De l’aérophagie. Concours médical, 21 mars
La aérophagia. Bos Progressas de la Clinica, Madrid, novembre 1921.
Dans cette série de notes, je me suis efforcé de préciser certains points de sémiologie.
J’ai repris (1, 2, 3, 4) l’étude détaillée des signes subjectifs et en particulier des phénomènes douloureux et cherché à en déduire des indications générales pour la direction des recherches ultérieures et l’orientation du diagnostic. Mais quelle que soit la précision apportée à cette étude, elle est insuffisante et parfois trompeuse, et c’est aux signes objectifs c’est-à-dire impersonnels, qu’il convient de s’adresser.
Chargé pendent la guerre de la direction d’un centre de gastro-entérologie, j’ai avec Delort, exposé les règles qui doivent présider à l’interrogatoire et à l’examen des militaires atteints de maladies de l’appareil digestif. C’est surtout à la recherche des signes objectifs que le médecin militaire doit s’attacher. Les uns sont révélés par les méthodes courantes d’examen, « signes objectifs cliniques », les autres sont mis en évidence par les méthodes particulières d’examen, « signes
Le point paraombilical droit recherché en mettant le malade en position verticale. Son importance pour le diagnostic des lésions pyloro-duodénales (5).
Avec Brodin j’ai signalé l’existence d’un point douloureux facile à mettre en évidence si l’on examine les malades en position verticale. Une pression profonde exercée dans la région immédiatement paraombilicale droite provoque en un point précis une douleur très vive accompagnée d’un mouvement de flexion du tronc en avant, avec dérobement de la région douloureuse et légère flexion de la cuisse
droite sur le bassin. Pour que ce point ait une Yaleur réelle, il faut qu’il soit net et prédominant à ce niveau. 11 ne peut en être tenu compte dans les plexalgies ot non seulement la pression de la région paraombilioale droite, mais aussi celle des régions paraombilicale gauche et susombilicale provoquent une douleur analogue.
Ce point nous a paru fréquent chez des sujets atteints de troubles digestifs; il manque par contre chez les malades atteints d’autres affections. Il nous semble correspondre à un spasme de la région pylorique ou duodénale, en rapport avec une irritation de voisinage (ulcère juxta-pylorique ou duodénal dans un grand nombre de cas).
Névralgies bilatérales et dilatation de l’estomac (6).
La coexistence de névralgies et en particulier de névralgies intercostales avec les troubles dyspeptiques n’avait pas échappé à certains observateurs (Beau Eevillout). Bouchard, Peter, les avaient signalées chez les malades atteints de dilatation gastrique. Avec Chantemesse, nous avons plus particulièrement insisté sur la relation étroite qui unit les névralgies intercostales bilatérales et la dilatation atonique de l’estomac, sur leurs principaux caractères, leur bilatérité, leur mode d’apparition, leur siège, leur nature : lancinantes, variables d’intensité ou de durée suivant l’état de la fonction gastrique, prédominantes à gauche, rarement limitées à un espace intercostal, les douleurs siègent de préférence vers la partie moyenne des huitième et neuvième espaces intercostaux, vers les régions mammaires, sternale et épigastrique, souvent aussi vers le rachis. La douleur n’est pas toujours accusée par les malades des deux côtés du corps, mais l’exploration méthodique des points douloureux montre sans exception la bilatéralité. La douleur peut se propager au cou on à l’abdomen. Toujours bilatérales, les douleurs sont plus rarement symétriques. Le développement des névralgies est favorisé chez les dilatés par le tempérament névropathique, l’âge, le sexe. Elles sont influencées par les variations de l’état gastrique et améliorées men plus par le traitement stomacal que par les traitement locaux.
Sur les tubages en série pratiqués avec le tube d’Emhom (7, 8. 9).
Après les auteurs américains, j’ai utilisé le tube d’Einhom pour l’analyse fractionnée du suc gastrique, proposant de substituer au repas d’épreuve ordinaire le jus de pain. Bans une première note publiée avec M. Delort, nous recommandions ce procédé d’examen dont nous mentionnions les avantages pratiques. MM. Delort et Verpy ont substitué au jus de pain le repas peptoné salicylé. C’est en utilisant
Pour tous ces malades nous avons recherché la valeur des différentes fonctions motrices de l’estomac : tonicité, motilité, évacuation, que nous avons étudiées séparément.
A. Parmi les 21 hypertoniques :
a) L’étude de la motilité montre :
15 estomacs hyperkinétiques.
4 — orthokinétiques.
2 — hypokinétiques.
b) L’étude de l’évacuation montre celle-ci :
Sur 1^ 16 malades dont la tonicité et le péristaltisme sont globalement augmentés, on note deux fois l’évacuation retardée sans résidu à jeun ni aucun signe de stase. Les 13 autres cas ont une évacuation précoce et présentent ainsi une hyperactivité
Nous trouvons donc chez Vhomme hyperchlorkydrique 13 p. 100 d'hypersthéniquea.
Nous avons recherché s’il y avait un rapport entre l’hypersthénie et le degré d’hyperchlorhydrie. Sur nos 13 malades nous avons trouvé 9 fois une hyperacidité forte ou très forte, 4 fois une hyperacidité modérée. 9 d’entre eux présentaient de l’hypersécrétion à jeun.
B. Parmi Us 34 hypotoniques
а) L’étude de la motilité montre :
19 estomacs orthokinétiques.
б) L’étude de l’évacuation montre celle-ci :
Sur les 11 malades dont la tonicité et le péristaltisme sont parallèlement diminués, on trouve 3 fois une évacuation normale. Les 8 autres cas ont |me évacuation
20 Femmes. — Malades examinées : 100. Nous trouvons 27 orthotoniques.
68 hypotoniques.
A. Parmi les 68 hypotoniques :
a) L’étude de la motilité montre :
1 estomac hyperkinétique.
18 estomacs orthokinétiques.
44 estomacs hypokinétiques.
1 fois précoce.
Î6 — normale.
39 — retardée.
Donc 44 estomacs à la fois hypotoniques et h 3 rpokinétiques, 34 d’entre eux ont une évacuation retardée, soit 34 insuffisances globales de la musculeuse gastrigue, 9 fois seulement ces malades ont une hyperchlorhydrie forte et 12 fois du liquide de sécrétion à jeun.
B. Parmi les 5 hypertoniques :
2 ont une évacuation et un péritaltisme normaux.
Z sont des hyperstUniques, ayant toutes une acidité modérée et de l’hypersécrétion.
10 Sur 100 hyperchlorhydriques (hommes).
13 hypersthéniques.
8 insuffisances globales de la musculeuse gastrique.
20 Sur 100 hyperchlorhydriques (femmes).
3 hypersthéniques.
34 insuffisances globales de la musculeuse gastrique.
30 L’estomac de la femme est en général hypotonique, même chez l’hyperchlorhydrique. L’estomac de l’homme ^t au contraire, le plus souvent orthotonique.
Conclusions.
1® L’hyperchlorhydrie s’accompagne plus souvent d’hypotonie gastrique que d’hypertonie.
20 Pourtant l’hypersthénie gastrique, hyperfonctionnement associé de la muqueuse et de la musculeuse, existe réellement. Elle comprend chez l’homme environ I/IO d^ hyperchlorhydriques. Chez la femme elle est tout à fait exception-
Aérophagie (13).
Après avoir exposé les données cliniques, ériologiques et pathologiques actuellement classiques de l’aérophagie, je signale le rôle pathogénique possible de l’hypertrophie du lobe gauche du foie.