De la nature contagieuse de Vérysipèle
{Gazette hebdomadaire, 1862.)
Réfutation des idées émises par M. Després dans son livre sur la nature de cette affection.
15. — De la résection de la hanche dans les cas de coxalgie et de plaies par armes à feu.
{Mémoires de l’Académie de médecine, vol. XXV.)
Comme mon Mémoire sur la résection du genou, celui-ci est basé sur l’examen et l’étude des observations. J’ai pu en rassembler 97, dont 96 appartiennent à la chirurgie étrangère, car cette opération n’avait été jusqu’alors pratiquée qu’une seule fois en France, par Roux en 1849.
Pas plus pour la hanche que pour le genou, je ne regarde la résection comme un mode de traitement régulier de la maladie; si la résection du genou peut être utilement substituée à l’amputation de la cuisse, la résection de la hanche se substitue à l’expectation, dans les coxalgies graves regardées jusqu’alors comme au-dessus des ressources de l’art.
La coxalgie suppurée, accompagnée de carie du fémur et surtout de carie ou de nécrose de la cavité cotyloïde, avec ou sans perforation, était considérée comme presque fatalement mortelle; on se bornait, on se borne encore trop souvent à attendre de la nature, secondée par des pansements méthodiques et un traitement interne, une guérison absolument exceptionnelle.
C’est à ces cas graves que s’applique la résection, et j’ai pu montrer que part peut intervenir avec succès par une opération facilement praticable, ayant donné seulement une mortalité de 41 pour 100, chiffre plus favorable que celui fourni à Paris par l’amputation de la cuisse, mais qui s’explique aussi par cette circonstance que la résection de la hanche a été le plus souvent pratiquée chez des enfants.
Deux objections principales étaient faites à cette résection : elle laisse après elle un membre inutile ; elle est impraticable dans les cas graves, car presque toujours alors la cavité cotyloïde est malade, aussi bien que le fémur.
Les faits que j’ai observés moi-même en Angleterre, ceux beaucoup plus nombreux que j’ai puisés dans les recueils scientifiques ou dont j’ai recueilli personnellement les observations, m’ont permis de répondre à ces deux objections. Le plus grand nombre des malades a pu, après l’opération, marcher avec une grande facilité, beaucoup sans même s’aider d’une canne. Quant aux malades chez lesquels on a ruginé ou réséqué la cavité cotyloïde, enlevé une plus ou moins grande portion de l’os iliaque et pénétré même dans le bassin, on trouve, sur 27 cas, 15 guérisons, 11 décès, 1 récidive. Or, on peut affirmer que si le plus grand nombre de ces coxalgiques ont guéri par la résection, le plus grand nombre au contraire eût succombé si, comme nous le faisons en France, on s’était abstenu par la raison que la cavité cotyloïde ou l’os iliaque étaient envahis par la maladie.
Ce mémoire a fait à l’Académie de médecine le sujet d’une longue et importante discussion soulevée parle rapport bienveillant de M. Gosselin, et il a été le point de départ et l’occasion de la grande discussion sur l’hygiène hospitalière.