Quinquau'd
Société de Biologie, 1886, p. 21S.
Le sérum, placé dans le vide, abandonne difficilement son acide carbonique. C’est un fait exact sur lequel tous les hématologistes sont d’accord ; mais cet abandon est rendu beaucoup plus facile si l’on fait passer dans l’appareil à vide contenant le sérum, une petite quantité de globules privés de. gaz; les choses se passent comme si l’on avait ajouté un acide.
Nous avons reconnu que l’addition au sérum de poudre dp lycopode ou de sesquioxyde de fer en poudre rend plus facile la dissociation de l’acide carbonique et nous, avons conclu de nos expériences que les globules paraissent aider cette dissociation à la manière dés agents physiques et mécaniques, sans .qu’il soit nécessaire de faire intervenir unacide.
Nous avons reconnu en outre que dans de sang altéré l’acide carbonique existe en plus grande quantité dans les globules que dans le sérum, tandis que le contraire a lieu lorsque le sang est frais, comme l’ont démontré de nombreux travaux.
l'hémoglobine. Comptes Rendus, 1872,*LXXV, p S 495.
Comparaison ■ entre le volume d’oxygène contenu dans le sang artériel et le plus grand volume d'oxygène que le sang peut absorber. Société de Biologie, 1872, p. 214.
Le sang artériel du chien ne renferme presque jamais la quantité totale d’oxygène qu’il pourrait absorber.
Deux expériences comparatives très simples ont permis de démontrer ce fait; 100 centimètres cubes de sang pris dans l’artère carotide contenaient 16",3 d'oxygène, tandis que 100 centimètres cubes du même sang agités avec de l’oxygène contenaient 26",8 de çe gaz (capacité respiratoire). Le rapport 16/27 donne une mesure exacte de l 'effet utile de la respiration pulmonaire quant à l’absorption de l’oxygène. 11 est
évident que ce nombre doit varier beaucoup chez l’homme comme chez les animaux, il doit dépendre de la constitution de l’amplitude des mouvements respiratoires qui renouvellent plus ou moins parfaitement l’air dans les poumons, de la rapidité du cours du sang à travers les poumons ; il doit dépendre aussi chez le même individu de l’état de santé ou de maladie.
Un grand nombre d'expériences ont prouvé que, chez des chiens différents, la capacité respiratoire du sang peut varier de 13 à 32, c’est-à-dire dans des limites très étendues ; ces nombres sont proportionnels aux quantités d’hémoglobine contenue dans le sang et peuvent servir à doser cette substance 1 .
Analyse du sang. Société de Biologie, 1870, p. 46.
J’ai proposé comme moyen simple d’analyse du sang applicable à l’étude de ce liquide, dans les maladies et dans diverses, conditions établies expérimentalement chez les animaux, le mode de traitement que j’ai employé pour la recherche de l’urée du sang. La détermination directe de l’eau contenue dans le sang présente déjà des difficultés : si l’on abandonne le sang à la coagulation, le caillot placé dans une étuve à 100° est difficile à dessécher complètement, les couches superficielles forment un .vernis sec qui empêche la dessiccation de la partie centrale. Je recueille un certain poids de sang non coagulé et, après l’avoir agité dans un flacon pour le défibriner, je traite le sang par le double de son volume d’alcool et j’obtiens une bouillie qui, soumise le lendemain à la presse, laisse un tourteau facile à pulvériser et qui se dessèche bien dans l’étuve; d’une autre part, on déterminera le poids du résidu de l’extrait alcoolique évaporé au bain-marie et dans ce résidu peu abondant se trouvent le glucose, l’urée et quelques sels solubles dans l’alcool.
Le tourteau pesé après dessiccation, renfermant la fibrine,
les substances albuminoïdes et l’hémoglobine qui ont été coagulées par l’alcool, pourra ensuite être soumis à d’autres recherches.
Mesure delà quantité de sang contenu-dans l’organisme d'un mammifère vivant. Société de Biologie, 1872, p. 9. (En commun avec M. Qura- . ; oiiacd). Journal de l’anatomie et de la physiologie, 1882, t. XVIII, p. 564-577.
Ce procédé de mesure repose sur la propriété que possède l’oxyde de carbone de donner avec l’hémoglobine des globules du sang une combinaison plus fixe que la combinaison formée par cette matière colorante avec l'oxygène de sorte que, dans l’empoisonnement produit par l’oxyde de carbone, ce dernier gaz se substitue àl’oxygène volume à volume (Claude Bernard). D’une manière générale, pour obtenir le volume total du sang, il suffit de faire respirer à l’animal un volume de gaz homogène contenant des proportions d’oxyde de carbone bien déterminées, afin d’apprécier, après un quart d’heure par exemple, le volume d’oxyde de carbone restant, ce qui donne le volume du gaz toxique qui a été fixé parla masse du sang. D’un autre côté, on mesure la capacité respiratoire de deux échantillons de sang, l’un pris avant l’empoisonnement, l’autre après : connaissant d’une part le volume total d’oxyde de carbone fixé, et d’autre part le volume de ce gaz qui a été absorbé par 100 centimètres cubes de sang on obtient par une simple proportion le volume total cherché. Pour cette mesure, sept opérations successives sont nécessaires :
1” On prend dans une artère un premier échantillon de sang normal du volume de 30 centimètres cubes, on l’injecte dans un flacon et on le défibriné par l’agitation.
2° Dans une grande cloche graduée et fermée par un bouchon que traverse un robinet à trois voies, on compose un mélange de 5 litres d’oxygène, 1 litre d’hydrogène pur, puis autant de fois 100 centimètres cubes d’oxyde de carbone pur que le poids de l’animal renferme de fois 7** r ,300 ; nous sommes
arrivés à celte dose qui n’est pas mortelle à la suite de nombreux tâtonnements.
3" Sur la tète de l’animal fixé sur une gouttière, on attache avec le plus grand soin, à l’aide de liens serrés, une muselière ■ de caoutchouc; le tube par lequel se termine la muselière est réuni au robinet à trois voies de la cloche; au bout d’une minute on tourne le robinet et l’animal respire le mélange gazeux pendant 1 /4 d’heure.
4’ Avant que la dernière minute se soit écoulée, ou prend dans l’artère un second échantillon de sang, on l’injecte, dans un flacon, on le défibrine par l’agitation.
5* Dans un long tube gradué plein de mercure, on mesure 100 centimètres cubes environ de gaz restant dans la , cloche, on absorbe l’acide carbonique sur le mercure 11 flrfa fait à l’aide de l’eudiomëtre à eau l’analyse du gaz restant pour déterminer l’hydrogène ; ce qui fait connaître le volume de gaz qui restait dans la cloche et dans les poumons. (Mesuré du volume des poumons par l’hydrogène, d’après le procédé de Gréhant. Voir plus loin p. 17.)
6” Un litre de gaz expiré est introduit dans un petit sac de caoutchouc et-additionné de 3 à 4 litres d’air pour que lê mélange ne soit plus détonant; ce mélange traverse une sérié de barboteurs à potasse et à eau de baryte, puis un long tube rempli de tournure de cuivre grillée et chauffée au rouge et un long tube peu incliné sur l’horizon contenant de l’eau de baryte. Le précipité dé carbonate de baryte qui se forme et qui provient de la combustion dé l’oxyde de carbone est laissé dans le tube ; on le décompose dans le vide par un acide ; le) volume d’acide carbonique recueilli par la pompe à mercure correspond à un volume égal d’oxyde de carbone. (Procédé de Gréhant pour la recherche et pour le dosage de l’oxyde de carbone.)
7° On détermine les capacités respiratoires des 2 échantillons de sang, le second absorbe beaucoup'moins d’oxygène que le premier ; la différence des deux nombres obtenus représente le volume d’oxyde de carbone qui a été. fixé par le sang.
Neuf expériences failes sur le chien nous ont donné pour le poids du sang des nombres compris entre 1/11 et 1/13,8 du poids du corps.
primé dans les poumons. Comptes Rendus, 1871, t. LXXIII, p. 274.
Chez un chien à l’état normal, la pression du sang dans l’artère fémorale, tracée par le manomètre de Fick sur le cylindre tournant de M. Marey, était égale à 12 centimètres de mercure en moyenne ; on insuffla dans les poumons, par un tube fixé dans la trachée, de l’air soumis à la pression de 8 centimètres de mercure, la pression dans l’artère diminua de 12 centimètres à 5 centimètres.
La trachée d’un lapin ayant été mise en communication avec un gazomètre plein d’air à la pression de 4“,2 de mercure, la pression du sang dans l’artère carotide baissa dé 13^,8 â 2”,6.
J’ai démontré directement que l’air comprimé arrête la circulation pulmonaire. J’ai introduit par la veine jugulaire chez un chien une sonde de plomb préalablement remplie d’une solution-de bicarbonate de soude jusque dans la veine cave inférieure ; un tube de verre, ayant été fixé dans l’artère carotide, les deux vaisseaux furent unis aux deux branches d'un manomètre différentiel de Claude Bernard. Dans les conditions normales, le mercure montait du côté de la veine jusqu’il 14 centimètres ; dès qu’on eut insufflé les poumons avec de l’air soumis à la pression de 6“,5 de mercure, ce métal descendit du .côté de la veine et bientôt les deux niveaux furent dans un même plan horizontal ; la circulation était complètement arrêtée et l’obstacle se trouvait dans les poumons; dès qu’on laissait ces organes s’affaisser, le sang arrivait en grande quantité dans l’artère.
En répétant l’expérience de Gréhant faite en 1870 sur l’abaissement de la pression du sang dans les artères qui suit l’insufflation de l’air comprimé dans les poumons, nous avons observé des faits nouveaux. Le dispositif de nos expériences a été très simple: un gazomètre en zinc contenant 150 litres d’air et portant soudés à la partie supérieure deux robinets, dont 1 un communiquait, par un tube de caoutchouc avec un entonnoir double à déversement, servait de réservoir à ait comprimé sous pression constante.
On introduisait dans l’artère carotide une canule de verre misé en rapport avec un cardiomètre de Magendie, qui avec un flotteur muni d’un style traçait sur un cylindre de M. Marey la courbe de pression normale.
Chez un chien dont la pression moyenne dans l’artère carotide était voisine de 12 centimètres l’insufflation d’air soumis à une pression de 35 millimètres de mercure a produit un abaissement de la pression égal à 7 centimètres.
L’air insufflé à la pression de 1 centimètre de mercure abaissa la pression artérielle de 4 centimètres environ.
Nous avons observé un autre fait très, important : si l’on maintient dans les poumons de l’air soumis à la pression de 8 centimètres de mercure, ou bout d’une minute l’animal urine, il étend les pattes et il meurt en cinq minutes environ. Le sang dans le cœur gauche et dans le cœur droit était rempli d une mousse abondante, comme si 1 on avait injecté de l’air dans les vaisseaux ; l'air insufflé avait déchiré les vésicules pulmonaires elles vaisseaux sanguins.
Chez un lapin l’air comprimé à 37 millimètres de mercure a suffi pour produire les mêmes effets.
II est donc très dangereux, quand on pratique la respiration
résultats qui ont. été obtenus; les pressions indiquées en atmosphères et dixièmes d’atmosphère ont été mesurées aii moment de la rupture.
Nos mesures démontrent que les pressions nécessaires pour rompre les artères sont beaucoup plus grandes que celles qui existent normalement dans ces vaisseaux ; ainsi la pression du sang dans l’artère carotide ,d’un chien étant de 15 centimètres environ, ce vaisseàu s’est rompu dans un cas à 8',3, c’est-àdire sous une pression de 630"",8 ou quarante-deux fois plus grande.
Expériences comparatives sur la respiration élémentaire du sang et des
tissus (En commun avec"M. Quinquaud). Comptes Rendus, 1888, t. CVI,
En employant le dispositif décrit pour l’élude de la respiration de la levure de bière (Voir même notice, nous avons fait les expériences suivantes :
a) Le sang (25“) est agité à 40” pendant une heure dans un flacon en présence de l’air.
Dans ce cas, il n’y a ni oxygène consommé ni acide carbonique produit ou du moins en proportions extrêmement petites; le sang ne respire presque pas.
b) Le même sang (25") est agité à 40” pendant une heure dans les mêmes conditions mais en présence de 20 grammes de muscle. Au bout de ce temps le sang était noir, l’oxygène de l’air avait été en grande partie absorbé, un volume d'acide carbonique très notable avait été produit.
11 résulte donc de çës expériences que le sang est surtout un porteur d’oxygène, et que les globules sanguins au point
de vue respiratoire se comportent autrement que les éléments
A l’époque où fut faite cette expérience, cette question était fort discutée ; elle est admise maintenant d’une façon absolument générale.
Dosage exact de l’acide carbonique dans le sang et dans les tissus. A rchives de Physiologie, 1890, t. XXII, p. 333-539.
Dosage comparatif de l’acide carbonique contenu dans le sang, les muscles et les tissus. Bulletin de l'Académie de Médecine, 1891, 3' série, t. XXV, p. 286-288.
Ce nouveau procédé qui s’applique particulièrement aux tissus, aux muscles en particulier, consiste à faire dissoudre un certain poids, dé muscle dans une solution aqueuse de baryte, maintenue pendant quelques heures' au, bain-marie à 100°. La désagrégation des tissus est alors complète et il se produit un précipité de carbonate de baryte qui est décomposé ensuite dans le vide par un acide. L’acide carbonique dégagé est recueilli à l'aide de la pompe à mercure, puis dosé en volume.
Les expériences de contrôle faites sur le sang, traité parla méthode habituelle poür l’extraction de ses gaz ou par la méthode qui vient d’être exposée ont montré la. parfaite concordance dans les chiffres obtenus par ces deux modes opératoires.
Sur l’absorption par le sang de l’hydrogène et du protoxyde d’azote intro-
Quand on fait respirer à un chien un mélange d’hydrogène (80 volumes) et d’oxygène (20 volumes), on trouve cinq minutes après 1 centimètre cube d’hydrogène dans 100 centimètres cubes de sang, l’hydrogène a remplacé l’azote. Si on fait respirer alors de l’air pur, cet hydrogène disparaît à son tour pour faire de nouveau place à de l’azote.
En employant les mêmes proportions centésimales de protoxyde d’azote et d’oxygène et en astreignant un animal (chien)
à le respirer pendant quinze minutes, on voit apparaître les phénomènes asphyxiques, le sang d’qutre part est noir et l’insensibilité cornéenne n’est pas atteinte ; l’analyse donne pour 100 centimètres cubes de sang après ces 15 minutes :
Si alors on fait respirer l’air pur on trouve après
Oxygène. . .
Azote. . . .
Protoxyde d'az
Au bout de 30 minutes, comme on le voit, le protoxyde d’azote a complètement disparu du sang.
Sur la présence dans le sang normal d’une trace de gaz combustible. Société
de Biologie, 1894, p. 459. Archives de Physiologie, 1894, t. XXVI,
J’ai pu reconnaître, grâce à l’emploi du grisoumètre, la présence dans le sang normal du chien d’une trace de gaz combustible, qui tantôt après la combustion ne donne aucun louche dans l’eau de baryte, tantôt produit un léger louche et quelquefois même un léger précipité ; ce gaz est donc soit de l’hydrogène, soit de l’hydrogène carburé ou un autre gaz carboné.
La proportion dans le sang est très faible, car pour Î00 centimètres cubes de sang, je n’ai trouvé que deux dixièmes de centimètre cube d'hydrogène que l’on avait toujours jusqu’ici, dans l’analyse, des gaz du sang, confondu avec l’azote.
. Plus tard, M. de Saint-Martin et mon préparateur M. Maurice Nicloux ont pu caractériser dans le sang normal la présence d’une très petite quantité d’oxyde de carbone (t centimètre cube par litre environ).