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HYGIÈNE

Mes travaux d’hygiène ont surtout été fails d'action.

Comme science, l’hygiène n’est pas une : elle embrasse une foule de notions venues de sciences diverses dont elle doit s’assimiler et utiliser les données; elle repose sur la physique du sol et de l’eau, sur la chimie, sur la bactériologie, sur la physiologie, sur la pathologie, sur la statistique, d’autres encore. Mais de ces sciences elle tire les moyens de réaliser son objet, qui, lui, est un, à travers les formes les plus variées : assainir la vie de l’homme et des collectivités humaines.

Faire de l’hygiène, ce n’est pas seulement expérimenter des méthodes ou des instruments de salubrité, ce n’est pas seulement veiller à la prophylaxie des maladies pestilentielles. D’autres grandes épidémies, épidémies permanentes et dévastatrices; d’autres problèmes sanitaires sont nés de l’état social résultant des conditions économiques et psychologiques des temps présents. Faire de l’hygiène, c’est encore et surtout agir en vue de rendre la vie sociale plus saine.

Une évolution s’est produite dans ces vingt dernières années qui porte de plus on plus l'hygiène à se préoccuper des questions de santé publique, issues de l’état social actuel.

L’hygiène sociale, conception d’esprits libres et généreux, tels que Duclaux et Landouzy, s’est emparée de problèmes, dont les solutions importent autant à la Nation qu’à la Science, dépendant autant des gouvernements que des savants. Et si demain la politique sanitaire doit être au premier plan des soucis de l’opinion et des pouvoirs publics, de même l’hygiène sociale doit entraîner les médecins et l’esprit médical vers des voies nouvelles.

Tels sont, à peine esquissés, les principes qui ont orienté mes travaux en hygiène. La guerre m’a mené à les appliquer sur le terrain de la lutte antitubercu. louse. Mis à la disposition de M. le Ministre de l’Intérieur, dès juillet 1916, pour

assurer l’inspection technique des stations sanitaires et leur liaison avec les hôpitaux sanitaires comme avec les Comités départementaux, j’ai eu la bonne,fortune, élargissant le cadfe de ma mission, de collaborer avec M. .1. lîrisac, directeur de l’Assistance et de l’Hygiène publiques, à la réalisation du plan d’organisation antituberculeuse, dont il avait eu l’heureuse conception et l’initiative hardie.

J’ai visité tous les établissements antituberculeux existants en France, contrôlant leur fonctionnement et leurs résultats; je suis allé sur place étudier les projets de nouveaux sanatoriums ou hôpitaux, de dispensaires, qui étaient proposés au Ministère do l’Intérieur; par mes interventions auprès des Conseils généraux ou des municipalités, j’ai pu lever certaines résistances qui entravaient la réalisation de certains projets intéressants ; j’ai visité environ cinquante departements, étudiant, de concert avec les autorités et les notabilités locales, les ressources du pays, les difficultés particulières, les meilleurs moyens d’aboutir.

Par le Ministère de l’Intérieur, encore, j’ai été chargé d’organiser le service médical des rapatriements, ce qui m’a fourni l’occasion, aidé par le D r Armandlielille. de creer tout un système de triage 'et d’hospitalisation à services spécialisés, de même qu’auparavant, comme adjoint technique du directeur du Service dê'Sanlé du Gouvernement militaire de Paris, j’avais fait adopter le système de triage et d’hospitalisation des militaires tuberculeux encore en, vigueur dans le Camp retranché.

Comme Secrétaire général du Comité national d’assistance aux anciens militaires tuberculeux, présidé par M. héon Bourgeois, j’ai été à meme de seconder et d'orienter les initiatives de tous les Comités départementaux de France, et de les coordonner suivant un plan méthodique; j’ai collaboré avec la Commission Rockefeller et la Croix-Rouge américaine, dans leurs entreprises généreuses en . faveur de nos organisations françaises.

Comme Secrétaire général du Comité départemental de la Seine, j’ai, avec la collaboration de Mlle Chaplal principalement, créé un système d’assistance et de prophylaxie dont ont bénéficié près de 12 000 réformés tuberculeux, et dont les heureux elfets sur la morbidité et la mortalité tuberculeuses de la ville de Paris ont été mis en lumière par M. Juillerat.

. A ce Comité départemental se substitue désormais l’Office public d’hygiène sociale, qui va en continuer, en compléter, en élargir l’oeuvre; et là j’ai l’honneur

Je puis donc me réjouir d’avoir pris une part personnelle et directe au mouvement antituberculeux si ample, si puissant, si fécond, qui est né de la guerre, mouvement, j’en ai consigné les effets dans une série de mémoires et d’écrits propagande, dont je donnerai plus loin l’analyse; l’une de ces publications périodique, c’est le Bulletin trimestriel du Comité national, rédigé entièrement par

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mes soins. Plein de promesses pour demain autant que de : réalisations immédiates, ce mouvement antituberculeux : a doté notre pays, appauvri du r sang * le meilleur de ses enfants, d’un armement antituberculeux, plus complet, plus méthodique peut-être que celui d’aucune autre nation. A coup sûr l’effort accompli en ces quatre dernières années, nos amis d'Amérique, d’autres voix encore venues.de l’étranger, en proclament.le.mérite. 11 a ouvert des voies qu’il suffit désormais d’entretenir, d’élargir,'et de poursuivre.

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