Considérations chimico-thérapeutiques sur les acides
(Union médicale, 1848.)
Ces considérations ont conduit l’auteur aux conclusions suivantes :
L excès des acides dans l’économie cause des accidents plus réels
et surtout plus prompts que l’excès des alcalis; en décomposant l’alcalinité normale des humeurs, il entraîne le désordre des fonctions les plus importantes de la vie et donne naissance à des maladies graves : pyrosis, gravelle urique, goutte, scorbut, diabète, etc.
La médication acide est rarement utile et demande à être employée avec plus de discernement que la médication alcaline.
L’ingestion des acides libres est,toutes choses égales d’ailleurs, plus à craindre que l’ingestion des sels alcalins acides.
La suraciditication des liquides vivants est due, soit à l’ingestion même des acides, soit à une alimentation trop exclusivement azotée, soit à un défaut de sécrétion de la sueur.
Si certains acides, ainsi que l’a démontré M. Wbehlcr, peuvent passer en nature dans les urines, si’d’autres n’y arrivent jamais à l’état de liberté, c’est que les uns ont la propriété de ne point coaguler l’albumine du sérum du sang, les autres de la coaguler.
48. Examen comparatif des principales eaux minérales salines d'Allemagne et de France, sous le rapport chimique et thérapeutique.
En collaboration avec M. le docteur L. Figuier.
Mémoire lu à l'Académie de médecine, le 23 mai 1848, Journal de pharmacie, 1848.
En étudiant l’effet thérapeutique des eaux de Bade, de Viesbaden, de Nauheim, de Hombourg, de Kissingen, de Soden, deKreusnach, M. le professeur Trousseau fut conduit à conclure que l’action médicale de'ces diverses eaux est â peu de chose près identique. 11 essaya dès lors de les comparer à quelques eaux minérales d’une composition analogue que nous possédons en France, et il eut l’idée de remplacer l’usage des eaux minérales de l’autre côté du Rhin par celles que notre pays renferme, il confia à MM. Mialhe et Figuier le soin d’examiner comparativement ces diverses eaux et de vérifier, par l’analyse chimique, les prévisions qu’il avait conçues d’après l’observation médicale.
Or il résulte des comparaisons présentées dans le tableau qui
résume les analyses de ces deux chimistes que les eaux minérales de Balaruc, de Niederbronn et de Bourbonne (françaises) ressemblent entièrement, par la nature de leurs éléments minéralisateurs, aux eaux de Viesbaden, de Nauheim, de Hombourg, de Soden (allemandes). En outre, ces deux groupes généraux d’eaux minérales se rapprochent également de l’eau de la mer.
De sorte que si l’on composait des mélanges convenables d’eau de la mer avec de l’eau douce ou bien avec certaines de nos eaux salines françaises, on pourrait arriver à composer des bains qui reproduiraient d'une manière à peu près intégrale les bains de certaines eaux d’Allemagne, et il serait ainsi possible de s’affranchir de l’espèce de tribut que nous payons à une nation étrangère.
Les auteurs croient en outre qu’avec' de l’eau de mer chauffée on obtiendrait un grand nombre des effets thérapeutiques propres aux sources minérales et thermales de l’Allemagne.
Les eaux mères des salines de France, qui sont très-riches en bromures, pourraient servir à la fabrication de ces bains artificiels.
Ces indications ont été mises en pratique dans quelques établissements thermaux.
h. 9. Formule 'pour la préparation du collodion.
.(Bulletin de VAcadémie de médecine et Union médicale, 1848.)
Soubeiran et Foy n’ayant pu réussir à préparer du collodion en suivant à la lettre la formule indiquée par son inventeur, le professeur Malgaigne pria l’auteur de faire des recherches à ce sujet, et ce dernier après quelques essais parvint à en préparer : la formule qu’il en donna alors a servi de bâse à toutes celles qui ont été publiées depuis.