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I. - TRAVAUX ORIGINAUX

L’aspergillose spontanée est assez fréquente chez les oiseaux. Elle peut envahir les œufs en incubation etse transmettre même ù l’embryon. On l’observe, mais plus rarement, chez les mammifères, où elle prend .l’allure d’une phtisie chronique ou d'une septicémie hémorragique.

Les spores de VAspergillus fumigatus ex ifetentà l’état saprophytique dans la nature. On les trouve dans l'air, sur les arbres, dans les couches les plus superficielles du sol. Je les ai rencontrées dans le mucus nasal et dans la salive des personnes saines ou atteintes des maladies les plus diverses : j’estime que la surface des graines est leur habitat de prédilection, car je les ai décelées dans des

n’y a pas une extension graduelle et progressive des lésions. Les malades s’améliorent et prennent de l’embonpoint.

La guérison estpreBque toujours la règle; l’aspergillus disparaît peu à peu de l’expectoration ; une sclérose curatrice termine la maladie;

Parfois, les petites cavités pulmonaires formées par la nécrose aspergillaire servent de lieu d’élection pour le développement du bacille de Koch qui prend peu à peu la place de l’Aspergillus fumigatus ; l’affection évolue comme une tuberculosepulmonairechronique commune avec une tendance scléreuse très marquée.

Dans un cas de L. Rénon et E. Sergent, le processus sclérosant était tel que le malade succomba à une véritable cirrhose pulmonaire avec dilatation dü cœur droit et asystolie.

La durée de l’aspergillose pulmonaire est longue. L’évolution s’est faite en trois ans, six ans, huit ans et même davantage dans les cas connus jusqu’ici.

A côté de l’aspergillose pulmonaire, il existe des cas de bronchite membraneuse aspergillaire. Ces cas sont au nombre de deux : celui d’Obici et celui plus récent de L. Rénon et L. Devillers. Il s’agitd’une bronchite membraneuse dont les membranes, composées uniquement de mycélium et de spores d ’Aspergillus fumigatus, étaient expulsées presque tous les mois au milieu d’une crise violente d’oppression.

Le pronostic de l’aspergillose n’est grave que si la tuberculose bacillaire vient se greffer sur la lésion mycosique. Cette symbiose est alors d’un pronostic très sérieux.

Le diagnostic de l’aspergillose pulmonaire est impossible par les seules ressources de la clinique. Sans doute, on peut y songer quand on rencontre une pneumopathie chez un malade exposé à manier des graines dans sa profession journalière, chez un meunier, un grainetier, un peigneur de cheveux, un gaveur de pigeons,'etc. Mais l’examen bactériologique des orachats permet seul d’imposer le diagnostic. Au lieu de bacilles de Koch, on trouvera du mycélium ou des spores dans la parcelle de crachat examinée, après coloration à la thionine. Il faudra compléter le diagnostic par les cultures, en ensemençant, sur des tubes de liquide de Raulin stérilisé, les crachats frais et recueillis avec les plus grandes précautions pour les mettre è l'abri des poussières. Les tubes de culture seront portés à l’étuve à 37°. Si le crachat contient des spores ou du mycélium, on verra, dès le second jour, s’élever de la parcelle ensemencée des filaments isolés qui se réuniront en une touffe de mycélium ; celui-ci montera progressivement vers la surface du liquide et mettra de trois à dix jours pour gagner la surface.

Il s’y formera, quelques heures plus tard, un tapis velouté blanchâtre, qui, vingt heures après, se couvre de spores verdâtres prenant une couleur noire de fumée au bout de quelques jours. Il faut aller plus loin et vérifier sur le lapin

peurs iodées) ont pu donner des résultats satisfaisants dans quelques cas. Pour éviter l’infection secondaire des cavités pulmonaires aspergillaires, il convient de soustraire les malades au contact des tuberculeux bacillaires. Les préparations de thiosinamine sont utiles quand le processus curateur sclérosant devient dangereux par son intensité.

Ces idées émises sur l’aspergillose depuis 1890 ont été confirmées de tous côtés. M. Widal, parachevant l’œuvre qu’il avait ébauchée il y a 30 ans sur le sujet, a fixé d’une manière absolue la spécificité pathogène de l’aspergillose par sa remarquable méthode de la sporo-agglutination.

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