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De la méthode scientifique en chirurgie

{Gazette hebdomadaire, 1868.)

Leçon d’ouverture des conférences cliniques à f hôpital Cochin (semestre d’été *1868).

LE FORT

Je ne crois pas devoir allonger cette liste en y faisant figurer quelques observations cliniques publiées dans les journaux de médecine ou communiquées à la Société anatomique et à la Société de chirurgie, ni mentionner un certain nombre d’articles de critique, de discussion scientifique et de bibliographie publiés dans la Gazette hebdomadaire. Je dirai toutefois que, pendant une collaboration de huit années, chargé dans ce journal de la Revue des journaux , pour la partie chirurgicale, ayant à lire ou à parcourir toutes les publications françaises et étrangères pour y choisir les observations les plus intéressantes, les publier, au nombre de plusieurs centaines, en les faisant suivre de remarques critiques, j’ai pu suivre attentivement depuis dix années le mouvement scientifique, en France et à l’étranger.

En résumé, mes principaux travaux publiés jusqu’à ce jour ont eu pour but :

1 ° De provoquer en France par deux mémoires sur la résection du genou et sur celle de la hanche, le retour à la pratique de la résection de ces articulations ; opé rations dont l’une n’avait été pratiquée qu’une seule fois par Roux en 1849, et dont l’autre ne l’avait été que cinq fois depuis le commencement du siècle. Cinq cas de guérison obtenus depuis la publication de mon mémoire, par MM. Verneuil, Dusseriset par moi-même, m ontrent que la résection du genou ne mérite pas la réprobation qu’elle encourait de la part des chirurgiens français.

2 D introduire dans la science un élément important : l’étude comparative des résultats statistiques obtenus dans les hôpitaux français et étrangers après les grandes opérations, étude aujourd’hui poursuivie partout en Europe.

5 . ^ con t r ibuer à montrer par l’exemple de la chirurgie étrangère 1 importance dune alimentation fortement tonique, les excellents effets des excit ants et des alcooliques après les grandes opérations, la nécessité de modifier le régime diététique de nos opérés.

â° De montrer l’importance de l’hygiène hospitalière et son influence sur la guérison des opérés, et de soulever, grâce au concours bienveillant et puissant de M. le professeur Gosselin, une question presque oubliée depuis cinquante ans, et qui est aujourd’hui étudiée partout avec l’intérêt qu’elle mérite.

5° De démontrer par les faits la contagiosité de la fièvre puerpérale et la possibilité d’en diminuer les ravages.

6 ° De rappeler l’attention sur la trépanation dans les fractures du crâne, d’en rechercher les indications, non d’après les théories, mais d’après l’observation, et de prouver que cette opération ne mérite pas la proscription qui, en France, pèse sur elle depuis près de trente ans.

7° De contribuer à montrer que si l’iridectomie est une opération excellente dans quelques cas, les faits ne justifient pas la faveur exagérée avec laquelle on l’accueille en Angleterre et en Allemagne.

Le but que j’ai cherché à atteindre par mes travaux, je l’ai poursuivi en suivant une voie à peu près toujours la même, parce qu’elle seule me paraît sûre : m’appuyer sur les faits et non sur les opinions acceptées; rassembler autant que possible toutes ou presque toutes les observations contenues dans les livres et les recueils scientifiques, les comparer, les analyser pour en tirer de légitimes déductions ; ne pas me borner à la science française, mais consulter les livres et les journaux scientifiques étrangers, connaître le passé de la science, mais connaître surtout son présent partout où la science existe, et pour cela lire dans les originaux les publications scientifiques étrangères.

Paris. — Imprimerie de E. Martinet, rue Mignon, 2.

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