LES POISONS DU BACILLE DE KOCH
Sur les lésions du rein provoquées par l’extrait chloroformique du bacille tuberculeux (en collaboration avec Salohok).
Société de Biologie, 51 octobre 1903.
Sur les lésions du rein provoquées par l’extrait éthéré du bacille tuberculeux (en collaboration avec Salomon). Société de Biologie, 7 novembre 1903. ' Étude expérimentale des lésions rénales provoquées par les poisons
locaux du bacille tuberculeux (en collaboration avec Salomon) . Journal de
Physiologie et Pathologie générales, septembre 1904.
Étude expérimentale des lésions rénales provoquées par les poisons
diffusibles du bacille tuberculeux (en collaboration avec Salomon). Journal de
Physiologie et Pathologie générales, juillet 1906.
Comme tous les microbes, le bacille de Koch sécrète des poisons qui sont les agents de ses effets pathogènes. On les classe, actuellement en poisons adhérents au corps bacillaire, dont l’action est locale ; et en poisons diffusibles dont l’action est générale et qui sont désignés sous le terme générique de « tuberculines ».
Nous avons étudié les uns et les autres, en recherchant leurs effets sur le rein. Nous avons constaté, avec Salomon, que la tuberculine, employée en préparation artificielle, ou obtenue à l’état naturel par la méthode des sacs de collodion,
no provoque sur cel organe que des lésions légères, parcellaires, banales et incons-
Au contraire, les panons à action locale exercent des effets remarquablement constants et spécifiques. Depuis les travaux d’Auclair, on sait que le bacille de Koch provoque la formation des tubercules à l’aide de substances toxiques qui, sécrétées par lui et contenues dans le corps bacillaire, agissent localement sur les
Ces substances sont des matières cireuses qu’on extrait du corps bacillaire par l’éther (éthérobacilline) ou par le chloroforme (chloroformobaeilline). Auclair a montré que la première possède une action caséifiante, la seconde une action sclérosante. Nos expériences ont confirmé, pour le rein, cette découverte.
Ces fuils, rapprochés de constatations analogues faites par d’autres auteurs sur d’autres organes, aboutissent à cette notion que les follicules tuberculeux sont produits par les poisons locaux sécrétés par le bacille de Koch, et que leur évolution, caséeuse ou fibreuse, dépend de la nature des poisons secrétés dans chaque cas ; nos expériences opposent donc la faible toxicité des poisons diffusibles et la banalité de leurs effets à la puissance et à la spécificité de l’action des poisons adhucnls
Elles ajoutent encore h ces notions que les poisons h action locale sont également aptes à créer les lésions non folliculaires, dont nous parlerons plus loin.