TRAITEMKNT GÉNÉRAL DES PLAIES DE GUERRE LA SUTÜRE PRIMITIVE RETARDÉE
Note sur le traitement des plaies de guerre des parties molles à la ... armée.
Bull. Soc. Chir., 1917, p. 1759.
5® session de la Conférence chirurgicale interalliée, 1918.
Pendant l’offensive de Flandres (été 1917) nous avons été adjoint au directeur du service de santé de l'Armée comme conseiller technique, et comme tel, chargé de l’organisation chirurgicale de l’Armée.
Le problème pour la technique chirurgicale generale était le suivant. En période d’offensive, opérer tous les blessés à l’Armée, si possible, et leur assurer la guérison la plus rapide et la meilleure.
Or, en période d’offensive, il est impossibled’appliquer la suture primitive d’emblée à tous les blessés pour une seule raison. Elle demande 15 jours de surveillance sur place; elle est donc impossible, car les hôpitaus d’Armée seraient immédiatement débordés.
D’un autre côté nous n’avons accepte l’évacuation, sur le territoire, de blessés non opérés à l’armée que comme un pis-aller, auquel il ne faut se résoudre que quand on ne peut faire autrement.
Dans l’étude que nous avons faite de 1 évolution des plaies de guerre traitées par les différents pansements, nous avions constate qu’une plaie, excisée correctement, et recouverte d’un simple pansement aseptique, reste, sinon amicrobiennne, tout au moins chirurgicalement aseptique, c’est-àdire suturable, pendant plusieurs jours (8, 10...).
La technique chirurgicale générale fut donc organisée do la façon suivante dans toute l’armée.
Certaines plaies (plaies des articulations, des os du crâne, du thorax, de l’abdomen...) étaient traitées par la suture primitive dans les hôpitaux d’armée, et hospilalisés le temps nécessaire.
Toutes les plaies des parties molles étaient traitées par le débridement, l’excision, l’extraction de tous les corps étrangers et le pansement aseptique pur à plat, sans aucune suture. Six, douze heures après l’opération, ces blessés étaient évacués sur les hôpitaux du territoire, Amiens, Abbe-
jours écoulés entre la première opération faite à l’armée et la suture faite dans le territoire. I/organisation nécessite simplement une liaison étroite entre les hôpitauï d’armée et ceux du territoire.
Les résultats obtenus montrent donc que l’antisepsie appliquée systématiquement à toutes les ploies de guerre non suturées d'emblée est une erreur.
La plaie nettoyée chirurgicalement reste pendant de longs jours « suturable ». Elle est microbienne, mais elle est aseptique.
La stérilisation progressive systématique de toutes les plaies de guerre, les pansements antisepliques retardants ou non sont des erreurs préjudiciables à la qualité de la guérison définitive.
Toutes les plaies stérilisées semblent passer par une période d’infeelion secondaire tardive presque inévitable. 11 se fait de la sclérose plus ou moins étendue; la suture secondaire donne des résultats fonctionnels certainement
La suture primitive retardée s’inscrit, dans la thérapeutique des plaies de guerre, comme l’égale de la suture primitive d’emblée, elle a la môme valeur. Elle est la méthode de choix aux périodes de gros afflux de blessés, elle est une précieuse ressource dans les nombreux cas où la suture immédiate paraît hasardée.
Qu’il nous soit permis de dire qu’elle a été adoptée par tous les chirurgiens des Armées françaises, et par toutes les Armées alliées.