XI. — ESSAI SUR LES FISTULES CONGÉNITALES DE LA RÉGION LOMUO-SACRÉE
Dans une communication faite à la Société de chirurgie le 25 janvier 1882, furent signalées, pour la première fois d’une façon méthodique, ces fistules congénitales si fréquentes chez les enfants, se perpétuant dans l’âge adulte et pouvant donner lieu â des accidents inflammatoires par rétention des matières épidermiques dans leur cavité. Il s’agit, le plus souvent, d’une dépression cutanée, plus ou moins large et allant jusqu’au voisinage de l’os sacré, auquel la peau adhère. Son orifice est ordinairement caché dans le repli inter-fessier qu’il faut écarter pour l’apercevoir. Cette dépression semble être le résultat d’une anomalie de l’extrémité caudale de l’embryon et aurait quelque rapport avec la spina bifida. Il correspond à ce qu’on pourrait appeler un ombilic postérieur.
Chez un homme de cinquante ans, existait au niveau de la paume de la main droite, vers la tête du troisième métacarpien, une induration avec ulcération profonde à bords taillés à pic; ces lésions avaient les mêmes caractères, et présentaient la même anatomie pathologique que celles du mal perforant du pied. L’insensibilité des parties voisines et quelques troubles du système nerveux du bras ne laissaient aucun doute sur l’analogie qui existait entre les deux maladies.
XIII. — SCOLIOSE ET COXALGIE SIMULÉES PAR UN RACCOURCISSEMENT CONGÉNITAL DES MEMBRES INFÉRIEURS
Chez les jeunes gens, existe fréquemment un raccourcissement congénital d’un des membres inférieurs, surtout du côté gauche. Ce raccourcissement est tel qu’il peut atteindre de deux centimètres et demi à plus de trois centimètres. Le membre est non seulement plus court, mais plus grêle ; le pied a une longueur moindre que l’autre.
Il n’est pas rare de trouver le côté gauche du hassin et du tronc, même le membre supérieur, moins développés que les parties similaires du côté opposé.
Les conséquences de ce raccourcissement du membre inférieur sont assez nombreuses. Elles se rapportent à l’attitude et à la marche de celui qui en est atteint et aussi aux erreurs de diagnostic qui peuvent être commises.
Très souvent l’enfant marche en boitant; la jambe plus faible devient douloureuse à la suite d’un exercice prolongé ; l’enfant est pris pour un coxalgique et soumis invariablement au traitement de cette maladie.
Dans d’autres cas plus accentués, la déformation dominante, celle qui trompe dans un examen insuffisant, c’est la scoliose lombaire. Dans la station debout, l’enfant ayant une jambe plus courte, le côté correspondant du bassin se trouve abaissé; mais comme le tronc doit reprendre une certaine rectitude, il s’incline du côté opposé ; d’ob résulte bientôt une scoliose à convexité du côté gauche.
Si cet état prédomine, Tenfant est soumis au traitement de la scoliose avec les corsets ordinaires.
Autant de causes d’erreurs qui ont été signalées pour la première fois dans un article du Bulletin médical, 1887.
XIV. — sur; quelques formes rares de tétanos, tétanos céphalique,
TRISMUS HÉMIPLÉGIQUE de eUnirgie, p. 4i, janvier 1888, avec Schwami.
Ce mémoire contient d’abord nne observation personnelle de tétanos céphalique chronique, caractérisée par une contracture des élévateurs de la mâchoire et des muscles de la face du côté blessé ; malgré une marche chronique, l’affection se termina par la mort subite.
Suivent dix-huit cas de tétanos céphalique signalés dans les recueils étrangers. La cause de l’affection était toujours une plaie à la tête ; l’affection était presque toujours caractérisée par une paralysie faciale, en général du côté de la plaie, avec des exceptions d’ailleurs à ce sujet.
11 y eut six guérisons et douze morts ; mortalité supérieure à celle du tétanos ordinaire.
En résumé, ces observations peuvent être groupées en deux classes.
Dans les unes la paralysie faciale domine et donne au mal une physionomie spéciale dés le début, il est caractérisé par le trismus hémiplégique; le tétanos peut rester céphalique ou se généraliser.
Dans la deuxième catégorie, le trismus est unilatéral et donne à la face l’aspect hémiplégique, par suite de la contracture des muscles d’un seul côté. On observe alors le trismus pseudo-hémiplégique ou hémitrismus.