PATHOLOGIE MÉDICALE
A. — NÉVRITES PÉRIPHÉRIQUES
les altérations de ces organes étaient évidentes, et, rapprochant ces dernières des symptômes observés pendant la vie, nous avons pu aborder d’une manière opportune l’histoire synthétique des névrites périphériques.
Les différents modes et les diverses phases de l’altération histologique des nerfs ont
apparences de l’état normal.
Toutes les névrites périphériques ne donnent pas lieu à des troubles trophiques ou sensitifs appréciables. Ces troubles n’apparaissent probablement que lorsque la proportion des fibres altérées est assez considérable ; ils varient, du reste, dans leur nature selon la fonction des nerfs altérés et le degré de l’altération. Ce sont, suivant les cas,des eschares rapides,des ulcérations, des éruptions vésiculeuses d’herpès ou de bulles pemphigoïdes, des maux perforants plantaires, des œdèmes chroniques et durs, des arthropathies, des dystrophies des ongles. Le plus souvent ces troubles trophiques s’accompagnent d’anesthésie locale des tégu-
.. Les lésions des nerfs phériphériques qui déterminent le mal perforant plantaire s’éten dent bien au delà du voisinage immédiat de Tulcération ; elles peuvent atteindre tous les nerfs du pied et de la jambe, remonter même jusqu’au tronc nerveux des cuisses.
2» L’extension de ces altérations névritiques explique la coïncidence fréquente avec le mal perforant plantaire de certains troubles sensitifs, trophiques, vaso-moteurs ou sécrétoires qui ont été maintes fois signalés à une distance plus ou moins grande de l’ulcère du pied.
3® Les rapports du mal perforant avec les névrites périphériques sont établis aujourd’hui sur un grand nombre d'examens histologiques réguliers. L’objection de Michaud, d’après
du pied renferment en grand nombre des fibres altérées, n’est pas fondée : à l’état normal, chez les sujets jeunes et chez les adultes dont les téguments des pieds sont tout à fait sains, les nerfs de ces extrémités ne présentent pas d’altérations.
4® Les filets terminaux des nerfs du pied sont très fréquemment altérés chez les sujets dont les pieds sont le siège de cors, de durillons, de dystrophies unguéales, de desquamation icthyosiforme de l’épiderme, etc. Toutes ces lésions de la peau et de ses annexes paraissent être de véritables troubles trophiques liés à l’existence antérieure de névrites
profondes et étendues.
3® Contribution à l'étude des gangrènes massives des membres d'origine
maladie spécifique et l’altération des cordons nerveux. La tuberculose agit comme ia diphtérie, la variole, le typhus, la fièvre typhoïde et localise parfois ses efiéts sur les nerfs périphériques.
Les lésions sont celles de la névrite parenchymateuse. Elles sont primitives, indépen-
nerfs mixtes et siéger également sur les nerfs crâniens, le pneumogastrique, le phrénique.
Leur symptomatologie est complexe et variable. A ce point de vue on peut les diviser en trois'groupes.
Le premier comprend les cas où les symptômes des névrites constatées à l’autopsie ont passé inaperçus au milieu des troubles graves dépendant de la tuberculose (névrites latentes).
Au deuxième appartiennent les observations dans lesquelles des atrophies musculaires localisées ou diffuses ont constitué le symptôme prédominant (névrites amyotrophiques).
Enfin le troisième est constitué par ces cas dans lesquels les névrites ont provoqué pendant^ la vie des troubles sensitifs plus ou moins sérieux : hyperesthésie, anesthésie, névralgies, etc. (névrites douloureuses ou anesthésiques).
6® Contribution à l’étude des névrites périphériques chez les tabétiques.
Pitres et Vaillard, Revue de médecine, j 886. Mém. de 85 pages.
Les premières études sur l’état des nerfs chez les ataxiques sont dues à M. Dejerine (1882-88-84) qui, dans plusieurs mémoires ou communications à la Société de Biologie, a signalé l’existence de névrites périphériques sans relation de continuité avec les lésions médullaires. M. Dejerine attribuait à ces névrites un rôle considérable dans la production des troubles sensitih et.trophiques cutanés du tabes, et même, par suite des modifications apportées à la sensibilité tégumentaire, une certaine part dans la pathogénie des phénomènes d’incoordination.
Oppenheim en 1886 indiqua les résultats généraux de ses recherches histologiques qui confirmaient celles de M. Dejerine.
Reprenant la question avec de nombreux documents cliniques et anatomo-pathologiques, nous établissons la fréquence, sinon la presque constance, des névrites périphériques au cours du tabes, leurs caractères histologiques, leur répartition et leur distribution géographique, leurs modes de début, leur indépendance relative des lésions médullaires, enfin le rôle qui doit leur être attribué dans le développement des symptômes ou des complications observés chez les tabétiques.
i® Les nerfs périphériques des tabétiques sont souvent le siège d’altérations névritiques non douteuses ;
2® Les névrites des tabétiques ne diffèrent par aucun de leurs caractères anatomiques des autres formes alors connues des névrites non traumatiques ;
3® Leur distribution est très variable d un sujet à l’autre. Elles peuvent atteindre les nerfs sensitifs, mixtes et les nerfs viscéraux ;
4» Dans la plupart des cas, mais non toujours, elles débutent par les extrémités terminales des nerfs ;
5® Leur étendue et leur gravité n’ont aucun rapport constant avec l’âge, l’extension ou la
profondeur des lésions médullaires de l’ataxie locomotrice; !
tkistoire des
a) Névrites parenchymateuses dans la fièvre typhoïde, novembre i885.
b) Arthropathie tabétique de la colonne vertébrale, présentation de pièces concernant un exemple de ce trouble trophique assez rare dans le cours du tabes, i8fô.
c) Altérations des nerfs dans le rhumatisme articulaire chronique, 1886.
d) Paralysies d'origine névritique chez les ataxiques.
Cette observation très détaillée et très importante doit prendre place parmi les faits destinés à servir de base à Thistoire des paralysies d’orig'ine névritique chez les tabétiques,