LA PRODUCTION DE LA TOXINE ET DE L’ANTITOXINE DIPHTÉRIQUES
1» La Toxine diplitérique.
La production de ce poison, découvert par MM. Roux et YEKSiN.prit une grande importance lorsqu’on voulut préparer le sérum antidiphtérique. Il devint indispensable dès lors, d’obtenir, d’une façon régulière, une toxine aussi active que possible, car les qualités du sérum antidiphtérique sont dépendantes de la valeur de la toxine,
Milieux de culture. — Nous avons étudié divers lecteurs qui favorisent ou empêchent la production de la toxine diphtérique.
On sait que MM. Roux et Yebsin proposaient d’aérer les cultures en bouillon; nous avons montré que l’aération des cultures est utile lorsqu’on se sert de milieux dans lesquels le bacille diphtérique produit des acides, tandis que l’on peut la supprimer lorsqu’on emploie des milieux qui deviennent rapidement alcalins, ou mieux qui restent toujours alcalins.
Dans leurs mémoires, MM. Roux et Yersin indiquaient que le bacille diphtérique donne au bouillon une acidité plus prononcée dans les milieux glycérinés que dans les milieux ordinaires, et M. Spronck avait attribué la production de l’acidité à la présence du glucose.
Nos travaux en collaboration aveo Louis Mômont montrèrent que la présence, dans le bouillon du glucose, du lévulose, du saccharose, du galactose et de la glycérine, donnait lieu à la production d’acide tandis que le glycogène, l’amidon, la lactose la maltose, la rafTinose, l’érythrite, la duloite et la mannite ne provoquent pas l’apparition de l’acidité. .
La conclusion qui se dégage naturellement de ces constatations est qu’il faut éviter dans le bouillon la présence des corps qui sont transformés en acides par le bacille diphtérique.
En examinant ces différents corps, on voit qu’en réalité, c’est surtout le glucose qu’il importe d’éliminer. Pour obtenir ce résultat, nous avons proposé de cultiver le bacille diphtérique dans du bouillon de panses qui ne contient pas de glucose. Voici sa composition :
L’eau doit être maintenue à 50“ pendant 12 heures. Ce milieu est en somme une solution de peptone qu’on prépare dans le laboratoire.
Dans ce milieu, le bacille produit de la toxine diphtérique. On obtient toutefois une toxine bien plus active en le mélangeant aveo une macération de viande.
Il y a cependant un écueil à éviter, la viande contient de la glucose ; pour l’éliminer on doit faire macérer la viande à 35“ pendant 18 à 20 heures dans une étuve. Durant le séjour à l’étuve, les micro-organismes contenus dans la viande détruisent toute la glucose et le bacille diphtérique ne pourra plus produire d’acide dans cette macération employée comme milieu de culture.
quatrième mérite d’être signalée et démontre bien l’influence de la réaction, de l’organisme propre à chaque individu.
Les propriétés da sérum antidiphtérique. — Au début de la sérothérapie on a surtout étudié la propriété antitoxique et l’action préventive du sérum antidiphtérique.
En plus de ces deux propriétés principales nous avons tout particulièrement recherché le pouvoir agglutinant et l’existence des sensibilisatrices.
Ces deux dernières propriétés ne se rencontrent pas dans le sérum des animaux ayant reçu des toxines trop jeunes; il faut, pour les obtenir, injecter aux chevaux des toxines qui séjournent plus de 15 jours à l’étuve, ou mieux injecter aux chevaux des corps de microbes diphtériques.
11 n’y a pas de parallélisme entre la production des antitoxines et la production
Il n’est pas possible de démontrer expérimentalement quelle est Tutilité des agglutinines dans un sérum antidiphtérique.
En clinique il semble que les fausses membranes disparaissent plus rapidement avec des sérums agglutinants et antitoxiques ; nous continuons nos études sur cette question.
Dès les premières recherches sur l’action du sérum antidiphtérique nous avons, avec M. Roux, déterminé expérimentalement l’action du sérum dans la diphtérie des muqueuses, et nous avons cherché à guérir des animaux déjà malades, étudiant ainsi le pouvoir thérapeutique des sérums. Ces mêmes expériences ont été faites dans les diphtéries associées, et nous avons indiqué que dans ces cas, il faut augmenter les doses de sérum injecté et les répéter pour guérir les animaux.