VOYAGES
Les plantes, classées par familles, comprennent environ tO.OOft espèces, toutes parfaitement étiquetées. C’est d’abord une collection do Palmiers, la plus belle que l’on connaisse, comprenant la série des Calamus ou Rotins, dont les longues tiges grimpent et s’enchevêtrent sur les arbres qui leur servent de supports; puis le superbe Oreodoxa regia H. B., le Cyrtostachys Benda Blume, aux gaines des feuilles d’un rouge vif, le Borassus flabelliformis Murr., VBlæis guineensis Jacq. ou Palmier à l’huile, XArenga saccharifera Labill. ou Palmier à sucre, le Baphia vinifera Beauv. ou Palmier à vin, le Phytelephas macrocarpa Ruiz et Pav., dont les graines constituent l’Ivoire végétal, le Lodoiceà seyehellarum Labill., le Cocotier, l’Aréquier, le Metroxylon Sagu Spreng. ou Sagoutier, etc.
Un bassin situé en face du palais du Gouverneur sert à cultiver diverses plantes aquatiques, notamment le Victoria regia Lindl., remarquable parles dimensions de ses feuilles et de ses fleurs.
Les Fougères, les Orchidées, les Pandanus, les Agave, etc., forment des groupes des plus intéressants où l’on trouve réunies les espèces les plus rares et les plus curieuses.
Une autre partie du jardin est consacrée aux plantes grimpantes; une autre aux arbrisseaux et arbustes; une troisième aux plantes herbacées; enfin on a réuni, dans une serre-abri, les espèces les plus délicates qui souffriraient d’être exposées en plein air et en plein soleil
Les laboratoires sont nombreux et ont chacun à leur tête un savant ayant des attributions spéciales bien définies.
Mais le jardin botanique a de nombreuses et importantes dépendances qui lui permettent d’entreprendre des expériences dans le but d’éclairer les colons et de les faire profiter des progrès réalisés par les
M. Bois a visité en premier lieu le jardin d'expériences de Tjilceumeuh, qui est situé à une faible distance de Buitenzorg, et dont la contenance est de 72 hectares. C’est là que sont cultivées, sur une certaine échelle, toutes les espèces ou variétés de végétaux qui pourraient être introduites dans la colonie ou dont les procédés de culture sont susceptibles de perfectionnements. On y voit toute la série des arbres à caoutchouc et à gutta-percha, les Caféiers, les Cacaoyers, les Riz, les Thés, etc.
Une autre dépendance, très importante, est la forêt de Tjibodas,
située sur le flanc du Gedeh, entre 1.400 et 1.900 mètres d’altitude.
Cette forêt-réserve, a une superficie de 283 hectares. M. Bois a pu y rencontrer de beaux spécimens do la flore du pays, qui deviennent de plus en plus rares dans les autres parties de l’île où la forêt est détruite pour faire place à des exploitations agricoles. On y a planté aussi des végétaux étrangers à la flore locale qui ne peuvent vivre dans les jardins de Buitenzorg où règne une température trop élevée pour eux. Un laboratoire y est installé, ainsi que des chambres pour les personnes qui veulent passer quelque temps en vue de la recherche de matériaux de travail ou pour l’étude sur place des collections ou de la flore.
Les plantations de Tjipetir l’intéressèrent vivement; il y existe déjà près de 2.000 hectares d’arbres à gutta-percha en état d’être exploités, et appartenant aux espèces qui donnent le produit le meilleur et le plus abondant : les Palaquium Gntia Burck et oblongifolium. M. Bois a visité aussi les plantations d’arbres à caoutchouc, de Ficus elaslica L. principalement, puis les cultures de Caféiers, de Thé, de Poivriers, etc.
Les cultures d’arbres à quinquina sont aussi fort intéressantes. 11 admira celles qui sont situées sur le Tankoeban Prahoe, entre 1.200 et 2.000 mètres d’altitude, à Lembang, près Bandong. On cultive partout le Cinchona Ledgcriana, greffé sur C. succirubra et sélectionné avec le plus grand soin pour obtenir une forte proportion de sulfate de quinine. On cherche à propager en ce moment un précieux hybride, lé Cinchona robusta, riche à la fois en quinine et en cinohonine.
M. Bois a exploré aussi le volcan du Papandayan et les belles forêts qui existent sur les flancs de la montagne.
De là il s’est rendu à Klatten, près Djodjakharta, où existent deux laboratoires : l’un pour l’étude de la Canne à sucre, l’autre pour l’étude de l’Indigo. C’est dans cette région que se trouvent les ruines des beaux temples de Bœrobœdœr et de Brambaman.
M. Bois a reçu partout le meilleur accueil. En l’absence de M. Treub, directeur du Jardin de Buitenzorg, son aimable et savant remplaçant,' M. Van Romburgh, ainsi que M. Bréda de Haan, chef du laboratoire des étrangers, ont eu pour lui les plus délicates attentions.
Les laboratoires de Buitenzorg étant largement ouverts à tous ceux qui viennent y faire des études scientifiques ou d’utilité pratique, il est
espèces dont quelques-unes encore peu connues et très rares en outre quatre espèces et deux variétés nouvelles.
Une Algue récoltée sur les murs de la cathédrale de Hanoï constitue aussi une espèce nouvelle qui sera prochainement décrite par M. Hariot.
Ce voyage a permis à M. Bois d’étudier certaines productions végétales (voir d’autre part) ; il a pu, par suite, entrer en relations avec plusieurs naturalistes qui ont, depuis, enrichi les collections du Muséum par leurs envois.