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A PROPOS DE LA STUPEUR ARTÉRIELLE

(Avec P. Soubeyran.) Société de Chirurgie de Paris, I9I9- (3)-

Nous avons observé deux cas de traumatismes artériels concernant des lésions assez différentes.

Dans un premier cas, il s’agissait d’une contusion artérielle ayant provoqué à distance un spasme immédiat et ultérieurement un syndrome causalgique. Voici l’observation résumée : Blessé par balle ; plaie en séton des deux cuisses avec orifices punctiformes. Les lésions paraissent banales, mais le blessé attire l’attention sur le membre inférieur droit dont il souffre : l’examen montre que le pied droit est plus froid et plus blanc, et on ne sent battre ni la pédieuse, ni la tibiale postérieure.

L’intervention révèle une contusion de l’artère fémorale au niveau de la partie moyenne : le vaisseau est augmenté de volume, de teinte noirâtre, ecchymotique, la gaine est éraillée, les battements sont nettement perçus. On vérifie la veine, et les nerfs qui sont intacts. Après l’intervention, le pouls n’est toujours pas perçu en aval de la lésion ; il réapparaît six heures après. Quant aux douleurs, après s’être amendées pendant quelques jours, elle réapparurent et prirent un caractère paroxystique avec pâleur et sudation abondante.

En somme, dans ce cas, les phénomènes de contusion artérielle se sont accompagnés de troubles circulatoires à distance, sans qu’il existe de spasme local, et de troubles nerveux du type causalgique, vraisemblablement en rapport avec une lésion du sympathique péri-artériel.

Dans la seconde observation, il s’agissait d’un multi-blessé des membres dont les plaies furent traitées opératoirement. Au cours de l’intervention, une plaie borgne rétro-malléolaire conduisit sur le paquet vasculo-nerveux tibial postérieur ; un projectile était au contact même des vaisseaux.

La veine présentait une petite plaie latérale, l’artère un point ecchymotique au niveau duquel s’arrêtaient les battements ; en outre, le calibre paraissait diminué au niveau de la tache eochymotique ; l’ondée sanguine semblait buter contre un obstacle. Résection de l’artère entre deux ligatures ; immédiatement les deux moignons artériels se mettent à battre.

Le segment artériel réséqué ne contenait pas de caillots. Ce n’est qu’en étalant la pièce qu’on aperçut par distension deux minuscules orifices correspondant à deux aspérités du projectile ayant ponctionné les tuniques.

En somme, il s’agissait d’une lésion minime de la paroi artérielle ayant déterminé un spasme suffisant pour arrêter le cours du sang dans un segment localisé.

Ulcère variqueux chronique. Opération de Moreschi

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