Modification du procédé d’Appert
(Thèse inaugurale de pharmacie, 1836.)
On reproche au procédé d’Appert d’entraîner souvent la rupture des bouteilles et la perte du suc, ou de tout autre liquide, qui y est contenu. — L’auteur a proposé de porter le liquide à l’ébullition dans une bassine, et de le renfermer bouillant dans des bouteilles préalablement chauffées, que l’on bouche immédiatement. Ce procédé de conservation réussit très-bien.
6* De la décomposition spontanée des êtres organisés et des moyens de la prévenir.
(Thèse présentée et soutenue au concours de l'agrégation en médecine, section de chimie organique et pharmacologie, 1839.)
7. Recherches chimiques , thérapeutiques et physiologiques sur les mer curiaux.
(Mémoire communiqué à l’Académie des sciences en janvier 1842,
Annales de chimie et de physique, 1842.)
Le sublimé est l’a- L’auteur prouve par des expériences nombreuses, que :
gent de la mé- , , . ,
dication mercu- 1° Toutes les préparations mercurielles employées en medecine produisent durant leur ingestion dans l’économie animale une certaine quantité de sublimé corrosif, seul agent auquel sont dues leurs propriétés thérapeutiques et toxiques.
2° Cette transformation des diverses préparations mercurielles en sublimé a lieu sous l’influence des chlorures alcalins contenus dans les humeurs vitales.
3° La quantité de sublimé produit est en rapport, d’une part, avec le plus ou moins de chloruration de l’économie, et d’autre part avec la nature chimique du sel mercuriel ingéré. Ainsi, les deutosels de mercure, solubles ou insolubles, constituent des composés immédiatement héroïques, car ils sont tous plus ou moins promptement transformés en bichlorure ; tandis que les protosels, au contraire, constituent des composés peu énergiques ; ils sont d’abord transformés en protochlorure, et n’agissent ensuite que par la faible proportion de sublimé auquel la décomposition partielle de ce composé insoluble et inactif donne ultérieurement naissance.
Le bi-iodure de mercure est moins actif que le sublimé à doses égales.
Le proto-iodure de mercure est, aux mêmes doses, moins actif que le calomel. S’il en était autrement, c’est qu’il contiendrait du bi-iodure.
lx° Le calomel, corps insoluble et comme tel inabsorbable, ne doit Théorie de l’action ses propriétés médicales qu’à sa transformation partielle en sublimé : du calome1, la quantité de bichlorure de mercure produit n’est pas en rapport avec la proportion de calomel employé ; elle dépend de la quantité des chlorures et de la concentration de la liqueur qui les contient : ce qui explique l’action diverse de ce médicament, action puissante chez les grands mangeurs de sel, les marins, etc., et faible chez les enfants* les convalescents, dont les humeurs sont déchlorurées par l’ingestion prolongée de boissons aqueuses.
A doses réfractées (1/10 ou 1/12 de grain toutes les heures), le calomel est presque entièrement transformé en sublimé et constitue rapidement une médication très-énergique.
Par la seule influence de l’eau distillée bouillante et privée d’air, le calomel peut en partie se convertir en sublimé.
5° Le mercure métallique ingéré dans l’économie animale peut, quand il y séjourne, agir comme un poison en donnant, naissance à une certaine quantité de sublimé. En vapeur, il est bien plus dangereux, car son extrême division favorise la conversion en biehlorure.
6° Le sublimé est l’unique agent de la médication mercurielle.
L’observation clinique démontre que l’ingestion de la plupart des composés fournis par le mercure donne lieu à une série de phénomènes physiologiques toujours les mêmes et différant seulement par leur degré d’intensité. Or, cette action physiologique et thérapeutique des mercuriaux est due à la propriété que possède le deutochlorure de mercure de se combiner avec la partie albumineuse du sang et les chlorures alcalins qui l’accompagnent. C’est sous cette forme qu’il apporte dans l’organisation ou un trouble modificateur bienfaisant, ou une perturbation violente et même mortelle suivant la dose à laquelle il est administré.
1° On doit traiter l’empoisonnement chloromereurique par le protosulfure de fer hydraté, lequel transforme le sublimé en bisulfure de mercure, le plus inoffensif de tous les composés mercuriels.
Ces conclusions ont été confirmées par les expériences chimiques
et les observations cliniques publiées par MM. Régimbeau, Abbène, Selmi, Vicat, Teichmayer, Maire, etc.
Elles s’appuient également du suffrage de Berzelius :
Approbation de « M. Mialhe, dit-il, a fait un beau travail sur les chlorures de mercure et Berzehus. §ur ] eurs com jjinaisons avec les chlorures alcalins, qui prouve que non-seu- •lemeiit le chlorure mercureux, mais aussi le métal lui-même et toutes ses combinaisons, possèdent une grande tendance à former avec les chlorures alcalins des sels doubles, composés de chlorure mercurique et d’un chlorure alcalin, dont les quantités varient selon les circonstances et selon la composé tion différente des combinaisons de mercure. Ce Mémoire mérite toute l’attention des pharmaciens. »
(Berzelius, Rapport annuel sur les progrès de la chimie , 1843.)
8. Nouveau procédé pour doser un grand nombre de métaux et spécialement le mercure , par la voie humide , à V aide dune dissolution de sulfure de sodium titrée.
• (Journal de pharmacie, 1842.)
ÏÏ y voie humide? M. Mialhe a appliqué le dosage du sulfide hydrique et des sulfhydrates de sulfure au dosage des métaux qui sont précipitables par ces deux réactifs.
Ce mode d’essai peut, avec quelques modifications indiquées par MM. Barreswil et Sobrero, être employé comme moyen de dosage quantitatif de deux métaux, toutes les fois qu’on en connaît la nature, et que l’un d’eux est précipitable par le sulfide hydrique en présence d’un acide fort, tandis que l’autre ne l’est pas; seulement il faut faire un double essai (1). ■
Cette méthode, outre qu’elle est applicable à l’appréciation pondérale d’un plus grand nombre de métaux que tous les autres procédés analytiques, offre l’avantage d’être d’une exactitude qui n’a de limites que celles de la division de la matière elle-même.
(1) C. Barreswil et Sobrero, Appendice à tous les traités d'analyse chimique, p. 378 et 379.
9. Sur l’emploi du protosulfure de fer hydraté comme contre-poison des sels de plomb, de cuivre, de mercure, etc.
{Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1842.)
Dans ce travail, le protosulfure de fer hydraté est présenté par M. Mialhe comme l’antidote le plus certain et le plus général dés poisons métalliques. En effet, la facile décomposition qu’il peut faire éprouver aux dissolutions salines d’un grand nombre de métaux, et leur transformation par ce moyen en sulfures insolubles et presque, inattaquables par les fluides animaux, le rend précieux aux thérapeutistes.
Des expériences nombreuses ont constaté qu’il précipite plus promptement l’acide arsénieux de ses dissolutions que ne le fait l’hydrate de sesquioxyde de fer -, et qu’il agit encore sur les cblorpplombates alcalins alors que les sulfates n’y font plus naître aucun précipité. '
Son efficacité est incontestable dans les empoisonnements par l’arsenic, le mercure, le plomb, le cuivre, l’antimoine, l’or, l’argent, etc.
Associé à la magnésie calcinée hydratée (association que l’auteur a proposée le premier, et dont M. Duflos a fait ressortir tous les avantages), il peut en outre servir de contre-poison à tous les acides ainsi qu’aux composés cyaniques, y compris le cyanure de mercure; c’està-dire qu’il constitue alors un véritable contre-poison général.
ÎO. Recherches thérapeutiques et toxicologiques sur les préparations de plomb.
(Mémoire lu à l’Académie de médecine, 1842; Journal des connaissances médicales, 1843.)
M. Mialhe prouve dans ce Mémoire que toutes les préparations de plomb (et le plomb lui-même, mais ce dernier seulement avec le concours de l’air) en réagissant avec les chlorures alcalins de l’économie, se transforment en tout ou en partie, en un chloroplombate
Contre-poison
général.
MIALHE.
Le plomb ne produit pas d’émanations gazeuses.
alcalin soluble, et que c’est à ce chlorure double que les propriétés médicales et toxiques des divers composés de plomb doivent être rap^ portées. Or, comme le sulfate de plomb est converti lui-même en chloroplombate soluble, et partant absorbable, l’acide sulfurique ne saurait constituer un spécifique contre la colique saturnine.
’ Cette spécificité appartient plutôt au protosulfure de fer hydraté.
Les recherches de M. Mialhe ont également démontré que le plomb n’est pas susceptible de produire des émanations gazeuses, et qu’il n’agit chez les cérusiers et autres ouvriers appelés à manier des préparations de plomb, que par les poussières plombiques qui se répan- •dent dans l’air.
il. Additions et corrections à la quatrième édition du Formulaire de MM. Milne Edwards et Vavasseur (Paris, 1842).
Les soins donnés à cette édition ont été appréciés ainsi qu’il suit par MM. Milne Edwards et Vavasseur.
« Dans les éditions précédentes de ce livre, nous n’avions qu’à corriger la rédaction de quelques formules, et à ajouter un petit nombre de prescriptions nouvelles; mais pour donner à cette quatrième édition toute Futilité qu’on est en droit d’exiger, il fallait y apporter des modifications plus considérables. En effet, l’emploi obligatoire des nouveaux poids et mesures, dans les prescriptions pharmaceutiques nécessitait un remaniement de tout l’ouvrage, et les changements survenus depuis quelques années dans la pratique médicale de plusieurs hôpitaux les plus suivis rendaient désirable une révision complète de toutes les formules puisées à cette source. Des occupations d’un autre genre nous mettant dans l’impossibilité de nous livrer nous-mêmes à ce travail long et minutieux, nous avons cru devoir en charger quelque jeune médecin dont le talent et l’exactitude nous seraient connus. M. le docteur Mialhe réunissait ces conditions, et sa position, comme pharmacien en chef de l’Hôpital Saint-Antoine, le mettait à même de se procurer facilement les documents dont il aurait besoin. Nous nous sommes donc reposés sur lui'du soin de maintenir notre Formulaire au niveau de la science, et le zèle avec lequel il s’est acquitté de cette tâche nous fait un devoir de lui en témoigner ici toute notre reconnaissance.
12. Quelques remarques sur le safran de mars apéritif et sa préparation.
{Bulletin de thérapeutique, 1842.)
M. Mialhe a fait un grand nombre d’essais analytiques de divers échantillons de safran de mars et n’en a rencontré aucun qui pût être considéré comme un mélange de carbonate et d’hydrate de peroxyde de fer. Tous les échantillons analysés contenaient une proportion trèsmarquée de carbonate de protoxyde.
Loin de rejeter cette espèce de safran, il conviendrait plutôt de le rechercher, attendu qu’il est plus soluble dans les acides des premières voies que celui qui est entièrement constitué par le peroxyde.
13. Règles générales sur Vabsorption des médicaments et des poisons.
{Comptes rendus de l’Académie des sciences , 1842.)
Il résulte des recherches de l’auteur que la plupart des substances introduites dans l’économie animale agissent chimiquement sur le sérum du sang, soit immédiatement, soit médiatement : les unes coagulent l’albumine que cette humeur renferme, les autres, au contraire, la fluidifient.
Dans la première classe, les coagulants se trouvent tous les astringents ou hémostatiques : ainsi, la plupart des acides minéraux, un grand nombre de sels métalliques, le tannin, la créosote, l’alcool phénylique, etc.
La seconde classe, les fluidifiants , renferme tous les agents véritablement diurétiques, ainsi, les oxydes alcalins et leurs carbonates, l’ammoniaque et ses sels, les iodures, sulfures et chlorures alcalins, et autres composés à base alcaline, etc!
Un fait digne de remarque, et que l’auteur croit fertile en applications thérapeutiques, c’est que certains agents, coagulants au moment de leur administration, rentrent dans la classe des fluidifiants en se
Coagulants.
Fluidifiants
dissolvant dans les humeurs vitales ; tel est le sublimé corrosif qui, de coagulant, devient fluidifiant, en se combinant avec les chlorures alcalins de l’économie ; tandis que d’autres, qui n’exercent aucune action sur le sérum du sang au moment de leur absorption, acquièrent des propriétés coagulantes en se diluant dans le torrent circulatoire, tel est l’alun alors qu’il est administré à haute dose.
Les remarques de l’auteur au sujet des véritables diurétiques, c’està-dire les diurétiques alcalins, ont servi de base aux recherches chimiques de GoldingBird, sur les diurétiques chimiques ou dépurants rénaux , recherches que ce dernier considère comme pouvant figurer sans blâme dans son ouvrage : (De l’urine et des dépôts urinaires).
1 k. Quelques réflexions sur l’action du sulfate de quinine dans l’économie animale.
(Bulletin de thérapeutique, 1842.1
M. Mialhe pense, avec Giacomini, que le sulfate de quinine, loin d’être un médicament tonique, est au contraire un médicament doué d’une action hyposthénisante des plus marquées, qu’il faut combattre par les excitants diffusibles et en particulier par l’alcool.
Les recherches si intéressantes de M. Briquet, sur l’action médicale de ce précieux agent thérapeutique, confirment cette manière de voir.