PRONOSTIC
Le pronostic des lésions traumatiques du poignet, si important au point de vue médico-légal pour les accidents du travail, est souvent très difficile à établir d’une façon précise. Une entorse banale ou une fracture sus-articulaire du radius, bien réduite, sont évidemment sans importance; mais déjà dans les fractures intéressant la surface articulaire.du radius, les difficultés commencent. Si le jeune-âge du blessé, sa bonne volonté à se mobiliser, la perfection et le maintien de la réduction sont dés facteurs d’une évolution heureuse de la fracture, il ■ est impossible d’apprécier par avance dans quelle mesure les facteurs inverses prolongeront les troubles fonctionnels. Les douleurs dans les mouvements peuvent persister des moi? et même des années; la limitation définitive des mouvements est la règle.
Pour les fractures du scaphoïde et les luxations, carpiennes, on a fait, au début de leur connaissance, leur pronostic trop sombre; on ne reconnaissait que les cas mauvais, qui étaient radiographiés à cause des troubles persistants. Maintenant que lès fractures du scaphoïde ne restent plus guère inaperçues, il est de notion courante qu’elles guérissent souvent complètement après quelques mois d’impotènce relative; mais il faut toujours faire des réserves sur la possibilité de les mettre sur le compte de facteurs spéciaux.
Pour les liixations, celte possibilité de guérison spontanée est moins connue, nous en avons pourtant trouvé deux au moins (observations XIII et XV de notre thèse),
leur poignet après une période d’impotence qui avait duré près d’un an. Néanmoins, c’est là l'exception; normalement, les suites de ces luxations sont défavorables lorsqu’elles ne sont pas traitées, autant qu'elles sont bénignes après un traitement opportun.