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CHAPITRE V

Dose toxique de l’alcool dans le sang. Société de Biologie, 1881, p. 103.

Toxicité de l’alcool éthylique. Société de Biologie, 1903, p. 225.

Chez un chien du poids de 10 K «',5, j’ai injecté dans l’estomac de demi-heure en demi-heure 93“',2 d’alcool à 21" ; quatre injections furent faites dans la matinée ; dans l’après-midi, 3 heures après, l’animal était ivre ; on fit encore 4 injections de demi-heure en demi-heure : dix minutesaprèslà quatrième, la respiration s’arrêta.

100 centimètres cubes de sang pris dans la veine cave inférieure furent soumis à la distillation, ils contenaient 1 centimètre cube d’alcool absolu.

Chez un autre animal de la même espèce, la dose toxique fut trouvée égale à 1 / llO ; on voit donc que la dose toxique de l’alcool est environ le double de la dose qui produit l’ivresse, et il y a une analogie frappante entre ces résultats et ceux qui ont été obtenus par P. Bert dans le dosage des anesthésiques : « La dose de la vapeur de chloroforme ou d’éther dans l’air inspiré par les animaux devient toxique quand elle est double de celle qui produit l’anesthésie. ».

J’ai repris et complété ces expériences.

Les expériences pnt été faites sur le lapin et sur le chien.

L’alcool était introduit dans l’estomac sous forme d’alcool dilué, on a trouvé :

Chez le lapin après une ingestion d’alcool correspondant à 15 centimètres cubes d’alcool absolu par kilogramme (intro-

duit sous forme d’alcool à 20 pour 100), on a trouvé au moment de la mort qui est survenue 6''30’ après l’ingestion, la proportion de 1“,4 d’alcool absolu dans 100 centimètres cubes de sang, ou 1/71.

Chez le chien, après une ingestion d’alcool correspondant à 15 centimètres cubes d’alcool absolu introduit sous forme d’alcool à 10 pour 100 et effectuée en trois fois à 4 heures d'intervalle, l’animal est mort pendant la nuit qui a suivi l’injection faite à 9 heures du matin, et le sang renfermait une proportion del",3 d’alcool absolu dans 100 centimètres cubes de sang, ou 1 /76.

La technique est celle que je décris plus bas, v. p. 54, elle permet avec une très petite quantité de sang de déterminer la proportion d’alcool et son application serait utile à la médecine légale pour décider facilement si un homme a succombé à un empoisonnemenl aigu produit par l’alcool.

Quantité d'alcool éthylique contenue dans le sang artériel pendant l'ivresse alcoolique. Société de Biologie, 1881, p. 314.

Injection d'alcool éthylique dans le sang veineux. Comptes Rendus, 1895, t. CXX, p. 1154.

Dosage de l’alcool éthylique dans le sang après l'injection directe dans les

veines on après l’introduction des vapeurs alcooliques dans les poumons.

Comptes Rendus, 1896, t. CXXIII, p. 192. Société de Biologie, 1896,

Dans mon premier travail, l’alcool étant introduit dans les veines, j’avais recherché l’alcool contenu dans le torrent circulatoire par la distillation du sang et la détermination de l’alcool par la densité du liquide distillé obtenue par la méthode du flacon.

•l’avais trouvé qu’en injectant dans la veine jugulaire une proportion d’alcool à 25 pour 100 correspondant à 10 centimètres cubes d’alcool absolu par kilogramme, la proportion d’alcool est de 1 pour 100 dans le sang 1 .

Ces recherches' étaient longues et laborieuses, aussi avant

d’entreprendre de nouvelles recherches, j’ai pensé qu’il était nécessaire d’avoir à sa disposition un procédé de dosage plus exact et surtout plus sensible que le précédent. Aussi j’ai demandé à mon préparateur, le D' Nicloux, d’établir un procédé de dosage de petites quantités d’alcool. 11 a été assez heureux pour y parvenir en employant une réaction utilisée qualitativement depuis fort longtemps, ksavoir la réduction du bichromate de potasse par l’alcool en présence d’acide sulfurique.

Je n’entrerai pas dans le détail du dosage et je donnerai simplement le principe de la méthode. Si l’on ajoute à chaud du bichromate de potasse successivement et en très petite quantité, à une solution alcoolique diluée, en présence de l’acide sulfurique, la réduction du bichromate est, à un moment déterminé, accompagnée d’un changement de teinte; en effet, dès que l’alcool èSt complètement oxydé, le bichromate n’entre plus en réaction et ce point atteint, un très petit excès de bichromate. grâce à la puissance de sa coloration, communique à. la teinte vert bleu franche du sulfate de sesquioxyde de chromé étendu une teinte jaunâtre, véritable virage qui, indiquant la limite de la réaction, est immédiatement utilisable pour le dosage. 5 centimètres cubes d’une solution alcoolique à 1 pour 100 suffisent pour ce dosage.

En possession de cette méthode, le dosage dans le sang devenait très simple. Il suffit de distiller le sang (10 ou 20 centimètres cubes environ) dans le vide au moyen de la pompe à . mercure en utilisant le dispositif que j’ai indiqué et dont je donne ci-contre la représentation (fig. 10). Le liquide clair obtenu par distillation, renferme tout l’alcool, lequel est dosé par la méthode de Nicloux.

J'ai démontré ainsi qu’en injectant l’alcool dans le sang, on constate immédiatement qu’il se fixe dans les tissus avec une très grande rapidité, car quelques minutes après l’injection, la proportion dans le sang est déjà très petite vis-à-vis de la quantité introduite.

D’autre part, et c’est là un fait qui me paraît fort important, il est possible de voir la fixation de l’alcool en vapeur par le sang en faisant respirer à un animal (chien) des vapeurs alcoo-

Recherches sur l'alcoolisme aigu, dosage de l’alcool dans le sang et dans les tissus. Comptes Rendus, 1899, t. CXXIX, p. 746.

Recherches expérimentales sur l’intoxication par l’alcool éthylique.

Société de Biologie, 1899. p. 808.

ferme le sang après l'injection dans l’estomac de volumes déterminés d'alcool éthylique. Société de Biologie, 1899, p. 946.

Nouvelles recherches sur l’alcoolisme aigu. Société de Biologie, 1900, p. 894. Journal de l’Anatomie et de la Physiologie, 1900, t. XXXVI, p. 143-159.

Dosage de l’alcool dans le sang après l’ingestion dans l’estomac d'un volume mesuré de ce liquide, courbe complète. Société de Biologie, 1903, p. 1264.

Si on introduit de l’alcool à 10 pour 100 dans l’estomac du chien on constate, et cela est surtout vrai pour les doses correspondant à 3 centimètres 1 cubes et plus d’alcool absolu par kilogramme, une heure environ après l’ingestion, l’existence,, d’une certaine proportion d’alcool dans le sang, proportion qui reste constante plusieurs heures.

La ligure ci-contre ,(fïg. 11) est la représentation de toute une série d’expériences comparatives, faites chez le chien les quantités d’alcool absolu ingérées par kilogramme sont indiquées sur les courbes mêmes.

11 était intéressant de rechercher ce que devient l’alcool dans les heures suivantes et de voir au bout de quel nombre d’heures l’alcool a complètement disparu du sang.

Voici les résultats obtenus en suivant la technique exposée page 54.

Voici maintenant les résultats pour le cerveau, les muscles, le foie, les reins, la quantité d’alcool ingéré étant de 5 centimètres cubes d’alcool absolu par kilogramme et la quantité d’alcool étant de O",57 pour 100 centimètres cubes de sang :

Pendant le sommeil profond produit par une injection de 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine par kilogramme du poids d’un chien, l’exhalation de l’acide carbonique fut considérablement diminuée. L’animal avant l’injection du poison exhalait 2*',64 d’acide carbonique en 7”35‘ ; pendant le sommeil, une demi-heure après l’injection, il exhala 2'',245 seulement en 18”15‘; à l’état de veille il aurait exhalé pendant.ce temps 6*',356 d’acide carbonique, presque le triple du poids trouvé. Si l’on admet, ce qui paraît rationnel, que la quantité d’acide carbonique qui se forme dans tout l’organisme en un certain temps est à peu près égale à celle qui est exhalée par les poumons, dans le même temps, l’activité de la production de l’acide carbonique dans les tissus pendant le sommeil provoqué parla forte dose de morphine que j’ai employée serait donc trois fois moindre que chez l’animal à l’état de veille ; cette conclusion ne peut être exacte qu’à une condition : c’est que l’acide carbonique ne s’accumule pas dans le sang ou dans les tissus pendant le sommeil artificiel.

vapeurs nitreuses (En commun avecM. Qukqu.ud). Sociétéde Biologie,

On a employé les vapeurs nitreuses pour détruire en temps

d’épidémie les germes morbides qui peuvent être contenus dans les bagages des voyageurs ; il paraît difficile que, dans l’usage de ces vapeurs d’acide hypoazotique, les voyageurs et les employés ne soient point exposés h en respirer.

Rabuteau a signalé le fait d’un ouvrier qui, ayant respiré des vapeurs nitreuses qui s’étaient échappées d’une chambre de plomb, avait quitté son travail, avait éprouvé de l’oppression et était mort au bout de quelques heures. En faisant arriver dans un long tube de verre attaché à une muselière fixée sur la tête du chien un courant lent de bioxyde d’azote, on vit l'animal mourir au bout de quelques minutes ; un autre animal mourut au bout d’une demi-heure, et on avait consommé de un à deux litres de bioxyde d’azote, qui s’était mélangé avec l’air inspiré, mais qui avait été rejeté en partie au dehors par les mouvements d’expiration.

Comptes Rendus de l’Académie des sciences, 1870, t^LXX, p. 1182.

; Société de Biologie, 1870, p. 97.

Dans une grande cloche tubulée de verre, je compose un mélange de 9 litres d'air et de 1 litre d’oxyde de carbone pur ; la tubulure de la cloche est fermée par un robinet à 3 voies sur lequel j’attache une muselière de caoutchouc, bien fixée sur la tête d'un chien.

Au commencement d’une minute marquée sur une montre à secondes, on ouvre le robinet de la cloche ; aussitôt l’animal respire le mélange toxique ; entre la 55' et la 80 e seconde, je prends dans l’artère carotide 50 centimètres cubes de sang qui est injecté dans le récipient vide d’un appareil à extraction des gaz du sang ; les gaz sont extraits h 40° ; puis par l’acide acétique et à 100° on décompose dans le vide l’hémoglobine oxycarbonée et on obtient dans une seconde cloche l’oxyde de carbone, qui est mesuré par l’absorption avec le protochlorure' de cuivre dissous dans l’acide chlorhydrique.

Ainsi entre 1*15'et 1“30 ! , 1 oxyde de carbone se trouvait dans le sang artériel en très forte proportion et l’oxygène en petite quantité ; l’animal courait un grand danger.

Nous avons de nombreux exemples de mort presque subite survenant chez des ouvriers que leur profession oblige à s’exposer au dégagement des vapeurs délétères, soit dans des puits, soit dans des galeries de mines dont l’air est toxique ou plus ou moins dépourvu d’oxygène.

Avant de pénétrer dans un puits, dans une fosse ou dans une galerie, l’ouvrier doit introduire une cage renfermant un oiseau ou un petit mammifère ; si l’animal laissé dans l’atmosphère confinée pendant üne heure résiste à cette épreuve, l’homme peut pénétrer sans crainte ; si l’animal succombe, on pratiquera une ventilation énergique jusqu’à ce qu’un autre animal résisté à une nouvelle épreuve. L'emploi de ce moyen pourra ainsi préserver l’hcimme d’accidents trop souvent mortels.

Élimination de l'oxyde de carbone. Comptes Rendus, 1873, t. LXXVI, p. 233. Société de Biologie, 1872, p. 228; 1873, pp. 123, 126, 349 ; 1879, p. 228.

On sait que la découverte de l’action toxique de l’oxyde de carbone appartient à Félix Leblanc.

Claude Bernard a démontré lè mécanisme dé l’empoisonnement produit par ce gaz et a prouvé que l’oxyde de carbone possède pour l’hémoglobine du sang une plus grande affinité que l’oxygène, dé sorte que si l’on agite du sang oxygéné dans

un flacon plein d’oxyde de carbone, l’oxygène est déplacé par un volume égal de ce dernier gaz.

En faisant respirer à un lapin de la vapeur de charbon, Claude Bernard a empoisonné cet animal et a reconnu au spectroscope dans une goutte de sang prise dans l’oreille la présence de l’oxyde de carbone par les deux bandes d’absorption et par l’absence de réduction ; une demr-heure après la fin de l’intoxication partielle, le sang commençait à se réduire ; trois quarts d’heure après, il se réduisait complètement. L’élimination a donc lieu rapidement chez cet animal.

Chez le chien, par un autre procédé qui permet un dosage exact, par la mesure des pouvoirs absorbants du sang pour l’oxygène et pour l’oxyde de carbone, j’ai étudié la marche de l’élimination après un emj

1° 100°° de sang normal ont absorbé

L’élimination du poison est plus lente chez le chien que chez le lapin, mais elle a lieu à peu près proportionnellement au

Sous quelle forme l’oxyde de carbone est-il éliminé ? C’est une question qui a donné lieu à de nombreuses controverses, et j’ai dû faire de grands efforts pour arriver à l’élucider.. M. Pokrowski a fait des expériences qui paraissent démontrer que l’oxyde de carbone est brûlé dans l’organisme et converti en acide carbonique.

En faisant respirer un chien dans un sac de caoutchouc contenant 50 litres d’air et 380 centimètres cubes d’oxyde de carbone pur (t/140), dans un volume limité dont on enlevait l’acide carbonique au fur et à mesure qu’il était exhalé, tandis qu’on remplaçait l’oxygène absorbé, j’ai reconnu que le sang normal de Eanimal absorbait 25", 1 d’oxygène, tandis que 100 centimètres cubes de sang intoxiqué pris une demi-heure

lement partiel.

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