C. — Étude des humeurs de l’organisme. — Cvto-diagnostic
Ces recherches ont eu pour point de départ la création en 1900, avec notre maître le P' Widal, de la technique du cyto-diagnostic. Elle nous a permis d’étudier d’abord les liquides pleuraux, diverses humeurs de l’organisme, mais surtout, avec notre ami le P r Sicard, le liquide céphalo-rachidien. Grâce à cette
technique, à laquelle sont venus s’ajouter d’autres procédés d’études, nous avons pu faire une ample moisson de constatations nouvelles, et d’autant plus précieuses, qu’elles sont susceptibles d’applications pratiques.
Ges travaux ont ouvert une voie jusqu’alors inexplorée et ont été l’amorce
1" Liquide pleural.
Je ne rappellerai pas ici la technique qui nous a permis de lire aussi facilement, sur une lame, la formule cytologique d’un épanchement, que celle d’une préparation de sang. Nous l’avons décrite dans de nombreux mémoires (i5- ■ 7-28-3i-4o).
Nous rappellerons qu’elle nous a permis de déterminer, pour chaque variété d’épanchement, une formule leucocytaire en rapport avec sa nature. Ce
a ) Type lymphocytique et mononucléose (Pleuro-tuberculose primitive) ;
b) Type endothélial (Pleurésie aseptique des brightiques, cardiaques,
c) Type polynucléaire (Pleurésies septiques) ;
d ) Type intermédiaire à polynucléaires et cellules endothéliales (Congestions pulmonaires actives des cardiaques, des bronchitiques, etc.) ;
e ) Type cancéreux (Présence de cellules cancéreuses dans certaines formes de cancer du poumon) ;
f) Eosinophilie pleurale.
Ces travaux ont été complétés par des recherches :
— Sur le rôle phagocytaire de la cellule endothéliale [35] ;
— Sur le résultat des cultures des liquides pleuraux [3i] ;
— Sur le résultat des inoculations au cobaye [3i] ;
ment mortels chez le cobaye lors des réinoculations, et qui étaient en réalité des accidents anaphylactiques [3i] ;
— Sur la coagulation des liquides pleuraux [3i] ;
— Sur l’agglutination du bacille de Koch [a8-3i] et la coïncidence de ses résultats avec la cytologie et les inoculations ;
— Sur la cryoscopie et le dosage des chlorures dans le liquide pleural le sérum, les urines des pleurétiques [25-31] ;
— Sur la perméabilité pleurale au salicylate de soude [26-31] ;
2” Liquide des hydrocèles.
Nous avons fait des constatations comparables sur les liquides épanchés dans la vaginale [aa] et décrit le rôle phagocytaire des cellules endothéliales sur des spermatozoïdes ayant pénétré dans cette séreuse [34-35],
3° Liquides des arthrites, synovites, ascites.
Mêmes constatations dans ces liquides [aa-4o], bien que cependant les formules cytologiques y soient moins précises que dans les épanchements pleu-
4° Liquide céphalo-rachidien.
L’étude du liquide céphalo-rachidien est la suite naturelle des travaux précédents. C’est la même technique, la même méthode qui nous ont permis d’en reconnaître les altérations. Si d’emblée les résultats ont été plus étendus et
petit appareil [i4g] qui en quelques minutes renseigne sur la teneur en albumine d’un liquide rachidien.
Puis lorsque parut la réaction de B. W., nous avons étudié parallèlement :
f ) les localisations nerveuses de la syphilis et les propriétés du liquide rachidien [69]. Nous signalions avec M. Levaditi les premiers faits montrant l’indépendance des réactions du sang et du liquide rachidien.
Entre temps, nous avions publié quelques faits de moindre importance sur la coagulation en masse et la Xanthochromie du liquide rachidien [5i] sur sa pig-
Dans chacun de ces travaux, nous avons montré la nécessité d’étudier dans leur ensemble toutes ces réactions et de ne jamais les considérer isolément, car parleurs coïncidences ou leurs dissociations, elles créent des syndromes spéciaux d’une grande valeur clinique.
A côté de ces recherches systématiquement poursuivies et découlant les unes des autres, nous avons étudié :
g) dès 1903 les symptômes nerveux et les réactions du liquide rachidien au cours des herpès [48-50-167] (voir plus loin, p. 4o);
h) pendant la guerre, les altérations du liquide rachidien chez les commotionnés par le « vent de l’explosif » [ 112-1 i3-i 16] (voir précédemment, p. 26) ;
1) le liquide céphalo-rachidien des syphilitiques dont nous n’avons cessé de nous occuper depuis 1902 (voir plus loin, p. 5).
f) les altérations du liquide rachidien après la rachicocamtsahon et ses conséquences [27-37-42-66].
nisation presque constants à cette époque (céphalée violente, hyperthermie, symptômes méningés, etc.), devaient être attribués à des réactions méningées se traduisant par des modifications du liquide rachidien assez intenses pour donner au liquide un aspect trouble. Nous avons établi que l’eau des solutions par son défaut d’isotomie (l’on employait à ce moment plusieurs centimètres cubes d’une solution à 1 pour 100) était la cause de ces réactions.
C’était la première démonstration vraiment expérimentale de lexistence d’une méningite aseptique.
Depuis lors, nous avons conseillé et usé de solutions isotoniques soit par adjonction de chlorure de sodium, soit par des solutions concentrées de novocaïne pour supprimer ou tout au moins atténuer considérablement ces
Bien plus, nous avons constaté qu’en utilisant des solutions très concentrées (5o pour 100) dont l’on n’injecte que deux gouttes, ton pouvait obtenir une anesthésie limitée à la région ano-périnéo-génitale, car cette solution ne diffuse pas,