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DANS SES RAPPORTS AVEC LA CHIRURGIE ANTISEPTIQUE

LA MÉTHODE ANTISEPTIQUE. — CHIRURGIE ANTISEPTIQUE SIMPLE INDIFFÉRENCE DU MILIEU. — ÉCONOMIE HOSPITALIÈRE

Non seulement j’ai introduit dans la chirurgie française et dans l’obstétrique la méthode antiseptique, mais j’ai continué, depuis l’origine du mouvement, à lui conserver son caractère de simplicité et d’efficacité. Ce qui constitue la richesse de la formule scientifique de l’antisepsie, c’est qu’elle est applicable partout ; c’est que le chirurgien qui sait bien la Méthode Antiseptique peut constituer partout le milieu sain. Il peut agir de même pour l’obstétrique. La question architecturale disparaît, devient indifférente, sauf en ce qui peut concerner la commodité des locaux.

J’ai insisté sur ce fait dans toutes mes publications générales et j’en ai consacré quelques-unes à la publication de ces faits particuliers.

Au moment où nos collègues opéraient leurs laparotomies à l’hôpital, mais dans des salles particulières et dans des salles d’opérations réservées et les conservaient dans des chambres appropriées, j’ai traité mes opérées du ventre à peu près comme les autres, les opérant dans la salle d’opération comme pour toutes mes opérations et ne les isolant que pendant 48 heures dans des sortes de box où elles évitaient pendant deux jours le brouhaha des visites dans les salles générales.

Après avoir été dans tous les Hôpitaux de Paris donner la démonstration de la possibilité de la réparation régulière dans

tous les milieux (Hôpital temporaire, Hôpital Necker, Hôpital de la Pitié, Hôtel-Dieu, Hôpital Beaujon, Hôpital Lariboisière, Hôpital des Enfants malades, Hôpital Saint-Antoine, Hôpital Tenon, etc.), j’ai montré qu’il était aussi facile d’utiliser des locaux infectés et en apparence impossibles pour la chirurgie que les grandes salles bien construites, mais antérieurement très meurtrières où j’avais passé.

J’ai pu prendre à l’hôpital Saint-Louis un service de baraque consacré depuis sept années à la variole, où les rares malades qui n’étaient pas varioleux avaient été des sujets atteints d’autres fièvres éruptives (scarlatine, rougeole et érysipèle); je l’ai fait malgré bien des protestations, en particulier malgré les protestations bien vives de mon collègue et ami regretté M. Vidal.

J’ai pu, en quelques jours, y établir, sans frais, mon service de chirurgie et opérer dans les salles communes, outre les sujets d’une chirurgie générale très active, un chiffre de laparotomies qui n’avait pas été jusque-là atteint dans le cours d’une année dans un hôpital de Paris, et cela avec des résultats qui ne le cèdent en rien aux meilleures statistiques des locaux les mieux aménagés ou les mieux isolés.

11 ne s’agissait pas du reste d’un fait passager, d’une sorte de tour de force, puisque depuis près de sept ans dans le même milieu j’ai obtenu les mêmes résultats avec un chiffre de grandes opérations qui ne le cède en rien à celui des services les plus actifs.

J'ai porté tous ces faits devant la Société de médecine publique, ainsi que ceux qui ont trait à l’aménagement des salles d’opérations.

Toujours fidèle à la même pensée et à la même pratique, j’ai combattu la tendance actuelle qui mène à ne considérer la chirurgie comme possible que dans des sortes de laboratoires coûteux et coûteusement aménagés ad hoc et nous ramènent à l’influence prédominante des architectes dans l’hygiène hospitalière.

J’ai donné les conditions véritablement utiles d’une salle d’opération et montré par l’exemple que la convenance de l’opérateur pouvait être réduite surtout aux questions d’espace, de lumière, de chauflFage, le tout aménagé dans les conditions les plus modestes.

Ces faits, avec d’autres, sont exposés dans les publications suivantes, indépendamment de ce qui avait été exposé dans mes publications sur la méthode antiseptique en général.

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