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MORPHOLOGIE DESCRIPTIVE

1° Les bourses séreuses du coude chez l'Homme.

Les tendons qui prennent insertion sur l’humérus, le cubitus et le radius, au voisinage de l’articulation du coude, glissent sur les plans profonds par l’intermédiaire d’espaces séreux et de bourses séreuses dont j’ai donné la description. Je signalerai particulièrement la grande bourse séreuse tricipitale, divisée en 3 parties, une médiane, deux latérales, séparée de la capsule articulaire postérieure par une couche de fibres tendineuses et située, par conséquent, à l’intérieur même du tendon. Ces caractères n’ont été décrits par Poirier que postérieurement à mon mémoire.

2° La première circulation veineuse du Cyprin doré.

L’étude sur le vivant de la circulation embryonnaire du Cyprin m’a révélé deux faits intéressants, qui tous deux mettent en défaut les règles admises dans le développement des

A) Le sang ne revient pas de la veine caudale au cœur par une veine sous-intestinale, ainsi qu’il est classique de le décrire chez les Vertébrés inférieurs, mais par les veines du tronc, (cp), c’est-à-dire la veine médiane ( Stammvene ), les veines cardinales postérieures et les canaux de Cuvier . Entre ceux-ci et l’oreillette existe, en place du sinus veineux, une vaste lacune dans laquelle le sang se déverse, et où l’oreillette, placée

du côté gauche, l’aspire à chaque diastole. Les deux courants curvilignes, à concavité antérieure, qui vont des canaux de Cuvier à l’oreillette se canalisent progressivement et sont finalement endigués dans un vaisseau à parois distinctes ; mais

pendant longtemps on peut faire refluer les globules sanguins jusqu’à la partie postérieure de la boule vitelline.

B) Il était admis, depuis Hochstettbb (1887), que les Poissons Téléostéens présentaient, contrairement à tous les autres Vertébrés, une circulation vitelline purement veineuse. A cette ldi Carassius fait exception. Il possède bien tout d’abord à la surface du vitellus une vaste lacune sinusienne, mais le 6 e jour du développement, à 16° C., quand le petit animal est près d’éclore, on voit descendre d’une artère mésentérique, dorsale à l’intestin, des vaisseaux transversaux qui naissent successivement, d’avant en arrière, et dans lesquels les globules progressent par ondées synchrones aux pulsations aortiques ; à mi-hauteur du vitellus ces vaisseaux s’anastomosent et constituent un vaisseau longitudinal commun, une veine vitelline, qui mène le sang, en avant dans la veine

cardinale postérieure correspondante, en arrière dans la partie terminale de la veine caudale. Celle-ci est, à ce moment, dilatée en un lac sanguin qui se déverse uniquement dans la veine médiane du tronc.

48 heures après l’éclosion, d’autres vaisseaux, issus probablement de la même origine, circonscrivent transversalement l’intestin et de chaque côté versent le sang dans une veine longitudinale sous-intestinale, en communication sur plusieurs points de son parcours avec la veine vitelline, dans laquelle

de la veine ventrale de VAmjMox/us adulte, que Balfoür (1878) et Zieglbr (1902) ont jugé représenté chez les Poissons par la veine caudale, la veine sous-intestinale et la veine vitelline médiane. Le sang passe, au contraire, par les veines cardinales que l’on s’accorde à considérer jusqu’à présent comme des vaisseaux phylogénétiquement moins primitifs que l’aorte et que la veine sous-intestinale. L’exception de Carassius remet donc en question le principe posé. Des recherches nouvelles doivent être entreprises. Ce que l’on peut affirmer, c’est que le sac vitellin du Cyprin doré est peu volumineux et qu’on ne peut invoquer l’existence d’un obstacle mécanique pour expliquer l’absence de la veine sous-intestinale aux premiers temps de la circulation.

Quant à la nature de la circulation vitelline secondaire, les faits recueillis postérieurement à mon travail par Borcea (1910) sur Belone acus Bisso, et par Anthony (1918) sur Gasterosteus gymnurus Cuv., montrent qu’elle est souvent artérielle chez les Téléostéens. Il y a donc lieu de penser que ces Poissons ne diffèrent pas à cet égard des autres Vertébrés.

3° Les enveloppes protectrices de l’œuf d'Amblystoma tigrinum Green.

Entre les capsules d’origine tubaire, externe et interne, décrites par Van Bambeke (1880) existe une capsule moyenne ou intermédiaire dont voici les caractères : elle , est tellement transparente qu’elle n’est visible que par artifice, après ablation par exemple dés fragments des autres capsules auxquelles elle reste intimement unie, mais dont on peut la distinguer par des jeux de lumière ou des colorations appropriées. Elle est plus élastique et plus souple, mais moins résistante, et du reste moins épaisse, que l’externe. La déchirure de celle-ci par suite de l’augmentation progressive de liquide à l’intérieur de la coque, est le premier phénomène de l’éclosion ; les cap-

suies moyenne et interne font ensuite hernie par la hrèche et se déchirent à leur tour. La capsule interne est plissée dans les premiers stades du développement et après l’éclosion, ce qui prouve qu’elle est aussi moins élastique que la capsule moyenne.

4° L'innervation des organites latéraux chez les Têtards d’Anoures.

Avant de tenter l’étude physiologique du système nerveux latéral, j’ai précisé par des dissections chez le Crapaud accoucheur la disposition des organites et des nerfs qui s’y rendent. Les groupes sensoriels ont été figurés ; ils sont répartis suivant des lignes courbes que j’ai représentées par un trait d’autant plus large que les cryptes sont plus étendues (fig. 1).

Les nerfs viennent de trois paires crâniennes, le trijumeau, le facial, le pneumogastrique. En partant de la ligne médiane à la partie antérieure de la tête, on trouve successivement d’avant en arrière, au-devant de l’œil, 3 lignes longitudinales desservies par les 3 branches principales du trijumeau, l’ophthalmique, le maxillaire supérieur, le maxillaire inférieur. La 4 e ligne, placée sous l’œil, reçoit une double innervation, du trijumeau en haut, du facial en bas, celui-ci se distribuant à la région pharyngienne ventrale qui avoisine le spiraculum. En arrière de l’œil les organites cutanés sont tous tributaires de la X e paire ; on en distingue 3 groupes : un groupe dorsal peu important qui dépend de la branche auriculaire ; un groupe postérieur très remarquable, réparti sur deux lignes parallèles qui montent au-dessus des myotomes de la queue et se poursuivent, la série dorsale jusqu’au 20 e myotome, l’autre jusqu’à l’extrémité caudale ; enfin un groupe ventral composé de plusieurs lignes descendantes et d’une ligne antéro-postérieure qui, sur le côté du tronc, va du membre antérieur au membre postérieur. La branche nerveuse qui dessert cette ligne présente un trajet curieux ; elle se place sous la peau de l’écusson

d’Anoures rendait nécessaire une sériation vraiment anatomique des étapes successives de leur croissance. Les divers états des membres postérieurs constituent des points de repère précis, faciles à reconnaître à première vue.

Stade I. - Bouton transparent blanchâtre, puis bâton cylindre-

Stade II. — Allongement, aplatissement du bourgeon dont la partie moyenne se rétrécit, séparant la racine du membre de l’extrémité qui pointe au niveau du bord supérieur fibulaire.

Stade III. - Saillie proéminente du orteil ; apparition du «« orteil au-dessus, d’une large bosse, en dessous.

Stade IV.— Les trois segmente, cuisse, jambe, pied, sont distincte ; sur la bosse tibiale apparaissent les ondulations des 3 e , 2 e , 1 er orteils.

place des principaux traits découverts par coupes microscopiques. L’étude continue d’ui vivant donne souvent la clef des transform tiques, en indiquant comment elles s’opèrent. Il

de compter exactement du dehors les 7 somites occipitaux ; ils constituent chez ScyUiarhmus caniculala rampe cervicale; ainsi, la limite entre le tronc et la tête coïncide avec l’angle d’union de la partie ascendante antérieure et de la région horizontale du corps. De plus l’examen en lumière transmise des myotonies moyens de la rampe cervicale montre leur division. L’augmentation du nombre des segments occipitaux se produit donc sur place et non par un glissement en avant des myotonies

:urs, comme 1 admet Braus (1899). Les modifies n métotique ne retentissent pas sur le trône, a ve d’ailleurs la fixité remarquable du tubuh ue antérieur au niveau du 3 e myotome du troi 1914). Le segment pronéphrotique antérieur < ît de repère aussi précieux que l’oreille pour 1 des segments qui s’incorporent à la tête.

rts de 1 embryon avec le pédicule vitellm, les elatives de ses différentes régions, l’évolution des ues extra-embryonnaires, la position naturelle de ut ont été soigneusement repérés à chaque étape nt, pour permettre l’explication des attitudes .s ; il serait trop long d’y insister ici.

les diverses

à considérer comme primitifs ; les autres neuromères se développent en avant et en arrière de lui.

Les placodes acoustiques apparaissent aussi d’une manière précoce au stade 6, de chaque côté de la vésicule faciale (IV, fig. 8).

Au stade I, c’est par division et intercalation, et non par adjonction postérieure de nouveaux segments, que le nombre des neuromères s’accroît. Le fait est bien connu pour le cerveau antérieur et pour le cerveau moyen ; mais pour le rhombencéphale, contrairement à l’opinion de Neal, je ne constate pas qu’il se développe un vrai neuromère du vague derrière le 6 e neuromère primitif (celui du glosso-pharyngien) ; par contre, je vois se produire un neuromère cérebelleux en avant du trigéminal et un neuromère acoutisque entre celui du facial et celui du glosso-pharyngien (Comp. VIII et IX à VII, fig. 8).

Dans le problème de la métamérie céphalique, les neuromères ne sont qu’un des éléments de la discussion. Les indications qu’ils donnent n’ont de valeur que si elles concordent avec les renseignements fournis par l’étude du mésoderme et des nerfs. Or, on ne peut établir, quoiqu’en dise Neal, une correspondance rigoureuse entre les formations primitives nées de ces divers éléments. Non seulement il manque un arc viscéral et une fente branchiale vis-à-vis du 4 e encépbalomère, mais celui-ci est encore totalement dépourvu de racine nerveuse dorsale. Van Wyhe le premier, puis Platt, Hoffmann et Néal ont imaginé, pour rétablir la concordance, la dispari; tion d’un arc viscéral et d’une fente branchiale. Mais, dans ce cas, l’indépendanGe du cerveau, vis-à-vis de formations considérées comme solidaires et qui auraient disparu sans l’affecter, est un fait difficile à interpréter. Du reste, plus tard dans le développement, une disposition semblable existe au-dessus de la 2 e fente branchiale. Le neuromère acoustique qui la surplombe manque, en effet, de racine dorsale et ne correspond à aucun arc viscéral. On pourrait objecter qu’il est « secondaire », mais la 2 e poche branchiale n’est-elle pas, elle aussi, « secondaire » par rapport à la première, puisqu’elle lui succède au

cours de l’ontogénie. Dirons-nous d’autre part que la région faciale est phylogénétiquement la plus ancienne parce que le neuromère facial est le premier constitué ?

En somme, la tête embryonnaire des Sélaciens montre une neuromérie manifeste ; mais, dans l’état actuel de nos connaissances, si l’on veut établir une concordance entre les divers éléments de chaque métamère, on doit recourir à des constructions imaginaires, dont l’utilité est au moins contestable.

E. Les 3 étapes du stade K de Baleour. — Le stade K, tel que l’a indiqué Baleour est trop long ; il comprend un

trop grand nombre de transformations anatomiques et physiologiques pour marquer avec exactitude l’âge d’un embryon ; c’est pendant son cours , que se manifestent les premiers effets de l’activité nerveuse sur les chaînes myotomiques aneurales. Il y a donc grand intérêt à le diviser. J’ai opéré cette division en prenant comme caractère principal des trois étapes décrites (%. 9etfig. 31 et 32) l’apparition d’une nouvelle poche branchiale, la 4 e , la 5 e , la 6 e . Comme signes accessoires, j’ai signalé, à chaque phase, le nombre des poches branchiales ouvertes (fentes), l’aspect de la capsule auditive, celui des narines,

de la bouche, de l’encéphale et du 4 e ventricule, le degré de, flexion crânienne, la place et la forme du pédicule, du cloaque, la longueur relative de la queue, l’apparition des membres, le nombre de myotomes, etc., et j’ai donné quelques figures d’embryons qui permettent de saisir ces caractères.

Le stade K dure 11 à 12 jours à 18° C, c’est-à-dire près de 3 fois autant que la somme des périodes de mouvement qui l’ont précédé et qui constituent la fin du stade G, les stades H et I. La durée relative de chacune des étapes est à 19°,5 C : de un jour et demi pour K 1 , 5 jours pour K 3 , 2 jours pour K 3 . L’étape K 3 est la plus longue ; elle a la même durée que le temps écoulé depuis l’exécution du premier mouvement aneural jusqu’à elle.

7° Les phases successives de la circulation embryonnaire chez les Amphibiens et les Téléostéens.

Ces notes d’anatomie embryonnaire sont le début d’une étude plus complète en préparation pour laquelle j’ai amassé pendant plusieurs années de nombreux documents. F. Houssay (1914), qui s’en est servi pour confirmer les résultats qu’il avait acquis précédemment sur la circulation embryonnaire, m’a remercié en ces termes : « Depuis plus d’un an je suis décidé à cette rectification, à la suite d’un examen fait avec mon ami Wintrebert, de très belles séries de coupes qu’il a exécutées dans des embryons d’Axolotl, coupes parfaitement fixées et colorées avec tous les raffinements de la technique actuelle. J’attendais seulement pour le faire qu’il eût publié les rapports précis qu’il avait

l’aorte, afin de lui en laisser la priorité. Or, nous venons de

prendre connaissance d’un travail de W. von Mollendorff (1911) dans lequel une grande partie de ces rapports se trouve décrite chez Bombinator... » Mes découvertes, en effet, à la suite du travail de cet auteur avaient perdu de leur nouveauté ; je passai à d’autres travaux ; mais l’Axolotl présente un grand nombre de dispositions particulières que je compte plus tard mettre- en valeur.

8° Distribution géographique. La présence du Discoglossus pictus Otth., dans la région de Banyuls-sur-

Le Discoglosse appelé communément « grenouille peinte » est le Batracien qu’on rencontre le pim fréquemment aux environs de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), de Cerbère à Elne. Les 3 parures gris-roux sans tache, tachetée et rayée, sont représentées ; la première est la plus rare, la deuxième la plus fréquente. Le Discoglosse passe la saison sèche dans la terre où il se creuse un nid à 15-20 centimètres de la surface. Sa présence à Banyuls tend à fermer par le Nord l’aire de sa distribution autour de la Méditerranée ; elle est d’autant plus curieuse que cet animal n’est connu ni sur la côte est de l’Espagne, ni sur aucun point de la côte sud de la France.

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