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ANTISEPSIE DES FEMMES EN COUCHE

Ayant importé et développé en France la méthode antiseptique pour la chirurgie, j’ai également le premier inauguré et affirmé la valeur de la méthode antiseptique pour les femmes en couche, et j’ai longtemps combattu pour montrer qu’il était aussi facile de prévenir les accidents puerpéraux que de prévenir les accidents chirurgicaux. J’ai démontré, ce qui était il y a quelques années contre toute probabilité, à savoir que la prophylaxie des maladies puerpérales n’était pas une question d’architecture, mais une question de précautions individuelles et de pansement.

Depuis 1874 jusqu’à 1877, j’ai fait une grande partie de l’année le service de la Maternité, mais surtout je suis devenu le chirurgien de la Maternité de Cochin, professeur adjoint de la Maternité en 1878, et je suis resté en cette qualité à la tête du service jusqu’en 1881. J’ai pu dans cette période formuler et enseigner ma méthode à tout venant. J’en ai consigné les résultats en plusieurs des publications citéés précédemment, mais surtout dans mon livre sur la chirurgie antiseptique et dans une revue plus récente sur la pratique antiseptique des hôpitaux de Paris.

Ces premières données de la pratique antiseptique ont dû être établies au milieu des plus grandes difficultés. Il était à cette époque impossible d’obtenir la moindre subvention en matériel, et les aides qui nous entouraient étaient encouragés de toutes parts à contrecarrer nos. projets.

J’en donnerais une faible idée à propos du lavage des mains que j ai rendu méthodique avant tous les étrangers qui pas-

sent aujourd’hui pour l’avoir déterminé. Je dus entrer en lutte avec un directeur d’hôpital qui, non seulement se refusait à me fournir du savon convenable pour faire laver les mains de mes aides, mais qui émit la prétention de m'empêcher Rapporter à Vhôpital les savons convenables, les cure-ongles et les brosses que je considérais comme indispensables aux soins des mains de mes élèves.

La substance que j’ai employée presqu’exclusivement comme antiseptique a été l’acide phénique, et j'ai la satisfaction de constater aujourd’hui que bien des accoucheurs qui l’avaient abandonné y reviennent. Je suis persuadé qu’aucun antiseptique n’est plus favorable pour la pratique obstétricale.

J’ai montré aussi que l’obstétrique devait être traitée comme la chirurgie, que la plaie utérine était justiciable des mêmes soins que les plaies des autres régions. Aussi l’ai-je toujours soumise à un lavage unique avec une solution antiseptique forte, immédiatement, en me contentant dans la suite de la protéger, sans l’irriter, par des lavages multiples et abondants.

J’ai de cette méthode obtenu une pratique des plus heureuses dans un milieu assez médiocre, sans assistance administrative, avec un personnel d’aides aussi défectueux que possible, à cause de l'éducation générale de l’époque qui lui ôtait toute confiance dans mes pratiques.

J’ai pu montrer, à cette époque, ce fait assez curieux et topique : c’est que les couches les plus exemptes d’accidents étaient les couches laborieuses, simplement, parce qu’il m’était plus facile de suivre exactement ces cas et de leur appliquer en leur entier mes principes et mes pansements.

Pour des causes diverses, la pratique antiseptique est entrée dans les services de femmes en couche plus rapidement que dans les services de chirurgie à Paris, et si la technique diflrère sensiblement de la mienne, les principes sont restés, et les professeurs d’accouchement de la Faculté ont bien voulu rappeler, en plusieurs circonstances solennelles, que j’avais introduit ces principes et ces pratiques dans la pratique française.

On trouvera dans ma deuxième édition de la Chirurgie antiseptique tout ce qui concerne ma pratique de chirurgien à la Maternité de Cochin, où j’ai enseigné la méthode antiseptique de 1878 à 1880. Dans les articles suivants il y a plusieurs études importantes :

48. —Des maternités en général-, Amélioration de leur hygiène; Maternité de Paris; Nouveau senice de M. Tamier.

Journal de médecine et de ehirurgie pratiques, août 1876.

49. — Modification des services d’accouchements à Paris ; La nouvelle clinique d’accouchements et les attaques dont elle a été l’objet.

Jtnimat de médecine et de chirurgie pratiques, juillet 1881.

âO. — Microbes observés chez les femmes en couche; Procédés antiseptiques; Acide phénique ; Bichlorure de mercure ; Sulfate

Journal de médecine et de chirurgie pratiqites, avril 1885.

( de la méthode antiseptique

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