‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 3 sur 4 · II. — RECHERCHES EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

II. — RECHERCHES EXPÉRIMENTALES

Recherches biologiques sur la sueur

Ces recherches ont porté, tant sur la sueur d’individus normaux que sur des sueurs provenant d’individus malades. Nous

a) La cryoscopie de la sueur de l’homme sain. — Note présentée par M. le Professeur Bouchard à l’Académie des Sciences, 19 nov. 1900.

normal. — En collabora-

Communications à la Société de Biologie Première note : 17 Novembre 1900.

Seconde note : i er Décembre 1900.

c) La toxicité de la sueur des épileptiques. — En collaboration

Communication à la Société de Biologie, 8 Décembre 190

d) La toxicité de la sueur des paralytiques généraux. — En collaboration avec M. le professeur Mairet.

Communication à la Société de Biologie, 22 décembre 1900.

(Travaux du Laboratoire de la Clinique

a) Cryoscopie de la sueur de l’homme sain. — Malgré l’extencopiques, aucun auteur, à notre connaissance, n’a encore donné

toxicité delà sueur. Quinze expériences ont été faites sur de la sueur fournie par des individus sains et dans la force de l'age (infirmiers), et dont les téguments avaient été soigneusement nettoyés.

Toutes les déterminations ont été faites au moyen du cryoscope ' de Raoult, sur un volume de 100 centimètres cubes de sueur.

Les 'Chiffres obtenus ont varié de— o°,o8 à — o°,46, en passant par les valeurs intermédiaires suivantes:

— o°,io; — o°,i2 ; — o°,i4 ; — o°,i6; — o 4 ,20 ; — o«2o; — o°,24;

— o°, 24 ; — o°,27 ; — o°,3o ; — o ft ,3o ; — o°,37 ; — o°,38; — o',46.

Les variations individuelles du point de congélation de la

sueur sont étroitement liées à la teneur de celle-ci en chlorure de sodium, qui y entre pour la plus grande part : ce point est d’autant, plus au-dessous de o 4 que la sueur contient plus de NaCl. Ceci explique que les valeurs cryoscopiques les plus faibles aient été obtenues en été, c’est-à-dire dans une saison où les glandes sudoripares, hyperfonctionnantes, éliminent une grande quantité d’eau. , ,

Les conclusions de ces recherches sont les suivantes :

, i° Le point de congélation moyen de la sueur de l’homme sain est de — o^y.

2° Il oscille, suivant les individus, entre — 00,08, chiffre minimum et — o°,46 chiffre maximum.

3° Les oscillations tiennent, en majeure partie, aux variations de la quantité de chlorure de sodium contenue dans la sueur.

6) Toxicité de la sueur de l’homme normal. — Divers expérimentateurs se sont déjà occupés de la toxicité de la sueur. Parmi eu^, par ordre de date, citons Rohrig, Queirolo, Capitan et Gley, Cabitlo, Arloing, Charrin et Mavrojannis. Tandis que les uns, en majorité, trouvent la sueur peu ou pas toxique (Queirolo, Capitan et Gley, Cabitto, Charrin et Mavrojannis', les . autres la trouvent très toxique: Rohrig avec 3cent.cub.de sueur et Arloing avec i5 à 25 cent, cubes de sueur par kilogr. d’animal, ont obtenu des effets très violents et la mort des

îsi pure el aussi aseptique que possible, afin de n't

ment que, muni à sa paroi inférieure d’une gouttière dans laquelle venait se collecter la sueur, et qui communiquait avec un robinet extérieur, il était hermétiquement clos et entouré d’une sorte de tente en toile parallélipipédique dans laquelle circulait l’air chaud fourni par une brasiôre sous-jacente.

Avant chaque expérience , l'appareil était aseptisé, soit par flambage à l’alcool, soit par un brossage énergique au savon antiseptique, suivi d’un lavage à l’eau bouillante.

était, lui aussi, sinon, aseptisé, tout au moins minutieusemeT nettoyé au moyen de la série d’opérations suivantes :

. ‘-t «) Il prenait uni bain de propreté où il était brossé au savo antiseptique ; les ongles des pieds et des mains, les plis articu laires, étaient l’objet de soins méticuleux.

6) Au sortir du bain, le sujet, ainsi décapé, était lubè à l’ea bouillie et séché avec des compresses stérilisées à l’étuve.

Ce n’est qu’après avoir subi cette toile,tte préalable que i sujet aseptique était introduit dans l'étuve aseptique.

3.° La sueur, aussitôt après avoir été recuéillie dans des éproi

cette mort à été immédiate, 2 fois elle est survenue quelques heures après (6 heures et 10 heures) et 1 fois au bout de 12 jours. Dans un seul cas, nous avons eu une survie indéfinie, Comme dans les expériences du premier groupe.

Les quantités de süeür injectées étaient plus faibles dans ce sécond groupe, allant de 44 ce. à 247 cc. par kilogramme de lapin.

Les symptômes observés au cours de l’injection ont été les mêmes que dans le premier groupe.

A Yautopsie , nous ayons toujours constaté de la congestion des divers viscères, ainsi que l’existence de cailiots dans les cavités droites du cœur et les gros vaisseaux.

La raison de cette discordance entre nos deux séries d’expériences réside dans la teneur inégale des sueurs en chlorure de sodium : les premières, recueillies en hiver, étaient plus concentrées que les secondes, recueillies en été, c’est-à-dire dans une saison où les glandes sudoripàres, hypèrfonctionnàntes, éliminent une plus grande'quantité d eau. Il résulte dè ceci que, de ces sueurs, les unes étaient presque isotoniqiies avec le sérum sanguin du lapin, et leur point de congélation se rapprochait de —o°,56, tandis que les autres, dont le point de congélation était très voisin deo°, n’étaient pas isotoniques avec le sérum sanguin

On peut donc établir Une relation entre la mort des animaux observée dans le second groupe, et un défaut d’isotonie des sueurs de ce groupe avec le sang des animaux en expérience. Ceci est confirmé par ce fait que, dans les deux cas du second groupe où les animaux ont survécu 6 et 10 heures, et dans le cas où il y a eu survie, le point dé congélation de la sueur se rapprochait beaucoup plus de — o°,56 que de o°. Dé plus, nous avons établi des expériences de contrôle en pratiquant à des lapins des injections d'eau salée aux mêmes titres que nos sueurs, et nous avons obtenu absolument les mêmes résultats.

De l’ensemble de ces expériences, on peut donc tirer les con-

i° La sueur de l'homme sain , pure, aseptique et fraîche , ne contient pas de substances toxiques;

v 2 0 Lorsque cette sueur tue , la mort a lieu par osmonocivité .

la seule altération macroscopique que nous ayons constatée

cas contraire, à la congestion s’ajoutaient des suffusions sanguines sous-pie-mériennes, des hémorragies punctiformes intra-

des ecchymoses dans le poumon ; le foie, toujours congestionné et volumineux, présente parfois un aspect granuleux et est dur à la coupe.

En somme, on peut conclure:

i" La sueur des paralytiques généraux a une toxicité faible,

2» Cette toxicité se traduit, à côté d'effets semblables à ceux que produit la sueur de t homme sain, par des effets inverses sur le cœur, dont elle augmente le nombre des battements, et par une

de troubles paralytiques variables, relevant de lésions congestives et d'hémorragies des centres nerveux.

si la sueur de l’homme normal ne contient pas de principes toxi-

Page 1