ÉTUDE ÉCONOMIQUE DE L’HOPITAL PASTEUR
Des .études qui précèdent il est légitime de conclure que l’isolement individuel constitue un progrès réalisable; mais il importe d’étudier les charges budgétaires pour savoir si on peut en recommander l’adoption à des administrations soucieuses d’économiser l’argent des pauvres.
Dans un hôpital qui comporte toutes les installations nécessaires à un service de contagieux, nous estimons qu’à Paris les frais de construction et de mobilier néces-
saires pour placer un lit s’élèvent à dix mille francs quand on adopte le système des pavillons séparés ; à quatorze ou quinze mille francs quand on accepte l’isolement individuel; écrivons, pour arrondir les chiffres, que l’isolement individuel augmente les dépenses de première installation d’un tiers. Voilà un premier résultat flnancier défavorable à l’isolement individuel. Mais il faut encore apprécier les frais de personnel et les différences d’utilisation des locaux.
Une augmentation de personnel n’est-elle pas à redouter en pratiquant le système de l’hôpital Pasteur? A l’usage on constate que le service des isolés ne comporte pas plus de complications que celui des convalescents. Que les malades contagieux soient en box ou en salle commune, le personnel hospitalier devient plus nombreux que si l’on soigne des hospitalisés ordinaires. Soit dans les hôpitaux' de Londres, soit dans ceux de Paris, le personnel global des hôpitaux de contagieux (service de nuit et services généraux compris) est évalué à une personne pour trois malades, et souvent une personne pour deux malades. Peu importe le mode d’hospitahsation; le chiffre reste le même en toute hypothèse.
Autre chapitre budgétaire ; les dépenses d’entretien. A quel mode d’hospitalisation s’applique le prix le plus élevé?
clusion : en adoptant le mode de construction des pavillons spécialisés, on dépense trois millions pour deux cents lits effectivement occupés, ce qui en réalité, met aussi le prix du lit occupé au chiflre de quinze mille francs. En outre, on a une réserve de cent lits rarement occupés, mais qui entraîne de façon constante un supplément de trais d’entretien correspondant à l’immobilisation de deux millions, sans exagérer les évaluations.
hôpitaux spéciaux, ou au moins dans des services spéciaux ;
2» Les maladies non obligatoirement déclarables, mais qui sont contagieuses aux yeux des médecins, ne devront être reçues dans les services généraux qu’à condition dé pouvoir être hospitalisées dans des chambres isolées;
3° Les services médicaux des futurs hôpitaux devront tous contenir plusieurs chambres d’isolement; il faut prévoir l’isolement du quart des malades; les grandes salles ne devront jamais contenir plus de 12 malades;
4>>,pans chaque grand hôpital général déjà construit, on devra établir d’urgence un ou deux pavillons avec chambres séparées;
5° Un hôpital pour maladies contagieuses doit se composer de pavillons interchangeables de trente lits au maximum; un tiers des malades seront isolés, deux tiers seront placés dans des chambres de trois lits ;
6“ L’hospitalisation des maladies contagieuses, pour fonctionner sans danger, nécessite l’emploi d’un personnel nombreux et ayant subi un long apprentissage.
L’adoption de ces vœux par des hygiénistes autorisés n’est-elle pas une heureuse justification de nos études sur l’hospitalisation des maladies contagieuses? Une patiente et loyale observation nous autorise à dire que le jour où les admimsiraiions hospitalières pourront les réaliser, un grand progrès aura été accompli, et de nombreuses vies humaines seront épargnées.