LE NERF SPINAL EXTERNE LES QUATRE DERNIERS NERFS CRANIENS
Nerf spinal externe — Paralysie du nerf spinal externe
La spinaloplégie s'affirme par un certain nombre de signes caractéristiques en ses deux types : pur et associé.
On peut assigner à la paralysie de la branche externe du spinal les cinq signes objectifs fondamentaux suivants :
1° L’effacement des saillies des muscles sterno-mastoïdien et trapèze;
2“ La projection de la clavicule en avant, projection qui donne l’impression d’une hypertrophie de cet os (pseudo-hypertrophie claviculaire ) ;
3° La formation d’une dépression d’un creux sus-claviculaire, rendu plus
4° La chute de l’épaule homologue ;
5“ La déviation en dehors du bord spinal de l’omoplate corrrespondante ;
6“ Et, comme symptôme fonctionnel, une diminution de la force musculaire du membre supérieur correspondant, l’impossibilité par exemple ou la très grande difficulté de soulever un objet pesant à bras tendu, etc.
Tel est dans ses éléments principaux le syndrome paralytique du nerf spinal externe , qui relève beaucoup plus de la plégie du trapèze que de celle du sterno-cléido-mastoïdien.
Nous attachons une importance particulière à cette projection de la clavicule en avant (fausse hypertrophie claviculaire), qui n’avait pas été signalée jusqu’ici et qui est d’une objectivité très nette. Nous attachons également une grande importance à l’exagération du creux sus-claviculaire,
véritable puits sus-claviculaire que le sujet peut exagérer à volonté par le haussement comparatif des épaules. Ces deux symptômes sont comme la signature clinique de la lésion de la branche du spinal externe.-
Spinaloplégie totale et associée
La paralysie de la branche externe du spinal peut atteindre également celle de la branche interne (spinaloplégie totale, ou s’associer àJa paralysie d’autres nerfs de voisinage (spinaloplégie associée).
Un nerf moteur peut être parésié, en effet, soit par l’atteinte de son ou de ses noyaux d’origine, soit par celle de ses racines dans leur traversée endocrinienne ou endorachidienne, soit aussi dans son trajet périphérique exocrânien ou exorachidien. Mais la pathologie du nerf spinal est quelque peu spéciale 'et fait souvent des emprunts à celle des nerfs de son voisinage direct, glosso-pharyngien, pneumogastrique ou hypoglosse.
Le nerf récurrent, qui émane du spinal interne, préside à l’innervation de la corde vocale. On sait également, depuis les constatations cliniques de Lermoyez, que le voile du palais est innervé par le plexus pharyngien émanant du vagospinal et non du nerf facial comme on l’avait cru jusqu’alors.
Aussi a-t-on pu décrire et grouper un certain nombre de syndromes cliniques qui ressortissent à la fois à la paralysie du nerf spinal externe et à la plégie du spinal interne ou à celle de deux autres nerfs crâniens de voisinage, glosso-pharyngien et hypoglosse.
Dans un article précédent (Marseille-Médical, 10 mars 1917), nous avons étudié les syndromes les plus classiques parmi ceux des paralysies laryngées associées :
1°) Le syndrome d’Avellis (paralysie velo-laryngée, paralysie récurrentielle associés à l’hémiplégie du voile du palais du même côté); branche interne du spinal, la branche externe n’étant pas intéressée. Ce syndrome n’est donc mis ici que pour mémoire.
2°) Le syndrome de Schmidt caractérisé par la paralysie unilatérale du voile et du larynx, accompagnée de la paralysie du sterno-cléido-mastoïdien et du trapèze. Un tel syndrome traduit la plégie des deux branches externe et interne de spinal.
3») Le syndrome de Jackson qui implique, en plus de l’association para lytique unilatérale du larynx, du voile du palais et de la branche externe du
paralysies laryngées associées.
On sait que de telles paralysies gravitent autour des quatre dernièrs nerfs crâniens, c’est-à-dire du pneumo-gastrique, du spinal, du glossopharyngien et du grand hypoglosse.
La paralysie du grand hypoglosse s’affirme par la paralysie des muscles linguaux homologues et surtout par l'aspect atrophié, ratatiné et aplati de l’hémilangue avec fribillation vermiculaire.
La paralysie du spinal externe se traduit par les symptômes que nous avons énumérés au chapitre précédent. Celle du spinal interne s’accompagne de paralysie du voile du palais et de la cordé vocale correspondante.
Quant aux symptômes déterminés par la paralysie du pneumogastrique, ils sont encore discutés. Il semble, cependant, qu’il y ait apparition consécutive de phénomènes tachycardiques plus ou moins accusés.
En décembre 1922, nous avions eu l’occasion d’observer un groupement paralytique bien spécial, dont nous n’avons pas retrouvé d’exemple dans la littérature médicale. Nous avions présenté, à cette date, un sujet chez lequel nous avions constaté à la fois et du même côté une paralysie du voile du palais et de la corde vocale (nerf spinal interne), une paralysie du sternocleido-mastoïdien et du trapèze (nerf spinal externe), une paralysie du pharynx (nerf glosso pharyngien), une paralysie des nerfs cardia pneumogastriques) et une paralysie atrophique de l’hémilanf