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des tendons fléchisseurs en deux points différents : à la paume de la main pour les fléchisseurs superficiels, et au-devantdes phalanges pour les fléchisseurs profonds. Par ces procédés, et à l’aide de certaines précautions propres à prévenir les adhérences et l’écartement trop brusque et trop considérable des portions tendineuses divisées, l’auteur a prouvé qu’on peut obtenir, avec le redressement des doigts, la réunion médiate des moignons tendineux à l’aide d’un blastème intermédiaire, et la conservation du mouvement.
Cette déviation, qui est pour le genou l’analogue du strabisme pour l’œil, du torticolis pour le cou, de la déviation de l’épine pour le rachis, du pied bot pour le pied, n’avait jamais été considérée comme une dépendance de la rétraction musculaire, a donné tout à la fois la clef des nombreuses variétés dont cette difformité est susceptible, et la formule de leur traitement chirurgical. L’auteur a imaginé un appareil nouveau, gouttière articulé latéralement, dépendant du système de flexion, au moyen de laquelle il est possible, la section sous-cutanée des muscles et des ligaments ayant été faite, de redresser le genou complètement et presque instantanément. C’est une triple conquête étiologique, chirurgicale et mécanique dont il n’existait aucun rudiment dans la science.
Voici comment la commission des hôpitaux en a jugé, à l’occasion des faits de guérison dont elle a été témoin :
« M. J. Guérin a cherché à montrer qu’il est possible de distinguer nettement^ et à l’aide de caractères précis, les diverses espèces de déviations des genoux ; et qu’il est indispensable d’approprier h chacune d’elles des moyens de traitement différents. De plus, il a eu en vue de démontrer que la déviation latérale interne est souvent causée parla rétraction du fascia lata, du biceps et du ligament latéral interne, isolée ou collective, et réalise ainsi un ordre de difformités analogues au torticolis, au strabisme, au pied bot, aux déviations de l’épine, dont le traitement principal consiste dans la
sclérotomie sous-cutanée. En troisième lieu, il a imaginé deux appareils nouveaux très puissants d’après le système de flexion qui lui est propre : la gouttière brisie et T appareil portatif à inclinaison latérale, à l’aide desquels il complète et assure le bienfait des opérations sous-cutanées. Les résultats obtenus dans les cas . qui précèdent ne permettent pas de contester la justesse des principes et la légitimité des prétentions de M. J. Guérin à leur égard. » (Rapport de la commission des hôpitaux, p. 103.
La section sous-cutanée du sphincter anal est une des applications les plus intéressantes de la méthode; elle a eu pour résultat de substituer une opération simple et peu douloureuse à une opération compliquée et extrêmement douloureuse et quelquefois dangereuse. Répétée un très grand nombre de fois par Blandin, d’après l’initiative de l’auteur, elle est devenue une opération usuelle.
Cette généralisation doit être considérée à deux points de vue ;
1° Au point de vue du manuel et des procédés opératoires, en tant qu’émanations dé la méthode sous-cutanée ;
2° Au point de vue des indications étiologiques auxquelles elle est destinée à satisfaire en tant qu’instrument pratique de la théorie de la rélraction musculaire ; d’où :
Régularisation des procédés opératoires en vue du principe de la méthode sous-cutanée.
Et détermination de toutes les applications des procédés opératoires en vue de la théorie générale de la rétraction musculaire et de ses diverses applications.
Au point de vue du manuel et des procédés opératoires en vue de la
théorie générale de la rétraction musculaire et de
diverses applica-
Au point de vue du manuel et des procédés opératoires qu’elle comprend, la généralisation de la ténotomie sous-cutanée a offert ceci de remarquable que c’est par elle qu’on a pu le mieux montrer immédiatement la différence qui existe entre les préliminaires empiriques et isolés du procédé sous-cutané appliqué à la section d’un ou de deux tendons, et la ténotomie régularisée d’après la méthode rationnelle, et rattachée à cette méthode par la communauté de principes et de règles qui relient toutes ses applications. Ainsi, à la suite des sections du tendon d’Achille et du sterno-mastoïdien, les seuls qu’on eût divisés jusqu’alors en réduisant les plaies cutanées à leur plus petite dimension, il y avait ou il n’y avait pas eu d’inflammation suppurative, sans que celte différence de résultats fût considérée autrement que comme un effet variable de la petitesse des plaies, ou de la vitalité obscure du tissu tendineux. Mais, à partir du jour où les règles du manuel opératoire ont pu s’inspirer du principe physiologique de la méthode, qu’on a su qu’il fallait, pour éviter l’inflammation suppurative, s’y prendre de telle manière et non pas d’une autre, la ténotomie sous-cutanée a pris rang parmi les applications de la méthode générale, et les nouvelles sections ténotomiques n’ont plus été une imitation du procédé manuel employé précédemment, mais une conséquence de l'idée scientifique de la méthode, régularisée par le principe essentiel de cette dernière. Dès lors aussi, aucune section de tendon n’a suppuré : on attend celles qui ont été pratiquées avec la précision de la règle et la foi dans le principe.
Mais la généralisation de la ténotomie, considérée au point de vue des applications innombrables inspirées par la découverte du principe de la rétraction, a un autre genre d’importance pratique.
Cette généralisation dont tous les éléments ont passé sous les yeux de l’Académie et qu’elle a récompensée elle-même par un de ses grands prix, est en quelque façon la conclusion pratique des recherohes scientifiques qu’elle avait aussi couronnées è une autre époque. S'il était permis d’ajouter quelque chose à l’autorité de tels suffrages et de telles distinctions, on y joindrait les déclarations qui suivent, empruntées au Rapport de la commission des hôpitaux, déclarations qui formulent d’une manière complète et définitive le caractère do certitude desprin-
La connaissance du mécanisme des courbures et des fractures rachitiques a conduit l’auteur à une méthode dont les effets sont aussi efficaces qu’ils étaient imprévus.
Dans cette maladie, les os se composent de deux tissus osseux : l’os ancien réduit à des lamelles perdues dans l’os nouveau. A la seconde période de la maladie, celui-ci est flexible et spongieux. L’efl'ort de re-
dressement immédiat n’a donc à vaincre que les lamelles de l’os ancien. L’auteur les fracture sous la peau par un simple effort de redressement : le tissu nouveau ne fait que céder, que plier, et, par sa continuité non interrompue, il prévient tout déplacement consécutif. La guérison est immédiate.
Lorsque la courbure est anguleuse et considérable, comme lorsqu’elle résulte d’une fracture, l’auteur fait la section sous-cutanée de l’os au sommet interne de l’angle ; le redressement est également immédiat, et l’os divisé, dans la moitié de son épaisseur seulement, se comporte comme un tendon et se consolide par l’exsudation d’une portion d’os nouveau.
Cette opération n’est pas une des applications les moins intéressantes delà méthode sous-cutanée.
Traiteme t P S PP ur Ie) P (
t. IV, p. 210 ; GaL?méd,, année 1845, p. 830, 850.)
Ce mémoire renferme une théorie nouvelle du phlegmon et une des applications les plus efficaces de la méthode sous-cutanée. L’auteur a cherché à établir que toute tumeur phlegmoneuse commence par un noyau , espèce de germe ou d’épine morbide déposée au sein du tissu cellulaire. L’incision sous-cutanée de ce noyau et de la partie engorgée qui l’entoure, a pour effet d’arrêter brusquement le travail de l’inflammation suppurative. Des tumeurs du volume du poing ont pu être enrayées instantanément par cette opération.
Douze fois déjà, l’auteur a fait cette opération, dont la simplicité égale l’efficacité. Il divise en tous sens, sous la peau, la glande douloureuse ;
il la sépare, au moyen de ces sections, des filets nerveux et vaisseaux avec lesquels elle est en rapport. Le résultat physiologique de l’opération est la conversion de la glande en un tissu cicatriciel amorphe, insensible, qui finit par se résorber, et le résultat thérapeutique est la cessation d’un état de douleur et d’irritation qui cause une grande préoccupation aux malades, peut-être aussi qui est, dans certains cas, le précurseur d’une dégénérescence beaucoup plus grave.
Cette application nouvelle de la méthode sous-cutanée, analogue à la précédente, a produit des résultats non moins intéressants, surtout dans les deux cas qui suivent :
Le premier est relatif à un sujet qui offrait dans le trajet du muscle deltoïde une tumeur bosselée de la grosseur d’une forte demi-noix, douloureuse à la pression, et fréquemment le siège d’élancéments. Quelques personnes avaient regardé cette tumeur comme une encéphaloïde soumise à des incisions sous-cutanées qui l’ont traversée dans tous les sens et hachée en quelque façon ; elle a guéri complètement h la faveur d’une transformation du tissu pathologique en tissu cicatriciel.
Le second sujet portait, dans l’épaisseur du mollet, une tumeur du volume d’une grosse noisette, plus dure et plus douloureuse que dans le cas précédent. Divers chirurgiens de la capitale avaient regardé cette tumeur comme d’un mauvais caractère. Outre la douleur qu’elle causait pendant la marche, elle avait produit la contracture des muscles jumeaux, et, par suite, un pied bot équin. L’auteur a d’abord guéri la tumeur au moyen de larges incisions qui ont eu pour résultat de changer le caractère de son organisation ; puis il a fait la section du tendon d'Achille. Le malade, revu après cinq ans de cette double opération, en avait conservé tout le bienfait.
Des deux applications précédentes de la méthode sous-cutanée, on rapprochera encore la guérison de certaines loupes graisseuses, obtenue aussi par des sections profondes, qui ont pour effet de changer la trame de leur tissu, et de favoriser la résorption de leurs matériaux de composition. Cette opération, qu’on peut regarder au premier abord comme insignifiante, offre un plus grand intérêt si l’on considère qu’elle remplace un mode d’ablation qui, dans certains cas, a donné lieu aux accidents les plus graves, même à la mort ; et que, pour des loupes siégeant sur des parties exposées aux regards, elle épargne l’inconvénient de cicatrices difformes.
Dans les trois applications qui précèdent, la méthode sous-outanéé a mis en évidence un ordre de ressources inespéré et tout à fait inconnu jusqu'alors. En divisant dans tous les sens le tissu pathologique et en lui substituant le simple tissu cicatriciel, elle a changé son caractère d’organisation, elle l’a détruit. Bien comprise, cette nouvelle propriété des sections sous-cutanées parviendra à arrêter dans leur germe bon nombre de tumeurs malignes dont le développement est presque toujours le signal d’une mort inévitable,
Cette application de la méthode, indiquée pour la première fois dans le mémoire lu devant l’Académie, le 13 juillet 1879, aété réalisée avec des procédés différents par plusieurs chirurgiens. Lq procédé propre à 1 auteur de la méthode a été appliqué par lui pour la première fois avec
un plein succès en 1843, chez un garçon du laboratoire de chimie du
Jardin des plantes. Depuis lors, la même opération a été souvent répétée par différents chirurgiens français et étrangers; elle a eu pour résultat de substituer une opération généralement bénigne à une opération fréquemment mortelle.
Traitement de l’empyème par la thoraeentèse sous-eutanée (Mémoire sur le).
(Lu à l’Académie des sciences, (884; Comptes kendus, t. XXXIX. p. 462 ; Gaz. méd., année
(854, p. 586 ; Bulletin de l’Académie de médecine, 1855 ; discussion sur la Ihoracen-
Pour bien juger de l’importance de cette application de la méthode sous-eutanée, il suffit de rappeler qu’en 1836, à la suite d’une discussion approfondie qui a eu lieu à l’Académie de médecine, sur les avantages et les inconvénients de la thoraeentèse dans le traitement de l’empyème, il avait été reconnu que cette opération, presque toujours mortelle, n’offrait aucun avantage sur les médications internes. Dès lors elle avait été à peu près abandonnée. Ce n’est qu’à partir de l’établissement de la méthode sous-cutanée que la thoracenthèsé a repris faveur. Grâce à cette méthode, la guérison est devenue la règle et la mort l’exception.
Dans un mémoire lu en 1854 devant l’Academie des sciences, l’auteur a fait connaître le résultat de trente opérations de thoraeentèse, toutes pratiquées dans des établissements publies, sans accidents, et suivies de la guérison de tous les malades qui n’avaient pas d’autres complications graves.
Plusieurs auteurs ont employé et emploient journellement la thoracentèse sous-cutanée d’une manière plus ou moins explicite : les succès qu’ils ont obtenus sont au moins la confirmation de ceux de la méthode originale. La première indication de la thoracenthèse sous-cutanée se trouve dans le premier mémoire sur la méthode lu à l’Académie des sciences (1839), et la première application de la méthode a été faite en 1840, avec un succès complet, sur un malade du dépôt de Saint-Denis, en préseuce de MM. les docteurs Louvel et Leroy, médecins deeetétablissement.
qu'à l’aide de succions ou de scarifications sous-cutanées pratiquées sur les parois des kystes, toutes ces collections récentes ou chroniques; (La première indication de ces opérations avait été consignée dans les deux premiers mémoires sur la méthode lus à l’Académie des sciences en 1839.)
(Programme des conférences sur la chirurgie sous-cutanée, ouvertes à l’hôpital des Enfants le 22 mai 1844. — In-8°, 4844.)
Ces applications, d’un ordre secondaire, sont trop nombreuses pour être indiqués ici ; elles ne sont rappelées que pour prouver la généralité et l’inépuisable fécondité de la méthode.
(Comptes rendus, t. XIX, p. 1009; Gazette médicale, aimëe 1844, p. 130 ; Bulletin de
Cette méthode, qui a pour but de procurer aux plaies ordinaires les avantages des plaies sous-outanées, consiste à revêtir toutes les solutions de continuité externes d’une peau artificielle, de manière à les maintenir à l’abri du contact de l’air. La méthode du pansement,par occlusion meumatique est une déduction des plus importantes de la méthode sous-cutanée. Les principes physiologiques qui lui servent de base ne laissaient aucun doute sur la possibilité de ses succès pratiques : l’expérience a confirmé les prévisions de la théorie. Un grand nombre de faits ont établi qu’il est possible d’empêcher les plaies ouvertes de suppurer en les maintenant à l'abri du contact de l’air. Il ne manquait à ce résultat, renfermé pendant longtemps dans les limites d’un fait scientifique, pour acquérir le caractère et la valeur d'un fait pratique absolu, et susceptible de devenir usuel, que d’être servi par des appareils réalisant avec la précision voulue les principales conditions mécaniques de l’appareil tégumentaire. C’est à quoi l’auteur n’a cessé de travailler pendant trente ans. L’importance capitale du but
justifiait la persévérance de ses efforts. Cette importance explique aussi comment beaucoup de tentatives postérieures aux premières indications qu’il a données de la méthode ont cherché à en partager le mérite. Mais la précision des dates aussi bien que la publicité des expériences assurent h l’auteur la priorité complète de son invention, comme les résultats qu’elle aproduits suffisent à en montrer la valeur et l’efficacité. Or les nombreuses applications qui en ont été faites dans différente" hôpitaux de Paris et de Bruxelles, ainsi que lés discussions passionnées dont la méthode a été l’objet à l’Académie de médecine, ont levé tous les doutes sur l’originalité, l’efficacité, l’importance capitale de la nouvelle méthode.
déplacement des eieatriees (Mémoire sue le).
(Lu à l’Académie de médecine de Belgique, 1848; Bulletin de l’Académie, t. IV, p. 416;
Rapport de la commission des hôpitaux, p. -139. — Dix-septième mémoire sur les dif-
Avant l’auteur, on traitait ces sortes de coarctation par l’ablation totale ou la division en travers des brides cicatricielles. Ni l’une ni l’autre de ces méthodes n’avait produit de résultats permanents. Au moyen du déplacement des cicatrices — détachement d’un lambeau parallèle au plan d’application, lequel après le redressement immédiat des parties, vient se greffer sur une surface nouvelle — l’auteur est parvenu non seule-. ment à produire des guérisons définitives, mais il a obtenu un résultat aussi curieux qu’inattendu : les brides déplacées et ralâchées par le déplacement, en se greffant sur le point où on les a fait descendre, se dépouillent de leur couche corticale épidermoide, pour ne plus conserver que leur couche profonde, qui offre les apparences du. derme : elles font peau neuve. Voici comment le rapport de la commission des hôpitaux rend compte de ce résultat :
« La méthode par déplacement des cicatrices a reçu sa complète application. Le . résultat a parfaitement .répondu aux vues de l’opérateur, c’est-Mire redressement de la difformité sans récidive, conservation et même amélioration notable des mouvé-
tance et à ses fonctions physiologiques. » (Bapport de la commission res hôpitaux, p. 149.)
Cette méthode, employée plusieurs fois par Blandin à l’Hôtel-Dieu, a donné lieu à plusieurs applications importantes en dehors du cercle où elle est née : au nombre de celles-ci, on croit pouvoir rappeler l’ingénieux procédé d’autoplastie par glissement imaginé par M. Jobert de Lamballe pour la guérison des fistules vésico-vaginales.
Ce résultat, unique dans la science, et dont les moules authentiques ont été conservés, a été obtenu au moyen de la réduction lente, contrairement à l’opinion de plusieurs sommités chirurgicales consultées (Samson, Marjolin, Lisfrane, Bouvier) qui avaient déclaré la guérison dangereuse à tenter et impossible à obtenir.
(IlAPPORT DE LA COMMISSION DES HOPITAOX, p. 161).
Avant les recherches de l’auteur, on n’avait pas songé à guérir ces sortes de difformité morbides : on se préoccupait uniquement de la maladie d’où elles dépendent ; et les moyens employés, tels que le décubitus sur le dos, n’avaient d’autre résultat que d'augmenter la courbure auguleuse de l’épine. Le premier, l’auteur a montré qu’il est possible d’arrêter le développement de la difformité, de la diminuer et même, dans certains cas, de la faire disparaître par la méthode qui lui est propre. Les propositions et conclusions qui suivent, empruntées au rapport de lacommissiondes hôpitaux, résument très-bien les idées et la pratique de l’auteur sur ce point nouveau de thérapeutique chi-
' Système de la flexion généralisée dans tons les appareils orthopédiques.
* FAISA Académie des sciences, 1831 ; Comptes resdos.
Le système de la flexion a introduit une réforme générale dans la mécanique orthopédique. Voici comment la commission du concours a résumé et caractérisé ce système :
! flexion substitué i