à l’aide d’un compteur à gaz.
Les chiffres ainsi obtenus montrent que sur 609 germes qui pénétraient dans les poumons avec l’air inspiré, un seul en sortait avec l’air expiré. On peut donc affirmer que l’air expiré est presque entièrement privé de germes. Les voies respiratoires jouent donc, pour ces germes, le rôle de filtre signalé par Lister. L’air, en cheminant pendant l’inspiration et l’expiration dans des canaux étroits et tapissés par un revêtement épithélial humide, se dépouille des particules solides qu’il avait entraînées. Il quitte les poumons optiquement pur, comme le disait Tyndall, et aussi, pouvons-nous ajouter, bactériologiquemenl pur.
désirait recueillir les germes, on roulé la gélatine à l’intérieur du tube, à la façon d’un tube d’Esmarch, et l’on y pratique la numération des colonies, au bout de deux ou trois jours.
Cette méthode présente, sur celles qui ont été employées avant elle, plusieurs avantages. L’appareil est très simple et très facilement maniable. Il permet de recueillir tous les germes d’un volume considérable d’air, dans un temps relativement court, conditions éminemment favorables pour les recherches météorologiques.
Enfin, la méthode est d’une sensibilité plus grande que les autres, c’est-à-dire qu’elle permet de déceler, toutes choses égales d’ailleurs, un plus grand nombre de colonies bactériennes que celui que l’on obtient par les autres procédés.
33. — Sur me seringue à injection hypodermique stérilisable à piston de moelle de sureau, en collaboration avec M. Collin.
{Comptes rendus de la Soc. de Moi., 1888, p. 37, ot 1891, p. 69.)
C’est la seringue de Pravaz ordinaire, où tout ce qui est cuir (piston et rondelles) est remplacé par de la moelle de sureau comprimée. Elle peut donc se stériliser par la chaleur humide (eau bouillante ou vapeur d’eau sous pression). L'herméticité du piston est assurée par un serrage agissant du dehors, sans qu’on soit obligé de démonter la seringue ni de toucher au piston.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE. — PATHOLOGIE PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
Stéatose. — Inflammation. — Suppuration.
34. — Essai sur la physiologie de la dégénérescence graisseuse des muscles.
(Thèse do doctorat, couronnée par la Faculté do médecine de Strasbourg.)
La découverte récente de la dégénérescence cireuse des muscles par Zenker avait mis à l’ordre du jour l’étude des lésions musculaires dégénératives dans les diverses maladies. Ce travail inaugural était un essai de systématisation, au point de vue anatomique et pathogénique, de la stéatose musculaire.il débute par une étude préliminaire du mode d’apparition, tant physiologique que pathologique, de la graisse dans
faite, est une opération inoffensive; et qui, grâce à la suppléance de l’autre rein, permet la survie indéfinie des animaux. Nos expériences ont porté sur 20 cobayes chez lesquels nous avons lié l’uretère (constamment le gauche) par la voie abdominale. L’opéralionfut faite avec l’emploi le plus rigoureux de la méthode antiseptique. Les résultats de l’opération, dans la plupart des cas, furent très favorables, et la. réunion de la plaie abdominale s effectuait par première intention. Les animaux, présentaient à partir des premiers jours un état de santé parfait. Ils furent sacrifiés au bout d’un temps variant de quelques heures à six et sept mois, de sorte qu’il a été possible de suivre toutes les étapes des modifications subies par le rein.
I. Lésions MAcaoscoriouES nu rein. — Si l’on sacrifie l’animal de 6 à 8 heures après la ligature, on constate déjà, au bout de ce court espace de temps, une distension assez notable de l’uretère au-dessus du lien, ainsi que du bassinet; le rein est plus volumineux, plus dur et surtout plus pâle que le rein sain. Sur des animaux; sacrifiés du premier au vingtième jour après la ligature, le résultat macroscopique a été analogue : dilatation de plus en plus considérable de l’uretère et du bassinet et atrophie du rein. Sur une coupe de cet organe faite suivant le grand diamètre, on constate la diminution d’épaisseur de la substance corticale qui est gris pèle ; la pyramide est encore plus atrophiée, et ,1a papille presque effacée. Sur une section d’un rein dont l’uretère a été lié depuis 4 à 8 mois, la substance rénale est réduite, à une coque de 2 à 3 millimètres d’épaisseur, sur laquelle la distinction entre l’écorce et la pyramide n’est plus possible à l’oeil nu. Le liquide accumulé au-dessus de la ligature est clair; il ne contient ni leucocytes, ni globules rouges, ni microbes. On y constate la présence d’albumine en petite quantité et d’urée.
II. Lésions histologioues du rein. — On peut leur assigner deux phases succès-, sives : une phase i'ectasie des canalicules et une phase de collapsus atrophique.
A. La phase d’ectasie est caractérisée surtout par la dilatation rapide et progressive des tubes urinifères, depuis le glomérule jusqu’aux canaux collecteurs. La dilatation est plus marquée sur les tubes contournés que sur les rayons médullaires et les tubes collecteurs, ce qui s’explique par la pression plus grande qui règne au voisinage des glomérules. Au bout de huit à 10 jours la dilatation est telle, que les coupes du rein présentent un aspect aréolaire très frappant. L’augmentation énorme de la lumière des tubes reconnaît deux facteurs ; 1° la dilatation vraie des tubes; 2” l’aplatissement excessif de l’épithélium de revêtement. Par places, les tubes tant contournés que droits sont remplis par des cylindres hyalins.
A cette période, il n’y a dans les espaces intertubulaires de la substance corticale, ni infiltration cellulaire, ni trace de sclérose. Cette sclérose fait également défaut dans la pyramide.
B. La phase de collapsus atrophique début,e quatre à cinq semaines après la
Iules de revêtement des tubuli contorti. Quant k l’accroissement de calibre des tubes droits, ou à l’augmentation des dimensions de leur épithélium, il nous a été impos-
39. — Des lésions rénales dans leur rapport avec l’hypertrophie cardiaque (expériences et faits cliniques).
Depuis que Bright et Traube ont signalé la fréquence de l’hypertrophie du cœur, et surtout du ventricule gauche, dans les néphrites chroniques, la controverse est ouverte sur le mécanisme du développement de cette hypertrophie. Mais la subordination de la lésion cardiaque à la lésion rénale était généralement acceptée. A la suite des recherches plus récentes de Gull et Sutton, de Johnson, de M. Peter, de Buhl, de MM. Debove et Letulle, l’opinion opposée a prévalu : l’hypertrophie cardiaque et la lésion rénale, au lieu de dériver l’une de l’autre, seraient des lésions contemporaines, sé développant sous l’influence d’un troisième facteur, d’une cause plus générale (arterio-capillary-fibrosis, dyscrasie spéciale, etc.). Toutefois, l’ancienne théorie de la subordination de l’hypertrophie cardiaque à la lésion rénale continuait à être maintenue par divers pathologistes, notamment par Cohnheim et par M. Potain.
Faits expérimentaux. — L’expérimentation nous a paru le meilleur moyen pour éclaircir ce problème toujours débattu de la corrélation et de la succession des
Vu la difficulté de conserver assez longtemps en vie des animaux chez lesquels on a provoqué des lésions des deux reins, j’ai eu recours, à l’exemple de Grawitz et
Si on traite ces mêmes coupes par le réactif iodé, on constate qu’un certain nombre de tubes sont remplis de blocs ou de boules brun acajou, c’est-à-dire présentant la réaction caractéristique de la matière glycogène. Cette infiltration glycogène porte sur les mêmes portions des tubes urinifères et sur les mêmes éléments épithéliaux de ces tubes que ceux qui, traités par les méthodes de coloration ordinaires, révèlent l’altération d’Armanni.
1. Le glycogène étant très soluble dans l’eau et l’alcool ordinaire, il faut durcir la pièce, faire les coupes et les recevoir dans Y alcool absolu. Pour^colorer par l’iode et éviter k diffusion de glycogène, on syert
des malades, sous une influence difficile fi déterminer. Cette disparition a sans doute eu lieu par un phénomène de diffusion du glycogène analogue à celui que nous pouvons provoquer, post mortem, en plaçant les coupes d’organes chargés de glycogène dans des liquides qui dissolvent cette substance (eau, alcool étendu, etc.). Mais la lésion d’Armanni continue à subsister, comme un témoignage stable, indélébile et à lui seul suffisamment caractéristique de l’infiltration glycogénique du rein dans le diabète. On doit donc s'attendre à trouver, d’une façon plus constante, sur les feins des diabétiques, la lésion d’Armanni que celle d’Ehrlich, quoique toutes deux aient la même signification et soient également caractéristiques. »
Pathologie hépatique.