IV. — APPAREIL DIGESTIF
cale (31).
La cholecystographie constitue la méthode de choix dans l’étude de la physiologie et de la pathologie de la vésicule
aucun souagement. Le 20 octobre 1927, tubage duodénal et épreuve de Metzler-Lyon. On obtient une bile B trouble « purée de pois ». La malade est revue au bout de trois semaines, bien qu’il n’y ait eu aucune crise douloureuse nouvelle, on effectue un deuxième tubage, qui montre une bile claire. La vésicule qui auparavant était grosse et douloureuse est devenue à peine perceptible et sensible. L’état général est meilleur. La malade est revue seulement après dix-huit mois. Pendant tout ce temps, elle n’a présenté qu’une seule crise douloureuse. On refait malgré tout un troisième tubage, qui montre une bile claire, foncée.
Cette observation montre le résultat qu’on peut attendre, dans certains cas, du drainage médical des voies biliaires. Toutes nos six malades ont été soulagées. Aucune n’a encore subi d’intervention chirurgicale. Il ne faut pas évidemment s’attendre à ce que le drainage fasse disparaître la péricholécystite et les adhérences de voisinage; il est permis de faire un choix des cas favorables. Quand il s’agit de vésicules grosses, douloureuses, assez mobiles, le drainage, en vidant l’article, supprime la stase. Au contraire, dans les vésicules petites, rétractées, noyées dans des adhérences et à cavité réduite, on ne peut guère obtenir qu’une légère sédation de certains symptômes, qui en remontant l’état général permettra une intervention dans de meilleures conditions. Ce drainage ne supprime pas du reste la nécessité d’une thérapeutique auxiliaire, désinfection des voies biliaires, intestinales, régimes, cures thermales.
On peut du reste compléter le tubage duodénal par l’absorption de sulfate de magnésie ou du repas de Boydon, ou l'injection de lobe postérieur d’hypophyse.
En somme, le drainage médical des voies biliaires constitue un énorme progrès. S’il n’empêche pas toujours l’acte chirurgical, du moins il s’y associe heureusement, en le préparant, en le reculant ou en le complétant.
Cholécystite aiguë avec ictère prolongé. Drainage médical des voies biliaires. Guérison (49).
Le tubage duodénal suivi de l’épreuve de Meltzer-Lyon est une acquisition très importante pour la médecine pra-
Le 12 avril 1929, tubage et épreuve’,de Metzer-Lyon. On instille, à trois reprises, chaque fois 20 cm" de solution de sulfate de magnésie à 30 %. La bile obtenue est foncée, mais claire. Le soir, la température est tombée à 36*8 et la malade est soulagée, Dès le lendemain, les urines pâlissent et les selles se recolorent, mais deitx jours après la fièvre tend à remonter.
Le 15 avril, un deuxième tubage est essayé sans succès. L’olive ne passe pas. On instille alors sur le pylore 40 cc. de solution de magnésie ; le lendemain la température s’abaisse légèrement.
Le 17 avril, troisième tubage et épreuve de Meltzer-Lyon. Les jours suivants, comme l’indique la courbe de température ci-après, la fièvre continue à baisser, l’état général s’améliore, l’ictère pâlit et, le 28 avril, la malade quitte la clinique.
On peut donc dire que cette méthode qu’elle apporte de légitimes espoirs au malade et à son médecin. Sans doute
nière recherche est délaissée, en dehors des milieux spécialisés. Cela tient, sans nul doute, aux inconvénients, légers en vérité, du tubage d’estomac,avec repas d’épreuve. L'opération est pénible pour le malade: il faut filtrer longtemps pour obtenir un liquide pur, facile à analyser. Les résultats en sont souvent discordants. Malgré les améliorations suc-
plus la place qui lui revient en semeiologie spéciale. On doit donc savoir gré à MM. CARNOT, KosKOWSKI et LiBERT d’avoir introduit une nouvelle technique, basée sur la physiologie d'un produit qui existe dans l’intestin et que l’industrie prépare par synthèse, l’Histamine. Les effets de celle-ci sont: 1" une action vaso-dilatatrice générale; 2” une action vaso-constritrice pulmonaire; 3” une action contractile sur les fibres lisses (bronches, estomac, intestin, utérus) ; 4" une action excito-sécrétoire sur la muqueuse gastrique.
Ces réactions ne sont modifiées ni par l’atropine, ni par la morphine, ni par l’adrénaline. Introduite par voie digestive, elle n’a aucun effet sur la sécrétion gastrique.
Chez l’homme normal, injectée sous la peau à la dose de 1 cc' à 1 cc‘ 5 d’une solution à 1 elle détermine une abondante sécrétion de suc pstrique qui commence 10 mi-
45 minutes, et dure 1 heure à 1 h. 30. Le volume total du liquide sécrété oscille entre 130 à 150 cc’ et l’acidité en HCl varie au maximum vers 2 gr. 50 */«,. Dans les cas pathologiques, la quantité de liquide et d’HCl diffèrent suivant qu’il s’agit d’hyperchlorhydrie ou d’anachlorhydrie. Dans le premier cas, le taux d’HCl dépasse facilement 3 gr. */„.
La technique est fort simple : injection sous-cutanée d’Histamine (Imido du commerce) et aspiration par la sonde d’Einhorn, toutes les 15 minutes, du liquide gastrique. Ce dernier est mesuré, analysé chimiquement. 11 est même possible d’en étudier la cytologie. En raison des quelques phénomènes désagréables pour le malade, qui peuvent survenir dans les minutes qui suivent l’injection, et comparables à la crise nitritoïde, il est indispensable d'ajouter à l’Histamine, 1/4 de centicube d’adrénaline (BOUTHIER).
Résultats.
Voici les résultats de 40 recherches:
Hyperchlorhydrie: 9 cas.
La quantité de liquide sécrété oscille de 167 cc à 292 cc’.
La teneur en HCl libre, de 3 gr. 50 '/» à 4 gr. 81.
Liquide sécrété: 45 cc'.
HCl: 0.
Gastrites: 6 cas.
Liquide sécrété: 63 cc‘ à 185 cc’.
HCl: 2 gr. 26 7. à 3 gr. 13.
Ulcus duodénal: 2 cas.
Liquide sécrété: 155 cc et 220 cc’ HCl: 2 gr. 19 et 3 gr. 72 Cholécystite chronique: 1 cas.
Liquide sécrété: 170 cc’.
HCl: 2 gr. 55 ’/„.
Kyste du pancréas: 1 cas.
Liquide: 127 cc‘.
HCl: 4 gr. 23 %.
Cancer de l’œsophage: 1 cas.
Liquide: 15 cc’.
HCl: 0
Syphilis gastrique: 1 cas.
Liquide: 92 cc‘.
HCl: 2 gr. 19 ’/„.